DISCOURS SUR LA PEINE DE MORT
(30 mai 1791)
Dans la discussion sur le Code pénal, l'Assemblée consti- j tuante s'était arrêtée à une question qui touchait aux plus hauts principes de la philosophie et du droit. La peine de * mort devait-elle être conservée ou abolie? Lepelletier de Saint-Fargeau avait présenté un rapport dans lequel il se déclarait partisan de l'abolition de la peine de mort; il la maintenait cependant, dans un seul cas : contre « un chef de | parti déclaré rebelle par un décret du Corps législatif ». Lepel- | letier de Saint-Fargeau ajoutait : « Ce citoyen doit cesser de 1 vivre, moins pour expier son crime que pour la sûreté de I l'État. » Robespierre parla sur cette question dans la séance j du 30 mai 1791. Ce fut pour demander la suppression absolue I de la peine de mort1.
La nouvelle ayant été portée à Athènes que des citoyens avaient été condamnés à mort dans la ville d'Argos, on courut dans les temples et on conjura les dieux de détourner des Athéniens des pensées si cruelles et si funestes. Jeviens prier non les dieux, mais les législateurs, qui doivent être les organes et les interprètes des lois éternelles que
1. Peine de mort. Discours de Robespierre, prononcé à la tribune de V Assemblée nationale, le 30 mai 1791. Édition de 1830; Paris, Prévôt, Mansut; une brochure in-8° de 16 pages.