‹ Discours pour l'installation des Frères prêcheurs, à Norte-Dame du Saint-Rosaire [microforme]Chapitre 1 sur 1 · CE · texte numérisé non relu

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DISCOURS. sanctification ici-bas et préparcront votre POUR L'INSTALLATION Des Frères-Pre. glorification là-haut, Qui vos recipit etc. cuEuRs À ND. pu Sr. RogaiRe pan LE Toutefois vous avez droit que l’on vous Rev, M Ravuonn, Surertéur pu Sg- fasse connaitre d’une mar‘ère plus ex- MINAIRE DE Sr IvyaciNtut, plicite ceux que vous recevez aujourd'hui. Vous pouvez demander de qui CE Le . ils sont fils, quelle a été leur famille, Qui recipit vos, me recipit et qui me recipit À R : J recipit eum qui misit me. Math, 10, quels titres ils ont personnellement # Celui qui vous recoit me recoit, et celui quime VOtre confiance, et quels avantages par- Paooit:reauis-GeIU quite pu D, ticuliers doit vous apporter le ministère Jésus avait choisi ses apôtres til léur qu'ils auront à exercer auprès de vous. avait & nné la mission de prècher le Je vais répondre à ces questions. Royaume de Dieu, et le pouvoir de’ftire II des miracles ; puis il les envoya aux en- :

fants d'Israël en leur disint d'apporter Il y a sep! siècles, St. Dominique la paix à ceux qui le recevraient, ete naissait en Bsyagne ;sa mère l'avait vu sortir, en secouant l4 poussière do leurs’ en songe sous la forme d'un chien qui pieds, des villes et des maisons qui-ne tenait dans sa gueule un flambeau, et qui voudraient pas les acceuillir, lesquelles s'échappait de son sein pour embraser auraient à subir au jour du jugementune ‘toute la terre. A son baptème un rayon sentence plus terrible que celle de tes lumineux comme la splendeur d'une uités abominables, Sodome et Gomorrhe. ‘‘étoile apparut sur son front, L'inno Et le Christ ajouta : Celui qui vous re- cence la plus parfaite, la pureté virwivoit, me reçoit, et celui qui me recoit, :nale fut conservée en lui pendant sa vie reçoit celui qui m'a envoyé. entière. En croissant en âge et en science, Tout prêtre partage jusqu’à un certain‘ 1! s'élevait chaque jour par un progrès point la mission apostolique, surtout s’il ‘’heureux à une plus haute vertu. Il a charge d’âmes : tout pasteur envoyé à demanda à Dieu d'être embrâsé d’une une paroisse doit donc être reçu comme ardente charité pour tous les hommes, et le représentant du Christ dont il conti- ce sentiment devint l'âme de sa vie. nue l’œuvre. Mais ceux qui viennent au- Il avait embrassé le sacerdoce; car jourd’hui prendre votre direction spiri- c'était le moren le plus puissant qu'il tuelle sont des apôtres formés plus parti put avoir pour exercer le zèle qui le culièrement à l'école de Jésus : ils sont dévorait. Passant dans le mid* de la plus pénétrés de ses enseignements di- France, il y fut témoin des ravages d’une vins : ils doivent être des imitateurs plus hérésie qui pervertissait des milliers complets de ses vertus qu'ils ont juré de d'esprits et de cœurs; il se sentit appelé pratiquer plus parfaitement par les vœux à combattre cotte erreur par la preédicade pauvreté, de chasteté et d’obéissance. tion, et par l'exemple d’une vie pleine Ils ont reçu du Christ par l'Eglise une d’austérité : il imposa à sa chair de mission toute spéciale de prècher, qui cruelles mortifications pour oftenir doit avoir par là même une efficacité l'efficacité à sa parole. Menacé du marbien salutaire . tyre, il dit à ses ennemis: je vous priu Ils sont à/ceS titres plus proprement les de ne pas me tuer d’un seul coup, mais représentants de Jésus: vous devezdonc de me couper les membres, un à un, d’en les recevoir comme le Christ lui-même étaler .es morceaux, de m'arracher les envoyé par son Père céleste, et vous yeux, et de me laisser mort ou vivant à aurez part à cos grâces que Jésus répan- votre volonté, dait sur ceux qui étaient dociles à ses Sentant combien la prière serait puisenseignements, grâces qui, si vous savez sante pour attirer les bénédictions du les mettre à profit, assuroront votre ciel sur sa predication, il établit un mo.

