‹ DiscoursChapitre 1 sur 36 · Discours · texte numérisé non relu

Discours

Cb discours est le premier ouvrage reùiâ^cpiable de J>Jr Rousseau; celui qu'il regarde comme ia caust. ih ses fMdkturs > parce qu'il se trouva jee^ dans la iittérature^ Sn effet , il n'eût probablement pas i!^ris la plmne sans le succès *que ce discours vibtint. Mais obligé de répondre aux critiques , entraîné par le sujets il écrivit, empruntant aux lettres, pour les comjiiattre , leurs pro{M*e8 armies ; se -«ervant'deeequ'dles ont de plus séduisant, l'ima* gination, l'en^ousiasme, le talent , les charmes du style et de la diction.

, Il décrit lui même l'impression qu'il avaîtéprouvée en lisant le programme de l'académie de Dijon (*).

. (*) ^. lîy. Vm des Confessions, et la. seconde des quatre .liettres à M. de Bfalesherbes.

Voici, de plus, ce qu'A dit de ce discours dans le second dialogue ; ir Une malheureuse question d'académie vint tout il, à coup dessiller ses yeux ; débrouiller ce chaos dans $a « téte^ lui montrer un autre- unîyers , un yéri table. âge d'or. « De la vive e0êryescence qui se fit alorà dans son, âme, sor- « tirent des ëtincelies de génie, qu'on a vues briller daps ses « écrits durant dix ans de délire et d« fiôtre , mais dont au-

« Une violente palpitation t'of^resse , foulève tô « poitrine. Ne pouvant plus respirer, il se laisse « tomber sous un arbre , y passe une denti-^beure « dans une telle agitation , qu'en se relevant il se

< sent inondé de larmes, sans avoir senti qu'il en

< répandait... .« Tout ce qu'il a pu retenir des

< grandes véiiiëe^ qtti llMtm^nèreiit a été bien fai- « blement épars dans les trois principaux de ses ff éeifitfr, ce premier discoui»,. celui sur VlnégOi^ « UU,t% le TraMdêi'Éducmion^ troit' ouvrage • iil6ép«>abtes et formant «xisemhle un. nvème V tout. *

Ce Ifit une Védtjd^e io^ivation / êt0 feùUe^^ pasr

mérité, d€i($ iHfCTH» dô ta verhê, et e^Hc êfffir^ €'6st à tort , nou0 le fépéloM , qu'o» apfétfe»du

M cuB yestîge n^aTait paru jasqu^alocs^ et ^ waififtrnhUbU- M ment n'auraient plus brillé dans la suite, si, cet accès- « passé, il e&t toulu continaer d'écrire. Ênfiammé par la "tt contemplation de ces grands «b^ets^M les avait toiijoàv« « présens à sa pensée. Bercé dn ridicule e^oir de faire enfin « triompher des préjugés et du mensonge la raison , la yé- «c rite, et dé rendire les bommes sages en leur montrant leur a Téritable intérêt, son cœur, échauffé par Pidée du bonheur « futur du genre humain et par l'honneur d'y oontribner^ f< lui dictait un langage digne d'une si grande entreprise. « Contraint pat là de sV>cciiper fortement etlon^-temps d^ « itkémeiujet, â assujettît sa tête h la fktigue de la réflezioli. II apprit à méditer profondément, et, pour un moment, et il étonna l'Europe par des productions dans lesquelles lès « âmes Tttlgaires ne Tirent que de réloqaenceetdeTesprito»

i^sft îfOVtriitru'iiDiTEvà^. 9

^|É0 HemBcau^nepril parti' ^Btre ^sciences et les sais que dfi^èi Id conseil ^ Mdero!^ Soutenir ^w pal-dHe aiseitioii , ee^ serait? ¥ov^ir douter de tomiy etrefuser de se servir de» ^ases snr lesquelles «fajqmie le logement ée» hovMaaies. La lettre que MDs.Eappovtons^C^) prettve^évidemneàt que Pepi'nien de Jean -Jacques était prononcé» bieai ayant r^ioqiK od l^qnefliticH^ f^t propo^ pai! faotdémié de Diîpn^ Jptans cQtie l^ltDe ^ijte ea i^^^as^és- {urimct aijMi : n Je S19^ l>i^ «kr qu'il n^'y a aueuii « pof^Q ti^giqilfii^ ne fâtl tvè9-£ldh^qu*il de ée « fi9itjamaig(HNii9wâe9ra»dlAeiJiM c siewr» ttQs amîis des beau^Kragts, vous vioufetf vac « faire aiinc^r une ^^boae qui eonduîl les^hecaiBes & « ^e»jHrai|i«i1 ^l>«c»|) oui, fy suis tout irésolu; « maia ^'i^ i^ f^^diliqn que veus m» j^uMerez

