‹ Discours et plaidoyers politiques de Me [L] G (volume 2)Chapitre 9 sur 82 · KT SUPPLÉMENTAIRES · texte numérisé non relu

KT SUPPLÉMENTAIRES

POLIl SIBYENIR AUX FRAIS DK L*EXPÉDITI0N DR IVSl^W.

Prononcé le i" décembre 1881

Nous avons raconté, (p. 1 à 6),coniiuent la Chambre des députés, dans la séance du 9 novembre, avait déclaré, sur la proposition de M. Gambetta, « que les obligations qui figurent dans le traité du Bardo, sous la signature de la France, seraient loyalement, prudemment, mai:* intégralement exécutées ». C'était la seule condition que M. Gambctta eût posée à son entrée aux affaires. La majorité républicaine de TÂssemblée lui promet son concours pour rétablissement définitif de notre empire de la Méditerranée; il se contente de ce vote.

« La situation de la Régence était cependant fort complexe et les difficultés y étaient nombreuses. Si le territoire tunisien est occupé dans toute son étendue par les troupes des généraux Forgemol et Logerot , les tribus pillardes, dont la frontière de l'Est est la base habituelle d'opérations, n'ont pas encore renoncé à leurs razzias chroniques et les Ourghemma, dans la région des Chotts, n ont pas encore demandé l'aman. Le traité du Bardo a été reconnu par les srrandes puissances, mais Tltalie discute encore et la Porte

nVi pas cessé d'entretenir à Tripoli un corps de troupes de 15,000 hommes, sur le pied de guerre. M. Rouslan, ministre résident de la République auprès du Bey, s*est installé comme directeur de toutes les affaires extérieures de la Régence, mais les capitulations ont été maintenues « comme si la France était une sorte de Turquie incapable de faire autre chose en Tunisie que ce qu'en auraient fait les Turcs * ». Enfin si l'ordre matériel a été rétabli de Tunis à Khartoum et de Sousse à Gabès, l'anarchie administrative et financière n'a point diminué. La Tunisie, sous la domination française, doit devenir un prolongement à l'Algérie; elle apparaît encore comme une simple province de l'Empire ottoman.

n Ce qui fait d'ailleurs notre faiblesse dans la Régence, c'est l'incertitude de la politique française depuis six mois, beaucoup plus que les menées turques à Tripoli et la persistance des intrigues italiennes. Môme l'agitation religieuse qui remue tout te monde arabe jusque dans ses profondeurs n'est qu'un embarras. Le vrai danger n'est pas en Afrique. Si le cabinet de Rome refuse encore de s'incliner devant le fait accompli, c'est dans l'espérance obstinée que le gouvernement de la République ne persistera pas dans ses résolutions. Si la Turquie poursuit sa campagne panislaraique sur le littoral de la Méditerranée, c'est que notre installation militaire à Tunis ne lui parait pas ârrévocable. Donc, le premier but qu'il importe d'atteindre est celui-ci : convaincre tout le monde que la France restera à Tunis. Ni abandon ni annexion, mais le protectorat avec toutes les conséquences légitimes et nécessaires, tel est le programme de M. Gambetta qui saisit la première occasion de le porter à la connaissance de l'Europe. Comme la réaction ni l'intransigeance ne pouvaient se résigner, malgré les votes solennels du 20 mai et du 5 novembre, à tenir pour irrévocable le protectorat français aur la Régence, le duc de Broglie au Sénat et les amis de M. Clemenceau k la Chambre avaient profité de la discussion d'un projet d'ordre purement financier pour livrer un nouvel assaut au traité du Bardo ^ ». M. Gambetta répondit à ses adversaires sur la

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