ne

nastère de vierges dont les prières, et les sacrifices imploreraient du ciel le triompho'de la foi. C'est sa première fondation. Cependant les violences épouvantables des hérétiques qui massacraient les prêtres et les religieux, ren-

Cependant Dominiqne réalisa une pen sée qui depuis longteinps occupait son âme, Il fonda un ordre religieux dont les membres fussent chargés de continuer l'enseignement de Jésus Christ et des apôtres, par une prédication qui

versaient les temples, mettaient tout à feu et à sang, avaient forcé les catholiques de prondre les armes contre eux.

Un jour les deux armées se rencontrerent près de la ville de Muret. Celle des .ver sa fondation: le chef de l'Eglise y Albigeois était de, 40,000 hommes.Simon * t'iva quelques obstacles ; rais il vit de Montfort qui commandait les catho-."@, songe la basilique de $S. Jean de liques n'en avait que 800—]a batailles Laätran, la mère et la maitcesse de toutes s'engagen; les hérétiques éprouvèrent : les églises qui était sur le point de tomune déroute complète, ils perdirent l&,, bèr, et Dominique qui en soutenait sur moitié de lenirs troupes, :8e8 épaules les murailles chancelantes.

Quelle est la cause de cette prodigieuse., Comprenant de quel secours le nouvel défaite? C'est que pendant le combat, ordre serait à l'Eglise de Dieu, le Pontife dansune église de Muret, Dominiqtÿ; lapprouva et donna à ceux qui en faisait monter vers celle qui est terrible “ étaient les membres le nom de Frères comme ure armée rangée en butaïlle Prècheurs. Le successeur de ce Pape l'hommage du Rosairequ'il veuait d’ias-: les appela les champions de la foi et les

combattit toute erreur attaquant la doctrine évangélique, et qui ramenât les pêcheurs à la grâce divine.

1] se rendit à Rome pour faire approu-

tituer. *

Le Rosaire, voilà une dévotion.

qui vous est bien connue, vous êtes placés sous la protection de Marie, ho noré par ce tribut de louange qu'elle reçoit de la piété des fidèles. Le Rosaire dans son entier où dans une de ses parties est la prière quotidienne d'un très grand nombre d'entre vous : c'est en roulant ses grains que votre supplica tion s'élève vers le salut des infirmes, le refuge des pêcheurs, la consolatrice des afäigés, le secours des chrétiens, pour:

retomber sur vous en toutes sortes de faveurs de l’ordre spirituel, ou de l’ordre temporel. Eh bien, c'est à St. Dominidue que Marie elle-même, lui apparaissant avec son divin fils, a fait connaitre qu’elle voulait être honorée par le Rosaire. Que de grâces produites depuis sept siècles par cette institution | oh!qu'il doit être cher à Dieu et à Marie, cet homme que le ciel a choisi pour être le propagateur de cette dévotion si-salutaire, et qui a fait rendre tant d'honneur à cells qui est bénie entre toutes les femmes, et au. divin fruit de ses entrailles.

lumiéres du monde.

Mais voici que Dominique reçoit du ciel même sa mission. $. Pieme et S.

Paul lui apparaissent, et lui disent : Va et prèche : c’est pour cela que tu es choisi.—Ft Marie se momre à l’un de ses enfants, au bienheureux Reginald ; elle fait sur lui une onction mystérieuse, et le revêtant du grand scapulaire blanc, elle le lui donne comme l’habit disiinctif de son ordre ; le saint fondateur était présent à cet acte si bienveillant de la Reine du Ciel. Peu de temps après, il reçut une autre faveur encore plus signalée. Il vit notre Seigneur metle la main sur l’é-paulede labienheurevse Vierge, et il l’entendit lui dire à lui-même: j'ai confié ton ordre à ma mère. Et à ce moment Marie ouvrit la chape dont elle puraissait revètue,.et l’étendant de manière à ce qu’elle couvrait la céleste patrie, lui montra sous elle une. multitude de ses frères,