• qp?«i^ bett« s(9ftue vimt miduii quHine b^ a&«

• tj^p.<t qn'm «Aor«^9ii de t«i)e peîfitls*|â0 %Ii1m 41 vwt mi^w ii«e. de to vert». »

Ve9\îie çpptmta te talent dfi Jean ^Jacques pimr «n faime les liQnpeiuri k Didevel (**); malgré les

(*) Tome ÏI, page 55g, dans V Examen êtes mémoires db

f*^) f^o^req la notice smvantt snv lé IHfeoupt âe Vin^dUH 4ess conditions f dans laqudlt nous indi^ioBs |e§ envraM de J«an«JaeqiMS qo^ Did«vot «onigea , et eenz qu^ ne eenfuâ; qu'après lettr publication. ^* Qn a encore prétendu que M. de Francueil influa sur le parti qu'il prit. Ces acoasitipns^ pp pr i^ir ^ W^coonTelées psr Labti^, dans son Offt^rs, n'isn jont pas plus vraies : et les ^tlièiss du plus ùufudeiU

s HOTICB

M'uses gâtantes et beaucoup de romanees ^ elle assurait qu'il ne savait. pa» la niOBique; InieiitAt Béioïse 5 ÉmHe et le Devin, du viMiigeXdi firent taire. Afin de rempècher d'écrire > ses amis le tour* IKle^tèreIlt Içng-teœps dans sa retraite, pour le forcer à retourner à Paris , dont le séjour lui était insupportable^

Lorsq[à11 pa^int. à Diderot ; qu'il allait voir à Vidcennes , il lui conununiqua le plan de son cKscoars et la Pr&sopopée de Fabridus: Diderot Vexharià à donner 4^ essor à ses idées. Nous avons, dans la lîote qui termine le premier volume j p. 449» rappelé plusieurs^ circonstances de la jeunesse de Bousseau ,- dans lesquelles en voit lé g:erme de cette opinién* D'aûleurs il est un mbyën infaillible de reconnaître la bonne foi d'un écrivain ; c'est ^n style (*). On n'a' point cette chaleur witrat- «oMe/quapct on reste froid ; cm ne cause pi^nt de si vives émotions sans être ému soi-même. Jean"- Aacques peut être dans l'^rrenr, mais ilfut sincère avec lui même , et, si l'^n vent , dupe de son illu^ sion , mais jamais de mauvaise foi.

Ce discoturs , qui parut en i^ao , obtint un très-

des cynii/ueSfdt sophisUytl de viTcAur/atow, qu'il prodigne

i Jcan-Jaccpic» dans l'excès de^ son tkXt ,iie sont pas une d^-

moostFation bien évidente. La raison prend un tout autre

langage» et ne se sert pas dHnjures, encoie moins laeha-!'

rite.

. (*) V, le discours de M. de Bulfon sur le style, lorsqu'il

iaX re^u à Tacadémie française*

1>«8 K09VBÀVX éblTEUKS. 9

grand gnccès. If prend tout par^dessus tes nues, . écrivait Diderot.' Yoici le témoignage de Grindm ». qui ne louait qa*à son' corps d^ndant. .

« Le discours couronné par racadémie de Di-\ € jon (*), écrit avec une force et avec un feu « qu*on n*avait pas encore vus dans un discours t académique , fit une espèce de révolution à c Paris, et commença la réputation de M. Rous- « seau , dont les talens étaient jusqu'alors peu

t connus Il est fâcheux que cet écrivain élo-

t quent et outré n'ait point trouvé un adversaire t digne de lui : sa Réponse au roi Stanisias 9 et t celle à ilf . Bordes , contiennent des choses admit râbles , et même sublimes; et la dernière est , à « mon avis» égale et môme supérieure à son dis^ € cours même. «

Plus sévère envers lui-même que ne Tétafent ses critiques, Jean-Jacques a prétendu que Ce discours manquait d'ordre et de logique , et quHi était tout au pius médiocre. C'est en comparant cet ouvrage au Discours sur i* Inégalité des condtêions^f ^VÉmiie, qu'il porta ce jugement rigoureux.

De tous les écrits de Rousseau , ce discours est celui qui eut le plus d'influence sur sa destinée. On l'attaqua de tous les côtés : il demeura maître du champ de bataille ; mais la querelle , après avoir duré deux ans, resta cependant indécise, parce que tous ceux qui s'en mélèreniéïaient juges et parties*

(*) Correspond, làtér.t ^ome I, p. xaa, année 1734*

ko HOTICB. DBS. VOV,XX^XX KPlXKVtiS.

I)aa«r la. préface^ i^ NmcU^ « Ews^eau fail un, i;ést}iiifi<ie 50» opjAîaa^ «liriez tè^nom c^ kn arU^, Cette pi^faceettodkieiwm^'tmtroiMiiiblftiioe!!^ 9ël9ewai»e.

Page 1