IX
T&i CHAMBRE DES DÉPUTÉS.
Mais il était de mon devoir de dire au Gouvernement : Prenez garde d'aller trop loin et de vous mettre à la remorque de quelque question Hnancière qu'il n'est ni de In dignité ni de l'intérêt de la France de soutenir. (Mauvemmts divers.)
M. LE PRÉSIDENT. — Messieurs, il ne faut pas se méprendre sur la question qui s'agite aujourd'hui devant vous. Toutes les paroles prononcées dans ce débat sont graves.
M. Lenglé, à propos d'un intérêt français... [Interruption à droite)^ — et je crois qu'il est de mon devoir de président de relever ses paroles, — à propos de la réclamation de l'Enfida, M. Lenglé a insinué qu*il y avait là quelque analogie avec raffàire Jecker. Je pense, Messieurs, alors que nos nationaux se plaignent depuis longtemps et que cette question a fait l'objet d'interpellations au parlement italien et au parlement anglais, que M. Lenglé voudra bien, ici, compléter ses explications. {Très bien ! très bien/ applaudissements,)
M. Lenglé. — Je m'y refuse absolument. ( Vive:f exclamations à gauche et au rentre.)
M. LE PRÉSIDENT. — Pormettez-moi de vous faire observer qu'en cette matière tout est important. [Très bien ! très bien !)
Voix à droite. — Vous discutez I Prenez le ministère alors !
M. LE PRÉSIDENT. — Le ministère a son rôle et la Chambre a le sien. [Très bien ! très bien !)
M. Anisson-Duperron. — Vous sortez de votre rôle de président I
M. LE comte de Maillé. — Vous n'avez pas le droit de parler ! Vous n'avez pas le droit de discuter ; ou bien il faut vous faire remplacer au fauteuil. [Exclamations. Agitation.)
M. LE PRÉSIDENT. — Mossieurs, veuillez faire silence.
Un membre à droite. — Vous êtes le Gouvernement, alors ?
M. LE PRÉSIDENT. — Je ne suis pas le Gouvernement.
M. deBaudry d*Asson. — Ce n'est pas à vous de répondre, c'est au ministre !
M. LE PRÉSIDENT. — Yous devez assez me connaître pour savoir que j'arriverai à dire à la Chambre et au pays ce que je crois qui doit leur être dit.
Je vous engage à vouloir bien garder le silence... (Interruptions à droite,)
M. Haentjens. — A la tribune !
M. LE PRÉSIDENT. — Non, Monsicur I
M. DE Baudry d'Asson. — Quittez votre siège présidentiel et descendez à la tribune.
. H. LE PRÉSIDENT. — Gc u'est pas comme député que je parle, c'est comme président de cette Chambre... [Applaudissements à gauche et au centre.)
Messieurs, je ne veux rappeler aucun douloureux souvenir, mais il est certain que dans ces matières il n'est pas possible de laisser planer des soupçons compromettant le pays. {Applaudissements prolongés à gauche et au centre.)
M. DE Baudr\ d'Asson. — Ils compromettent le Gouvernement et non le pays.
M. LE PRÉSIDENT. — Vous savcz très bien, Messieurs....
Plusieurs membres à droite. — A la tribune I à la tribune I
M. LE PRÉSIDENT. — Nou 1 Messieurs. Je défends la dignité de mes collègues I... {Nouveaux applaudissements à gauche et au centre. — Interruptions à droite) la vôtre comme la leur I
Je disais que vous savez très bien que le litige dont vous avez entretenu la Chambre a été débattu -dans un autre parlement, et qu'il est actuellement même l'objet d'une contestation internationale. Vous savez très bien qu'il y a débat... {Nouvelles interruptions à droite.)
A gauche. — Mais laissez donc parler I C'est intolérable I
Plusieurs membres à droite, — C'est au gouvernement à répondre !
D'autres membres sur les mêmes bancs. — A la tribune I à la tribune I
M. LE PRÉSIDENT. — Oh I VOUS m'écouterez !...
Plusieurs membres à droite. — Non I non I Descendez de votre fauteuil de président !
M. LE PRÉSIDENT. — NoD, Messiours !...
11 y a, disais-je, débat pour savoir quelle est la juridiction compétente.
Eh bien, je vous demande, est-ce que demain on pourra lire, dans les débats de la Chambre française, que la contestation dans laquelle le Gouvernement français est engagé est une affaire véreuse, sans qu'il y soit dit qu'il a été réclamé contre une pareille assertion et que des rectifications ou des justifications y ont été apportées ? Si l'affaire est véreuse, il faut la dénoncer à l'indignation du pays. {Acclamations et applaudissements prolongés sur les bancs de la majorité.)
Mais si l'affaire est comme les affaires ordinaires que le Gouvernement prend en main, c'est-à-dire à l'abri de toute accusation de ce genre, il faut garder le silence ou ne pas en parler dans les termes que vous avez employés. {Nouveaux applaudissements.)
M. Lenglé a la parole. {Mouvement.)
M. Lenglé. — Du tout, je ne veux rien ajouter à ce que j'ai dit.
M. LE président. — Il y a deux façons de vider le débat : c'est de répondre ou de ne pas répondre ; la tribune vous est ouverte. Je constate que vous ne répondez pas. {Vifs applaudissements à gauche et au centre.)
ALLOCUTIONS
Prononcées dans les séances des 24 février, 4 et 48 mars,
%4 et 30 juin 4879; 2 et 42 février, 40 mai,
43 et2S novembre, 6, 2Â et 21 décembre 4880;
47 février, 4i mars, 4 avril, 2 juin et 7 juillet 4884
a l*0ccas10n dbs dîecàs de mm. db nalàchb,
louis db la rochbttb» lbbourobois, huon, isidorb christophlb,
qranibr de cassaonac, carret, codet, colin,
rbymond, de chambrun, albert jolt, lbsguillon,
de tillamcourt, mbnier, rouvre, dbsseaux, tron et jozon