La bonté du ciel se manifesta en fa.

veur de Domiuique en le faisant l’instrument des prodiges de la puissance divine. [l.a.opéré de nombreux et éclatants:

miracles, entre autres la résurrection de:

trois morts.

alisa une pen occupait son ligieux dont rés de conus Christ et lication qui quant la docramenât les

faire approude l'Eglise y ; ais il vit S, Jean de sse de toutes oint de tomsoutenait sur hancelantes.

rs le nouvel eu, le Pontife eux qui en m de Frères de ce Pape > la foi et les

1e reçoit du Piene et S.

i disent : Va , que tues re à l’un de x Reginald ; mystérieuse, pulaire blanc, bit distinctif eur était prét de lu Reiprès, il reçut s signalée. Il main sur l’ése, et il l’enj'ai confié ton homent Marie raissuit revèêe à ce qu'elle , lui montra ses frères.

nifesta en fa.

sant l’instruuissance diviet éclatants:

surrection de:

Tout cela était l'effet de ses héroïques

vertus, de sa profonde humilité, de son:

ardente charité, et deson austère pénitence ; il passait les nuits nresque entières dans l'oraison : par trois fois il se flagellait chaque nuit jusqu'au sang.

Dans ses dernières années, Dominique fonda une autre institution qui a eu les résultats les plus salutaires. C’est le Tiers-Ordre, duns lequel entrent les personnes du siècle en se livrant à certaines pratiques de piété et de mortifice tior.Le monde se peupla de jeunes filles, de veuves, de gens mariés, d'hommes de tout état qui portaient publiquement les insignes d’un ordre religieux, et s'astreignaient àses observances dans le secret de leurs maisons. Cette institution a produit des saints dans ioutes les classes de la vie humaine avec une telle abondance que le cloître pourrait en être jaloux.

Dominique avait vu 60 couvents de son ordre remplis de religieux ; uu bien immense avait été accompli per ses diverses fondutions ; il etait disne de la récompense. Un avertissement d’en-haut vint l’informer qu'il allait en entrer dans la joie céleste.— Il dit à ses frères attristes qu'il leur serait plus utileau ciel que sur la terre ; puis après avoir répété les paroles du Christ: Père Saint, j'ai accompli votre volonté, j'#i gardé ceux que vous m'aviez donnés, il leva les mains au ciel, et Dieu reçut son esprit,

Les plus grands miracles eurent lieu à son tombeau. l'Eglise bientôt. le plaça au nombre des Sainis, eu proclamant qu’il l'avait illustrée pur sa doctrine et les mérites de ses vertus : “ecclesiam illustrare meritis ct doctrinis.”

Voilà, mes frères, quel aété le Père de ceux qui viennent à vous aujourd’hui.

Est-il assez glorieux !

L'un des plus glorieux fils de $. Dominique, le plus grand orateur religieux

de notre siècle, a dit: ce n'est pas tout de vivre, il faut se survivre. Je répète

cotte yarole à l'égard du fondateur de l'Ordre des Frères Prècheurs,

Il s'est survécu dans l'Institut qu'il a formé ; il l'a animé de son. esprit, et par lui ila servi puissamment Dicuet l'Eglise.

Voyez ce qu'a été latamille religieuse dont il a été le Père, IT a suscité de son vivant même une arméo de prédicateurs qui de l'Espagne à Ja Moscovie, de la Snède à la Perse, ont étendu ou aftermi le règne de Dieu sur les populations, Après sa mort les Frères Précheurs se multiplient de plus en plus ; on les voit porter les enseignements de l'Evangile aux contrées les plus lointaines, Un zèle ardent les dévorait pour les missions éurungères. Ils tombent à genoux au piod du Maitre Général, et chacun d'eaux demande cet apostolat comme une faveur insigne, lui disant: Père, envoyez-moi.

Ou les retrouve partout au Moyen-Age:

on les voit, au midi chez les Maures et les A rubes, chez tous les peuples du Nord de l'Ewrope, chez les Tartares et le long des fleuves de Ja Haute Asie ; et plus tard ils évangélisent le Mexique et toute l'Amérique du Sud ; un grand nombre ont laissé des noms glorieux dans l’histoire de l'Eglise.

