Discours financier de l'Hon. Jos. Shehyn, député de Québec-est prononcé à l'Assemblée législative à la séance du 3 janvier 1894 [microforme]
K Un discours sur les finances est un sujet bien aride et guère atirayant | c'est une tâche aussi onéreuse pour moi qu’elle est ennuyeuse pour les autres, | Cependant c’est un sujet plein d'actualité qui mérite l'attention de ceux | | qui veulent se renseigner sur la vraie situation financière. | Comme c’est la première fois, depuis ce paanents que j'occupe l’atten- ‘à tion de la Chambre, j'ose croire qu'elle voudra bien m'accorder sa bienveilx. lante attention, d'autant p us qu’elle doit être intéressée à connaître la contreh. partie des exposés financiers du Trésorier. ÿ M. l'Orateur, j'ai éprouvé beaucoup d’hésitation avant d'entreprendre LA une telle tâche ; mais après les attaques réitérées de l'honorable Trésorier sur nn ma gestion financière, pendant ces trois dernières années, lorsqu'il était à sa connaissance qu'un état de santé plus que précaire ne me permettait pas de à repousser comme elles le méritent ses prétentions fallacieuses, il est de mon devoir, quand bien même je devrais en soufirir physiquement, d'exposer à ln Gliémbre comme au pays les asseitions jius qu'erronées de nos adversaires. Pendant cinq aus l'administration financière du gouvernement Mercier à été attaquée en Chambre, dans la presse et sur les tribunes populaires avec ) 2 une violence inouïe, par des adversaires qui avaient été, pendant leur gestion, si prodigues des deniers publics et qui avaient endetté l1 province à pour une somme de #23,000,000.00, ; Une fois dans l'opposition, nos adversaires n’ont cessé de crier sur tous | les tons que la Province était ruinée, ses ressources épuisées et insuflisantes | 4 pour faire face à ses obligations.
| À Ces assertions, répétées avec tant de persistrnce, out eu leur écho, non 4 seulement au Canada, mais aussi à l'étranger ; elles ont, sans aucun doute nui au crédit de la Province sur le marché monétaire de Londres et créé un
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malaise dont l'impression ne s’effacera que difficilement de l'esprit des capitalistes dont on peut encore avoir besoin.
Pous juger sainement de la situation, il est nécessaire de rappeler Phistoire financière de notre province, de montrer les causes et l'étendue ile la dette publique, de remonter à la source des déficits et des emprunts et de doner à chacun la part de responsabilité qui lui appartient légitimement.
Le tableau suivant servira à établir l'état de la dépense excédant les re: cottes normales, de 1876 à 1881 :
ÉTAT des dépenses spéciales ou extraordinaires de nos prédécesseurs de 1876 au 31 janvier J887 en dehors des dépenses ordinaires.
Dette consolidée au 31 janvier 1887......... 14,155,013 53 Dette flottante au 31 janvier I887....... .. 3,708,198 42 Recettes spéciales. ..... A RE RE Eee (5 Le AAA MAO Surpius en caisse accumulés de 1867 à 1876... 976,045 45
Montant payé en vertu de contrats pré-existants et d’arrérages d'obligations contractées par nos prédécesseurs avant le 31 JADE PME el dre Dati tirer En .. 1,142,690 11 —————— 26,214,947 34 Les recettes spéciales dont il est fait mention dans l’état ci-dessus se décomposent comme
suit :
Remboursement au fonds d'emprunt municipal
CÉTINES À 0 1 ET A ER UN OR TE Mn 500,000 00 Recouvrement d'assurances sur les édifices dé-
LA OA ARCS (CN PSP Ne ar 126,000 00 Vente de la prison de réforme de Kt-Vincent
DMPAUL EE nes rire Craie ... 118,000 00 Vente de la prison de Québec......,....... 10,000 00 ?emboursement et vente de vieux matériaux à
compte du chemin de fer du Nord...... 394,000 00
Avance faite par le gouvernement fédéral et les Provinces, montant sur lequel nous payons l'intérêt et qu'en vertu de la sentence arbitrale le gouvernement va être
obligé de rembourser et bien au-delà... 625,000 00 Débentures du Palais de Justice........... k 200,000 00
Ainsi, par le tableau qui précède, nos adversaires, qui criaient si fort sur le chapitre de la dépense, lorsque nous avions l4 gestion des affaires, se montraient parfaitement satisfaits d’une dépense excédant de $2,000,000.00 par année, du moment qu’elle était le résultat de leur œuvre.
Cette dépense, d’après eux, était tout à fait légitime et l’opposition d’alors avait tort de les prendre à partie ; car toujours, suivant leur théorie à cette date, c'était le seul moyen d'avancer les iutérêts de la province en général et de développer nos ressources naturelles. Si l'opposition osait élever la voix contre leur extravagance, on lui répondait que ses idées étaient arriérées et que de nos jours de telles dépenses étaient indispensables pour le bien-être de la province. Telles étaient à cette époque leurs vues sur le chapitre de la dépense
On nous citait, comme exemples, les budgets actnels des grandes nations