‹ Discours et plaidoyers politiques de Me [L] G.; (volume 5)Chapitre 78 sur 102 · IX · texte numérisé non relu

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Et à côté de ces intérêts qu'on qualifiait d*opuIents tout à rheure, en faisant allusion sans doute à ces deux maîtresses cités, si nobles et si jalouses de leurs fortunes légitimes Tune et l'autre, on croyait qu*ici Tintérèt était plus étroit. Je ne le pense pas, Messieurs. Je crois, j'ai vu, j'ai appris de vous, de vos représentants, que, bien que votre cercle d'action soit restreint, on vous doit que dans sa sphère il soit véritablement plein, garni et vraiment rémunérateur. {Applaudissements prolongés,)

Vous avez une question qui vous tient à cœur, et il est légitime que vos revendications se fassent jour. Je ne dis pas que cette rectification du cours de la Risle, que cette navigation à la fois maritime et fluviale qui ne demanderait qu'à croître pour la batellerie, c'est-à-dire à participer en même temps du cabotage et du transport en atteignant le chiffre de 250 ou 300 tonneaux qui pourraient remonter jusqu'à Pont- Audemer, je ne dis pas que cette étude n'ait pas été forcée, exagérée, dans une certaine mesure, au point de vue de la dépense ; mais ce que je sais, c'est que vous avez un intérêt, en même temps que la possibilité, à vous faire une place honorable au soleil. C'est qu'il s'agit en ce moment d'une médiocre question d'argent, et vous me trouverez à côté de votre député pour faire prévaloir vos droits. ( Vifs et nombreux applaudissements.) Et, Messieurs, il faudrait bien s'entendre; il faudrait se défendre d'un jugement téméraire sur cette enquête et sur cette étude que je poursuis. Je n'ai pas la prétention, — et je la rejette bien loin, — par le fait seul que je m'occupe d'une affaire et d'un intérêt, de le voir, pour ainsi dire, prendre plus de consistance et s'imposer plus à l'attentfon du pays et de ses représentants. Nullement : mais je pense que dans la limite qui est la mienne, usant de ma liberté d'action et de propagande, de mon travail et de ma libre parole, je suis bien libre de

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choisir dans les intérêts qui se présentent ceux que je crois légitimes, urgents, impérieux, et d'en poursuivre librement aussi la réalisation et le succès. {Applaudissements prolongés,)

Voilà, Messieurs, le but de ce voyage. Cette secondé tournée va s'achever. Mais je n'exprimerais pas la fond de ma pensée si je me bornais purement et simplement à cette très sèche expression de mon opinion économique. A coup sûr, il y a autre chose derrière ce besoin de travail et de concours. Il y a, Messieurs, le sentiment qu'en servant ces intérêts je sers le parti républicain. (Bravos et applaudissements prolongés.) 11 faut que dans notre France laborieuse, soucieuse de ses intérêts, de son épargne, de son développement, ceux qui s'attachent passionnément à la fondation, à l'inébranlable fondation de la République dans ce pays, comprennent les intérêts des diverses populations et se consacrent à leur protection.

Et, bien que je me sois promis de ne pas prononcer une parole touchant à la politique générale de l'État dans ce voyage, je manquerais à la sincérité qui est mon devoir envers la démocratie, envers mon pays, si je ne disais pas que soigner, défendre, protéger les intérêts matériels de l'immense production nationale, c'est à mes yeux la meilleure propagande de l'ordre républicain. (Vive adhésion et longs applaudissements,) Voilà ce qu'il y a de politique dans cette démarche ; et maintenant on la jugera, on*la critiquera. Je suis habitué, Messieurs, à la critique (Rires app'obatifs)^ et même à la critique qui dépasse la mesure ; je ne m'en plains pas. J'ai traversé, on peut le dire, des orages, des averses d'injures et d'outrages, et, grâce au bon sens français, je peux constater qu'aujourd'hui comme hier, demain comme aujourd'hui, lorsque je me retrouve face à face avec mon pays et mes coreligionnaires politiques, je reçois ce jour-là et je l'emporte comme le consolateur, s'il en était besoin, —

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mais je n*ai jamais été atteint ni par Toutrage ni par la défaillance...

Ici Torateiir est interrompu par les applaudissements et les acclamations.

— j'emporte, dis-je, avec moi le souvenir fortifiant et vengeur de ces accueils et de ces libres sympathies qui se produisent. Et, je vous le dis dans la sincérité de mon âme, quels que soient les devoirs qui s*imposent, les responsabilités à assumer et même les sourires de la faveur qui pourraient venir d*ici ou de là, il n'y a qu'une chose qui me paye, qui me rémunère largement. Messieurs^ ce sont les sympathies de la démocratie. Elles suffisent à remplir ,toutes mes ambitions. (Applaudissements répétés et cris de : Vive Gambetta!)

En nous séparant pour nous retrouver, car vraiment on ne voit que moi en Normandie [Rires et applatuHssements), en nous séparant, je résume toutes mes impressions dans un seul mot : Messieurs, votre accueil si touchant me fait votre obligé. {Safves d'applaudissements. — Nouvelles acclamations et cris répétés de : Vive la République! vive Gambetta!)

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