Le temps ne me permet que de nommer le patron de ce diocèse, S, Hyacinthe, qui prècha Jésus-Christ dans la Pologi.e, la Bohéme, la Suède, la Russie, sur les bords de la Mer Noire, le long des côtes de l'Asie Mineure, et dont on pouvait suivre la marche aux couvents qu’il semait sur sa route.

L'ordre de $S. Dominique a brillé de l'éclat le plus vif par la gloire de ses Docteurs. Il a donné au monde des prodiges de science et de doctrine. Il suffit de nommer Albert le Grand, et le plus grand des Théologiens, le Docteur Angélique, S: Thomas d'Aquin. Moins d’un siècle après la mort de S. Dominique, son institution fut honorée par les contemporains du nom d'Ordre de la vérité.

À cette gloire s’est joint celle du martyre. Chez les hérétiques et. chez les

nations infidèles et barbares, les Frères Prècheurs ontscellé leur parole apostolique du sang de leurs veines ; on a vu tous les religieux d’un monastère au nombre de 40,massacrés en un seul jour, Dans notre siècle l'ordre de $, Dominique jouit de l'honneur d'être celui qui a donné de plus nombreux martyrs à l'Eglise : c’est parmi ses membres qu’il “ eu le plus de victimes dans les terribles persécutions du Tonkin et de la Cochinchine.

Ce mème institut a donné à l'église quatre Papes, parmi lesquels est St, Pie, patron d’une paroisse voisine,lequel a été l’un des plus grands Pontifes qui aient occupé la chaire de St. Pierre. Soixantequinze cardinaux, plus de trois mille Evêques sont aussi sortis do l’ordre fondé par S. Dominique.

Cette puissante fécondité n'appartient pas seulement aux siècles antérieurs.

Aujourd’hui, encore les Frères Prècheurs servent bien efficacement l'Eglise et la société. Le zèle de l’apostolat s’est ranimé vivement en eux, Vous les trouvez sur les ruines de Babylone, chez les peu ples de lExtrème-Orient, dans les Iles de l'Océanie. Abattu en plusieurs contrées de l’Europe par la hache révol utionnaire, cet ordre s'est relevé avec une vigueur extraordinaire ;il y à 64 lui une vie quilui fait vaincre tous les efforts tentés pour le détruire.

À Rome sur le mont Aventin, dans le jardin de l’un des couvent: ‘le l’ordre, est un oranger planté par la main de $.

Dominique. On le sent ; sous l’action de plus de six siècles, la sève en devait être épuisée. Mais voici qu'il y a un certain nombre d'années une branche de cet arbre à reverdi tout-à-coup avec une grande fécondité,

Quand je visitai ce couvent, le Prieur m'a présenté une orange qu'il en avait détachée ; j'en ai conservé l'écorce comme une relique précieuse. Il me semblo maintenant que c'est comme une semence symbolique que j'emportais dans mon pays, et dont je vois naïître le fruit en co ieu,

On a trouvé dans ce renouvellement de lu vigueur de cet ‘ranger un emblème prophétique de la vie nouvelle que l'Ordre de St. Dominique a prise dans ces derniers temps, Quelle gloire a jetée sur lui la parole de ce P. Tucordaire, dont l'éloquence prodigieuse à fait battre tant de cœurs, et a contribué puissamment à cette réno-

ation de l'esprit religieux que nous voy-

ons aujourd'hui se produire dans le pays de nos ancètres, Les hommes qui sont à lu tète de ce mouvement ont été les uuditeurs de ses conférences : leur foi et leur courage se sont retrempés dans les accents de l'éloquent apôtre qui pénétraient leurs âmes : “ Dieu travaille notre Ordre de tous côtés pour opérer sa résurrection ”, m'a écrit à moi-:mème lo Père Lacordaire, Et bien, le travail divin a réussi, Il y à 19 ans que celu m'était dit. Depuis, l’ordre de St. Dominique s’est magnifiquement développé en diverses contrées : en France, 18 couvents ont été fondés : la parole dominicaine se fuit entendre encore avec éclat dans les premières chaires de ce pays ; c'est elle qui a eu le plus de retentissement à la soleunelle démonstration de Lourdes. Et les grandes cités des Etats-Unis sont encore sous l'émotion des accents dont récemment un fils de St. Dominique a charmé leurs creilles et leurs cœurs.

