MM. Noirot, Ribot, Dréo et Marcellin Pellet
3. MM. Perin, Camille Pelletan, Clemenceau, Barodet et Viette.
4. Les membres de Textréme gauche et de la gauche radicale tirent preuve d*une telle précipitation, d*un tel désir d*en finir à tout prix, et dans le plus bref délai, avec M. Gambetta, que M. Ribot s'en indigna dans le Parlement,
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raccord préalable des deux Assemblées dans les questions de revision, M. Gambetta ne s'y peut résigner. On le sait trop fier pour abaisser le rôle du Gouverneraent à de pareils subterfuges. Et on en profite.
« Pourtant il faut jouer la comédie jusqu'au bout La gauche radicale, après plusieurs séances agitées, décida d'envoyer cinq délégués au président du Conseil pour lui dire : « Faites aux 33 le sacrifice de vos idées personnelles sur le fond et la forme môme de la revision. Nous vous promettons nos suffrages si vous abandonnez vos idées pour les nôtres. » M. Gambetta reçut fort mal ces olfres de capitulation. « Je m'expliquerai, dit-il, devant la Chambre, et je ne retrancherai pas une ligne de mon projet. » — Le journal le Temps approuva hautement l'attitude de M. Gambetta.
« 11 est à croire, dit-il, que si l'on peut aisément ti'ouver u des Chambres prêtes à instituer cette procédure, on met- <c tra beaucoup plus difficilement la main sur des cabinets « disposés à s'y rallier. On ne fera jamais admettre au ^< pays qu'un gouvernement républicain représente des « places et non des idées. Ce qu'on demande aux hommes « qui ont la charge et l'honneur du pouvoir, c'est, au con- « traire, d'offrir constamment leur place en gage de leurs « idées. Ils ne sont rien qu'un programme vivant. Et s'ils <c renoncent à ce programme qui est leur raison d'être, « ils n'auraient pas à attendre de l'opinion d'autres trai- « tements que le mépris. »
« C^était la pensée même de M. Gambetta. La République française écrivit :
« La situation du cabinet est telle que les efforts de la « mauvaise foi la plus calculée ne l'affaibliront pas. Il n'y « a point d'équivoque, point de calomnie capable d'entamer « une situation politique qui s'appuie sur les principes <c mêmes du gouvernement de la France. Renverser un « homme, un ministère, oui, sans doute, on le peut; mais <t il y a des terrains qui demeurent inattaquables, même « après l'éloîgnement de ceux qui les occupaient. Tant que « le cabinet du 14 novembre se tient sur le programme de m la revision Hmiiée, de la revision mesurée qu'ont voulu « le suffrage universel et le suffrage restreint, il remplit le « véritable office d'un gouvernement démocratique ; il est
Slt CHAMBRE DES DÉPUTÉS.
a le i*6présentani de la prudence, de la sagesse, de la prête voyance nationale. 11 est le défenseur du principe de la
permanence de la constitution et de Tintégrité de TÉtat. si Et aussi longtemps qu'il ne sépare point de cette première H préoccupation le soin de la réforme électorale, qui est « essentiellement liée à toutes les autres réformes, il se « montre Partisan et le promoteur de nos réformes démo- M cratiques^ »
u Le 24 janvier, M. Andrieux donna lecture de son rapport. « Les déclarations que M. le président du conseil « a bien voulu nous apporter, disait Tancien préfet de « police, n'ont pas été de nature à modiOer notre opinion, « et nous avons cru devoir affirmer d'autant plus éner^i- « quement les droits de l'Assemblée nationale que nous avons « été plus émus par l'exposé inattendu d'une doctrine dont le « caroictère serait grave, si nous ne pouvions espérer que nous « nous en sommes exagéré la portée... Si la commission <( repousse énergiquement le scrutin de liste, c'est qu'ici « une volonté particulière s'est substituée à la volonté na- « tionak... Le scrutin de liste, dans la Constitution, c'est u la condamnation de nos origines et de notre principe; K c'est le crédit et l'autorité morale nécessaires à toute « Chambre immédiatement compromis; c'est la campagne « dissolutionniste ouverte et prés d'aboutir.,. Quelle est donc « la vertu de ce dogme qu'il suffit de déOnir pour élever « aussitôt les intelligences et transformer les députés d'ar- « rondissement?... On parle de nous rendre indépendants « vis-à-vis de nos électeurs; prenez garde qu'à cette dépenn dance honorable et légitime une autre ne succède aussi- « tôt...yi En résumé, re vision illimitée ou limitée, anarchie ou gouvernement, tout est secondaire, sauf le scrutin de liste. La Chambre ne doit pas se laisser domestiquer par un homme.
u Les amis du ministère écoutèrent en silence la diatribe de M. Andrieux, pendant que les coalisés applaudii^ent mollement, jugeant sans doute que le rapporteur avait été trop ftranc dans l'expression de leurs pensées *. »
Le débat sur le rapport do la commission fut fixé d'un commun accord au 26 janvier.
i. No du 24 janvier 1882.