‹ Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta; (volume 4)Chapitre 50 sur 50 · SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE

citoyen la monarchie constitutionnelle , mais une République vraiment démocratique : tel doit être notre but.

Notre République, c'est la démocratie se gouvernant par elle-même, administrant ses finances, distribuant la justice à tous, bâtissant ses écoles, rassurant tous les intérêts, donnant à chaque créature humaine la plus grande somme possible de droits. Nous voulons une République démocratique fondée sur le respect de la liberté individuelle, qui favorise le développement de la richesse nationale, l'industrie, le commerce, et qui élève un temple sacré aux beauxarts et à la science.

Mais, encore une fois, il nous faut de la patience et de la modération, au risque de nous exposer au soupçon et à la calomnie. D'ailleurs, que nous importe? Celui qui entre dans la vie politique croyant qu'il suffit de faire son devoir pour être approuvé de tous est un naïf. La vie politique, plus qu'aucune autre, a ses amertumes, ses déceptions, comme vous l'avez dit vous-même, mais l'homme est né pour lutter et souffrir. La souffrance nous rend plus forts et plus purs. Nous travaillerons donc pour la République, nous combattrons tous ses ennemis dans quelque camp qu'ils se trouvent et sous quelque nom qu'ils s'abritent, nous léguerons à nos enfants une situation très nette, et nous aurons ainsi le sentiment non pas d'avoir satisfait tout le monde, mais d'avoir rempli notre devoir.

C'est dans ces sentiments, Messieurs, que j'accepte le souvenir que vous m'offrez : il me dira que j'ai de bons amis en Suisse, et ce sentiment me donnera du courage.

La République française ayant reproduit l'article de la Gazette de Lausanne^ il s'ensuivit une polémique de presse assez curieuse. Attaquée à la fois par le Journal des Débats et par l'un des organes les plus violents du parti intransi-

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géant, la République française l'épondit en ces termes dans son numéro du 9 octobre :

« Le Journal des Débats et les Droits de l'homme nous adressent en même temps un reproche assez étrange. Ils nous accusent d'avoir mutilé un discours prononcé par M. Gambetta.

« Le texte de ce discours ne nous est pas parvenu directement; il n'a été, que nous sachions, publié nulle part en son entier. Nous avons reproduit, d'après les comptes rendus que nous avons rencontrés dans divers journaux, les passages qui nous ont paru résumer le plus nettement la pensée du discours.

« Quant au paragraphe que l'on nous reproche de n'avoir pas publié, nous n'avions absolument aucune raison de le dissimuler, car la pensée qu'il contient est la nôtre et nous l'avons exprimée ici même assez souvent.

« M. Gambetta y parle des hommes qui nuisent à la République par leurs impatiences et leur exclusivisme, et dit que ceux-là sont aussi des ennemis. C'est tout à fait notre avis. »

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