Voilà, mes frères, ce qu'a été, ce qu'est la famille à laquelle appartiennent ceux qui aujourd’hui viennent vous demander de remplir au milieu de vous quelque chose de la mission si glorieuse, accomplie par leur Père et leurs frères.

Maintenant quels titres ont-ils euxmêmes à votre estime et à votre contiance ? Un seul mot vale dire: ils sont des religieux. Ils ont fait vœu de pauvreté ; ils ne peuvent absolument rien posséder en propre ; le superflu est une chose inconnue pour eux,qui en tout doivent se contenter du nécessaire ; ils ont à sus bir des privations de toute espèce. Par leur vœu d’obéissance, ils sacrifient en:

tièrement leur volonté ; ils sontsoum s à

vellement emblème ue l'Ordre s derniers lui lu pul'éloquende cœurs, ‘tte réno- Nous vOYis le pays jui sont à é les uuur foi et , duns les jui pénévaille noopérer st -mème lo vail divin r'était dit, que s'est

diverses ts ont été 36 fuit enos premille qui a la soleues, Et les nt encor6 t récem- , charmé

ce qu'est ent ceux lemander

quelque 6, ACCOMÿ.

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ils sont e pauvrerien posune chot doivent ont à sus èce. Par itient en:

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une règle qu'ils doivent constamment observer ; dans chaque maison il y a un supérieur à l'autorité duquel les autres membres ont à se soumettre, L'Ordre auquel ils appartiennent est d'une grande austérité, Ils ont à se lever toutes les nuits pour psalmodier le Saint Office, Quand ils sont dans leurs propres muisons, autant que la santé, et les circonstances du climat et des lieux le permettent, ils gardent une abstinence perpétuelle ; ils jeûnent la plus grande partie de l'année ; malgré la chaleur de l'été, ils ne peuvent porter que des vètements de laine tant en dessous qu'en dessus. Une certaine austérité se trouve aussi dans leur lit : ils sont astreints au silence, hors certains temps limités, Ils ont à faire en chapitre l’aveu des fautes extérieures, et à en recevoir une punition humiliante.

À cette vie de pénitence, se joint pour eux le mérite d’avoir quitté leur patrie, des maisons qui leur étaient chères, des frères qu'ils aimaient. Et ils viennent ici, pourquoi ? Pour se livrer à tous les travaux du ministère apostolique. Il en est qui vous rendront les services que les pasteurs doivent à leurs troupeaux ; les autres iront partout où on les appellera prêcher des retraites : pour eux, il n’y a guère de loisir : ils ont à subir sans cesse la fatigue de la prédication, tous les labeurs des missions. Ainsi ces hommes se présentent à vous avec le mérite de l'austérité de l’état qu'ils ont embrassé, et avec celui d’un dévouemeut à voire égard, auquél ils ne veulent pas mettre de bornes,

Qu'avez-vous à attendre de leur présence au milieu de vous ? Je le sens:

c'est à cette question que je dois surtout répondre.

D'abord, vous recevrez d'eux nne édification propre à vous sanctifier, L’aspect de ces religieux qui s'imposent tant de sacrifices, dont la vie est si austère, ne sera-t-il pas pour vous habituellement une leçon contre la mollesse de la vie, la

roc herche des plaisirs, ln tiédeur dans le rervice divin ? Vous sentirez plus de courage à observer les préceptes de l'Evangile quand ils vous soront prechés par des hommes qui se sont engagés à en suivre les consoils,

Tx prière, vous le savez, est la sourco de toutes les grüces ; elle monter! vers Dieu en votre faveur par les supplications qu'ils feront entendre dans cet Ofce divin qu’ils recitent en chœur et le jour et la vuit, Ils ont des protecteurs uissants au Ciel dans St. Dominique ter Père, dans un si grand nombre de saints et de saintes qui sont leurs frères et leurs sœurs, Ils les interessoront à vos âmes, qui, par là même qu’elles sont con tiées à leurs soins, doivent être l'objet d’un regard bienveillant et d’une intercession puissante du Saint fondateur et des membres glorifiés de cet Ordre, sous la direction duqnel vous êtes placés,

Vous recevrez d'eux les soins les plus assidus du ministère curial : ils sont obligés de vous les donner pur la charge de cette paroisse qui leur est confiée, Et vous devez le sentir, le zèle qui est la vertu propre de l’ordre de St, Dominique los porteru à so dévouer à vos intérèts spirituels avec la plus grande sollicitude.

