‹ Discours et plaidoyers politiques de Me [L] G.; (volume 5)Chapitre 59 sur 102 · SOUS LA PRÉSIDENCE DE M. GAMBETTA · texte numérisé non relu

SOUS LA PRÉSIDENCE DE M. GAMBETTA

Nous reproduisons, d'après la République prançaise, le romple rendu de la conférence du 25 août :

u M. Paul Bert a fait, dimanche, une conférence au Cirque d'Hiver, sons la présidence de M. Ganibetta^ au profit de récole laïque libre et de la bibliothèque du vingtième arrondissement.

« On ne peut estimer la foule des auditeurs à moins de quatre mille, parmi lesquels on apercevait un grand nombre de dames.

u L'entrée de MM. Gambelta et Paul Bert, à deux heures précises, est saluée de plusieurs salves d'applaudissements. Une voix crie : Vive le député de Belleville ! et immédiatement les applaudissements recommencent. Après qu*Us ont cessé et que la musique de la garde républicaine a joué Tair national, M. Gambetta se lève et s'exprime ainsi :

Mes chers concitoyens, et vous. Mesdames, je veux tout d'abord remercier cette nombreuse assistance de Tempressement qu'elle a mis à se rendre à la convocation que nous lui avons adressée dans Tintérèt que nous mettons au-dessus de tout, dans Tintérèt du développement de Tinstruction à tous les degrés.

Vous savez, — et il n'y a vraiment pas ici nécessité de le rappeler, — que quelles que puissent être les

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25 AOUT 1881. 4i9

difficultés, les ennuis inévitables de la vie publique, il existe par-dessus les querelles personnelles une cause à laquelle vous êtes toujours restés fidèles et à laquelle, moi aussi (je puis le dire avec quelque orgueil), je suis toujours resté inviolablement attaché. {Applaudisse" ments prolongés.)

C'est la cause du progrès démocratique; non de ce progrès chimérique qu'on formule en deux mots comme si le monde entier n'était pas la preuve qu'on n'arrive à constituer et à créer qu'à force d'efforts continus et soutenus, en ayant pour soi l'assentiment de ses concitoyens et en ayant aussi la ferme volonté de ne jamais se rebuter devant un obstacle , pas plus que de se laisser enivrer par les faveurs de la fortune ou de la victoire. {Viuéjflpprobatwn et applaudissements.)

Et de tous les efforts que peuvent tenter les penseurs, les tribuns, les hommes d'État, il n'en est qu'un seul, entendez-le bien, qui soit véritablement efficace et fécond , c'est le développement de ce capital premier que nous avons reçu de la nature et qui s'appelle la raison. {Adhésion unanime et bravos.)

Oui, notre tâche la plus élevée consiste à développer chez tout homme qui vient au monde, — et par ce mot j'embrasse l'espèce entière , — à développer l'intelligence qui s'éveille, ce capital à l'aide duquel on peut conquérir tous les autres et par conséquent réaliser la paix sociale sur la terre sans force ni violence, sans guerre civile, rien que par la victoire du droit et de la justice. {Salve d'applaudissements.)

Voilà notre religion, mes amis, la religion de la culture intellectuelle. Ce mot sublime de « religion » ne veut pas dire autre chose, en effet, que le lien qui rattache l'homme à l'homme et qui fait que chacun, égal à celui qu'il rencontre en face, salue sa propre dignité dans la dignité d'autrui et fonde le droit sur le respect réciproque de la liberté. {Applaudissements unanimes et prolongés.)

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