‹ Discours parlementaires (volume 4)Chapitre 67 sur 68 · SEPTEMBRE IB70. H · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE IB70. H

épée, et à travers tous les obstacles, il a essayé de se faire jour. {Bravo! bravo!)

Uevîint lui, ua officier [jtînôral non moins brave se prcscalait pour l'aider dans cette entreprise de salut public, il a échoué !

Assurément, ce n'est pas la valeur qui lui a manqué; ce qui lui a manqué, messieurs, c'est la liberté du commandement.

M. LE MiMSTiti: M i.K GUERRE. ?iJon! nou!

M. Jules Favre. H n'est douteux pour personne qu'on lui a demandé des forces pour proléger l'empereur. {Eiclmuatiimi et n'clu malions.)

Il les a refusées, et alors le conseil des ministres a cru devoir prendre ces forces sur celles qui étaient destinées à défendre Paris.

Voilà ce qui existait, et il ne faut pas qu'ua pareil état de choses COQ lin ne. (Rumeurs au centre et à droite.)

Nous devons savoir où nous en sommes avec le gouvernement qui nous réffit. [Ailons donc!)

Oii est l'empereur? Commun ique-t-il avec ses ministres? Leur donne-t-il des ordres?

M. LE MINISTRE Df, LA (JUERRE. Non!

M. Jules Favrk. Si la réponse est négative, je n'ai pas besoin de longs développements pour faire comprendre à la Chambre que le

gouvernement a cessé d'exister [exclamations à droite et au centre),

et qu'à mttins d'un incroyable aveuglement et d'une obstination qui cesserait d'être patriotique, c'est à vous-mêmes, c'est au pays que vous devez demander les ressources qui, seules, vous peuvent et le peuvent défendre.

Sans insister davantage, — car la réponse que vient de me faire M. le ministre de la Guerre me suffit et désintéresse le débat de cette grande question (Vives protestations à droite et au centre. — Assentiment àijanrhe.)

1\I. LE l'RFsiDENT SCHNEIDER. Eu toutc occasioD, je dcvrais protester contre de telles paroles

M. Jules Favre. Prolestcz tant que vous voudrez^ monsieur le président! Protestez contre la défaite, protestez contre la fortune qui nous trahit; niez les événements, dites que nous sommes victorieux, à la bonne heure!

M. LE iniÉsiDENT SCHNEIDER. Je protcste, en tout cas, contre tout ce qui pourniit être un affaiblissement. [Approbation sur un grand nombre de bancs.)

M. Jules Favre. Un affaiblissement! Mais précisément je cherche la force, la force murale surtout, et je me demande uù elle peut être. Elle est, messieurs, dans le pays, dans le pays souverain, dans le pays qui ne doit désormais compter que sur lui-même et sur ceux qui le respectent, et non plus sur ceux qui l'ont perdu.

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Voilà ce que je dctnaade et ce que le pays lui-même demande avec moi. (f ife approbation à gauche. — Rumeurs au centre et d droite.)

DaDS cette crise 8upr<^rae, je n'ai que deux mots à dire. (JatU Fraoce el que la ville de Paris, directement menacée, mues parooe étroite solidarité, décidées à ne déposer tes armes que lorsque IVaaemi sera chassé du territoire, avisent par elles-mêmes; car c'eM sur elles-mêmes et sur elles seules, dans la liberté dont elles doiveot jouir pour se défendre, que repose le salut de la patrie. (Trèt-biai! i gauche.)

Ce qu'il faut en ce moment, ce qui est sage, ce qui est indispeasable, c'est que tous les partis s'effaccol devant un nom rcprésentaoi la France, représentant Paris, un nom militaire, le nom d'ut homme qui vienne prendre en main la défense de la patrie. Ce noa, ce nom cher el aimé, il doit être substituée tout autre. {Aihns donc! — A l'ordre! à droite et au centre.)

Tous les autres noms doivent s'effacer devant celui-là, ainsi que « fantôme de gouvernement qui a conduit la France uù elle est aujoof' d'hui.

Voilà mou vœu, je l'exprime en face de mon pays : que mon pays l'entende ! {Applaudissements à gauche. — Violent* murmura m tatrt et à droite. — Agitation.)

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