La prédication, c'est à surtout leur fonction. A chacun d'eux il est dit comme à lear fondateur : Va et prèche ; de fortes études théologiques et ascétiques les disposent à exercer «ce ministère. Or la parole de Dieu quand elle sort de 1èvres, qui en sont les dignes organes, quelle lumière salutaire elle fait briller aux esprits, quelle influence sanctifiante elle a sur les cœurs !

Il vous est facile de comprendre que, livrés à l'étude des vertus dont la pratique forme cette perfection à laquelle tout religieux doit tendre, ils sont préparés à donner aux personnes pieuses une direction qui hâte leurs progrès spirituels. Sans doute, le zèle, la piété et la grâce de Dieu, qui supplée à tout, permettent aux pasteurs séculiers de condui re avec sûreté les personnes qui font pro fession d’une dévotion spéciale ; mais il

faut reconnaître que les religieux en général sont plus éclairés pour conduire les autres dans les voies spirituelles ; ils ont à leur disposition plus de moyens pour 80 former à ce gouve, nement des âmes que St, Giégoire a appelé l'art des arts ‘ Ars arlium, regineu duuc'um."

Je vous ai mentionne le Tiers-Oidre, cette afiliniiou des personnes du move à l'Insiicut de St, Dominique, dont elles suiveut l'esprit et prutageot jusqu'à un ceriuin point le zèle,la prière, et la mortiticutiou, Déjà certe association compte 40 à 50 membres tuut duns cette piuroïsse que dans celle de la ville, Chiuge moimême de cetie œuvre, mes autres devoirs ne me permet{aieut pas d'y doaner beau coup de soius. Les teviairos atu'ont dé sormais une organisation, des réunions régulières, une direction suivie, il y au ra là un eucourasemeut puissauc donné à la piété d'un cerviuin nombre d’entre vous ; et cette confiraternité, par los pri ères et les exemples de ses membres, pourra devenir une source de grâces pour toute cette paroisse.

Mais c'est surtout la dévotion envers Marie, spécialement honorée pur le rosuire,que vos nouveaux pasteurs entretiendront et développeront parmi vous. Une vive et teadre piété à l’égard de la mére de Dieu, que ce Dieu nous a donnee pour mere 4,nous-mêmes, n'est-ce pas là une grâce signalée propre à assurer le salut ? Vous serez formés de plus en plus au culte de Marie si doux et si sanctifiant, par les prédications que vous enteudrez sur l’auguste vicrge, qui vous appiendronc à la mieux counuitre et à l’tiiner davantage, par les pratiques de piété qui seront etablies eu son honneur, par les réunions euxquelles vous prendrez part pour la glorifier et l’invoquer. Tout cela sera le fruit du zèle de ces religieux, si dévoués à Marie, et qui ont en propre la mission de propager la dévotion à N. D. du Rosuire.

Mes frères, n’ai-je pas maintenant le :. de vous le dire ? C’est une prédi-

lection du Ciel en votre faveur que la direction de cette paroisse confiée aux enfants de St, Dominique ; ces religieux viennent vous dispenser des grâces, qui, si vous savez en retirer le fruit que

Dieu ÿ veut attacher, préserveront cette

paroisse de déplorables et funestes désorc'es, ÿ feront fleurir les vertus chrétiennes et rendront plus faciles à un grand nombre d'âmes la voie qui conduit au ciel ; combien d’entre vous, qui m'écoutez, devront leur salut à la parole à lu priére, aux sacrifices de ceux qui viennent aujourd'hui se charger de vos âmes ?

