‹ Discours et plaidoyers politiques, publChapitre 62 sur 101 · SI AOUT · texte numérisé non relu

SI AOUT

Élu dans la première circonscription de Belleville, à la majprité absolue, j*apprends ce matin que la deuxième circonscription ne m*a donné que la majorité relative.

Ma résolution est prise. Je sais ce que je voulais savoir. Aujourd'hui, il me paraît oiseux et peu respectueux du suffrage universel (dont il ne faut jamais faire un jeu) de tenter une nouvelle démonstration électorale sans but pratique, puisque Toption entre les deux circonscriptions s'imposerait dans quelques semaines.

Cette option, je crois plus digne de la proclamer dès à présent.

Je suis et je reste député de la première circonscription du vingtième arrondissement, le député de Belleville.

Il suffit. Cette élection, en dépit de la bassesse et de la violence des efforts réunis de tous nos ennemis ligués contre nous, est décisive; elle prouve que, dans le milieu le plus passionné , le plus inflammable de Paris, à côté d'une minorité, hélas! trop prompte à s'égarer, il reste toujours une majorité de républicains résolus et fidèles à la saine raison politique.

La preuve est faite ici comme dans le reste de la France; et ce ne sont pas les commentaires d'une presse exaspérée^ les criailleries furibondes des démagogues, les sarcasmes démodés des vaincus de la réaction, qui pourront en affaiblir le caractère et la portée.

La politique réformatrice, ferme, sage, loyale, méthodique et forte, que nous poursuivons ensemble, ne sera jamais à la merci des coalitions éhontées.

Nous persévérerons dans la politique de progrès réguliers, successifs, par étapes, attendant tout de la volonté du pays, rien de la force, toujours prêts à repousser utopistes et rétrogrades, toujours résolus à maintenir sur la même ligne Tordre et le progrès républicains.

Il ne vous sera pas difficile de trouver dans vos rangs.

XX« ARRONDISSEMEN .

pour la deuxième circonscription du vinglième, un serviteur de la République éprouvé et dévoué, dont le passé et Thonneur soient à la hauteur de vos suffrages.

Je n'ajoute qu'un mot :

A vous tous qui n'avez pas faibli, qui avez confiance dans votre mandataire, merci, et à bientôt.

Le député de la première circonscription de Belleville,

Léon Gahbetta.

Les scrutins du 21 août et du 4 septembre (ballollagc) donnèrent les résultats suivants qu'il est intéressant de rapprocher des scrutins du 20 février 1876 et du 14 octobre 1877.

SCRUTIN

SCRUTIN

SCRUTIN

du

du

du

Électeurs inscrits. . .

20 PBV. 1876.

14 ocT. 1877.

Votants

Abstentions

Suffrag. républicains.

Suffrag. monarchistes

Voix perdues

Les républicains prenaient 65 sièges et en perdaient 12, (total : 457), soit un gain définitif de 53 sièges, dont 42 sur les bonapartistes. La nouvelle majorité comprenait, si on se reportait aux anciennes divisions de partis parlementaires : pour le centre gaucbe, 34 députés; pour la gaucbe républicaine, 68; pour Tunion républicaine, 204, et pour Textrôme gauche, 46 ^

1. La droite perdait les plus importants de ses membres avec MM. Keller, Anisson-Duperron, d'Harcourt, de Valfons, Niel, Ganivet, Haussmann, Breteuil, Gaslonde, etc. M. Rouher s'était retiré avant le vote. Parmi les anciens 363, MM. Léon Renault,

La Revue politique et littéraire du 27 août publia Tarticle •suivant uù nous cherchions à exposer « ce que les électûms auraient été avec le scrutin de liste : »

« Ëh bien, oui! elles ont été bonnes pour la République, ces élections législatives du 21 août; elles ont été désastreuses pour les réactions toujours et partout coalisées avec rintransigeance, elles doivent être fécondes en résultats! Mais à voir ce que le scrutin d'arrondissement a donné, comprenez-vous maintenant ce que ces élections eussent été avec le scrutin de liste? Est-ce que cette victoire restée incomplète ne vous révèle pas le magnifique triomphe qui eût été la conséquence et la récompense du rétablissement du suifrage universel dans toute sa vérité et dans toute !*a puissance ? Pour nous, nous n'avons jamais plus amèrement regretté que depuis huit jours le vote sénatorial du 9 juin; jamais nous n'avons condamné plus sévèrement tous ces faux modérés, tous ces prétendus hommes d'État conservateurs dont Taveugle politique vient de permettre à l'intransigeance et à la réaction de faire encore quelque figure sur le champ de bataille électoral. La responsabilité de nos cent défaites partielles pèse tout entière sur leurs tètes. Certes, ils ont été éloquents, les orateurs qui ont plaidé dans la Chambre et devant le Sénat la thèse de la réforme électorale. Mais combien leur éloquence pâlit devant le simple tableau des scrutins du 2i août!

« Car voici ce que démontre ce tableau. Sur les trente-huit départements où la victoire de la République n'a pas été générale ^ il j en a d'abord dix-neuf où la réaction bona-

Bardoux, Crozet-Foumeyron, Senard, Cyprien Girerd, Pascal Duprat, Camille Sée, Charpentier, n'étaient pas réélus. D'autre part, on remarguait parmi les nouveaux élus républicains, MM. Ranc. Mézières, Eugène ïénot, Frédéric Passy, Francis Charmes, Joseph Fabre, Félix Faure, Charles Ferry, Albert Ferry, Etienne, de Hérédia, Villeneuve, Compayré, Dieu, Lenient, Dnsollier, Chavannes, Delatlre, Courmeaux, Demarçay, Robert, Edmond Henry, Camescasse. Rousseau, Fourcand,''Cazauvielh, Hervé Mangon, Fanien, Letellier, Magnier, Blancsubé, Qerville- Réache, Bartoli, Viox, Steeg, Caduc, ^>alis, Even, Saint-llomme, appartenant au centre gauche, à la gauche et à TUnion républicaine, et MM. Jules Roche, Camille Felletan, de Lanessan, Tony Révillon, Henry Maret, Clovis Hugues, membres de Textréme gauche ou intransigeants.

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