Recevez les donc avec un vif sentiment de foi ; que ce soit un jour d’une solennelle allégresse pour cette paroisse ; felicitez vous dans le Seigneur de l'honneur et de l'avantage spirituel d’être sous la garde de cet ordre de St. Domipique, si glorieux au ciel et sur la terre.

tecevez les avec reconnaissance, pour Dieu qui offre par leur ministère un nouveau ef puissant secours à l'œuvre de votre sunctification ; pour eux-mêmes qui viennent consacrer au Lien de vosâmes lé merite de leurs sacrifices et l’t-deur de leur dévouement; pour le Pouiife plein d'intérêt à votre égard à qui vous devez ce bienfuit signalé dont chaque jour vous saurez apprécier de plus en plus là valeur.

tecevez les avec respect, comme étant consticrès à Jésus d’une manière plus intime par la profession religieuse, et comme scs représentants à un titre spécial dans le miuistère de la parole évangélique.

Recevez les avec la résolution d'écouter avec docilite leuvs enseignements, et de corespondre en tout au zèle et à la sollicitude dont il seront animés pour vous.

Recevez les avec la ferme détermination d'employer tous vos efforts pour empècher ou faire disparaître les difficultés que rencontre ‘toute œuvre qui commence, ét qui, si elle est dostinée à produire un grand bien spirituel, doit avoir à lutter contre des épreuves

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que la lée aux eligieux 68, qui, uit que

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y désorchrétiy à un ui con- US, qui | parole ux qui de vos

f sentire d’une aroisse ; » l'hond'être Domia terre.

’e, pour inistère urs à ; pour ‘rer au rs sacrint;pour e égard lé dont cier de

d'écouents, et t à la 8 pour

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e qui inée à b], doit Drouves

suscitées par celui qui est l'ennemi de Dieu, des institutions de l'Église, et des âmes que Jésus a rachétées de son Sang.

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Laissez moi, mes frères, dppéler en ce moment votre alletion sur les magnif ques dons de Dieu en faveur de Cette paroisse, et do la ville à laquelle elle touche, que je comprends toutes déux sous le nom de Si. Hyucintue. |

Au commencement de ce siècle, ie il y avait un pasteur à qui Dieu à inspiré une œuvre qu'il devuit béni, et dont’ lu

prospérité alluit amener les progrès dé”

cette loculiie,et les fnstitutions qui lu dis tinguent, Le Collège fondé par le véhéra ble Messire Girouurd a eu un developpe mént et un succés dont nous avons { re morcierle ciel.Qu'il me sufise dé dive qu’il a fourni à l'Eglise 260 prétres séculiers, plus de 30 memnires à d gens et cinq évéques ; et qu'il à donné

l'Etat nombre de c'oyens 6ccupant de haules charges duos là Parrie. Parmi ces ministres de Eglise, (:: hommes ntiles à lu societé, combien sont de Su.

Hyacinthe meme ? Li si l'on veut bien reconuaitre que noue maison n'est pus sans quelque rén0m dans le pays, l'honneur n'en rejuiflivil pas sur le lieu’ où elle se trouve ?

Le fondateur de notre institution en a élevé un autre, J1 a ouvert üssi une maison, d’éducution pour les ‘jéunes

filles. (Cet établissement ‘a ‘prospé

ré avec éclat, d’abord sous la ‘direction des Sœurs de la (Gongrogations à la mé moire desquelles uné vive reconnaissan

. ce doit eue atlichée en cette paroisse,

ensuite sous Celle dés Sœurs dé la Pré .#entation Ge Muiie. Le couvent de St, Hyacinthe est devenué une maison mère envoyunt des religieuses en nombre de

qasones de ce diocèse, et formant déjà

es étiblisséements dun 1ës Mtats Unis.

Cette institution n'est el pas aussi une faveur du ciel pour Vous pär le bién qu’elle

opère, et. Et dont elle jouit ?

Je successeur dé M.' Girouard, a été

“un pasteur, lui aussi, plein de zèle et de’

charité. Il a fondé un Hôtel- Dieu ‘dont:

ivers ordrés teli.

les développements ont demandé la vas to cdnstraction qui frappe les regards des étrangers visitunt ces lieux, De cette Maison sont déjà sortis rois hospiceséta blis en diverses ptirties de ce diocèse, Jo n'ai point besoin defuiré apprécier lesim iwhses services que vous uvez reçus de bôs Sœurs de la charité ; vous savez recon naitre dans leur œuvre la bonté divine à votre éxard,

L'iccroissement que ces diverses ins tiumious avient fait prendre à St.Hyacin the. lui a obtenu l'insigne bonbeur de dévenir nn siège épiscopal Quelle faveur duas l’ordre spirituel pour cette ville ; eu éme hvnps quel honneur elle 4reçu

‘et ‘ümme son importuncé a eté augmen tée pur cette residence d'an Pontifo ‘de l'Eglise duns son sein ! Et des prélats d’un merite émineutlni ont ci donnés pou” Eveques ; leur nont'a éte uno illus tution pour elle, et leur zèlo & été à son egurd üoe source d’abo:t shtes bénédic tions relcstes,

Vorte paroisse a Ja gloire do nosséder ua monusière de relisieusc Convemplatives. iusiitirtion uoîque en ce te eootrée, Là sonr des Vierges qui s'immolent le jour et lu'nuit pour la gloire de Dieu et le sulut dos âmes, Vous devez purücipor aboudumment aux grâces que peuvent obignir leurs prières et leurs sucrifiees, Ceite comimrvuvte est F'objei de l'intérêt et dé la contiuncé du paystiout entier; on y viévi en pelerinuge de touces parts; on

demtade stas cesse des prieres pour les

csoius sqiriiuels eviemporels.—ÆEst ce qu'il n'y & pus là un bounene dont vous pouvez vous gloiiior, eu üne grâce dont vous avez à remercier ie Seigneur ?

Pt voici qu'aujourd'hui s'implante en ce lieu un rameau de l’un des ordres religieux les plus illustres ‘et les plus féconds en œuvres saintes dont Lien ait ‘inspiré la fondation à son Eglise.’ Au milieu de-vous est la maison d'où partiront ces prédicateurs qui iront évangiliser les diverses paroisses de tel diocèse, “étmême dés ‘autres diocèses: du pays.

C’est ici’lei foyer d'où rayonnera; 4 des distances” plus où moins lointaines, le

z#è'e de S.Dominiquo passé en ses enfants, mais dont vous recevrez habituellement la lumière et la chaleur. N'ètes-vous pus singulièrement frappés, mes frères, d'avoir en votre paroisse deu institutions monustiques qui, par la nature de leur but, et la sévérite de leur rèsle,doivent être si agréables À Dieu, et si fécondes en grâces poux vous? Dans ces deux maisons la prière s'élèvera nuit eb jour vers le ciel pour en faire descendre h miséricorde divine, et des faveurs dé toutes sortes ; là seront des viclimes dont l’immolation reversera sur vous ses mérites.

A la vue de ces étsblissements divers que S. Hyacinthe possède, je m'écrie avec le Roi prophète : Non fecit taliter omni nation. Dieu n'a pas traie toutes les villes, toutes les paroisses avec une bienfaisance si liberule.

Je regarde dans mon pays; j'y vois des villes florissantes par leur population, leurs richesses, la beauié de leurs édifices, le progrès de leur commerce et de leur indusuie et leur importunce politique. Elles aussi elles ont de belles et magnifiques inslitutions dues à lu foi catholique. Mais S. Hyacinthe qui est si peu de chose, comparé à ces grandes cités, et qui date à peine d'un demi siècle, a eu certainemeut un dévelopnement religieux plus -rapide, plus extraordinaire, plus singulierement favorisè du ciel. Vous avez ce qu'ont, en fait de maison d'éducation et de charité, les citoyens de ces villes, et ils ont à vous envier des institutions que vous seul possédez. À cette considération, je suis tenté d'emprunter la parole du prophète à l'égard de Bethléem, etde m'ecrier :

Et toi, d S. Hyacinthe, tu n'es pas la moins importante, la plus petite des villes du Canada : tu as reçu des faveurs du ciel qui te rendent glorieuse eutre les cités de mon pays,

Ah ! dans cette circonstance où se complètent pour vous les bienfaits divins, la gratitude la plus vive tend à s'échapper de vos cœurs vers le ciel, Eh

bien ! prouvez la vérité do ce sentimentpar le désir sincère de mettre à profit es grâces dont Dieu vous Comté et

spécialement celle que vous recevez

aujourd'hui, C’est sans doute la disposi

tion dans laquelle vous êtes, et voilà

pourquoi, parlant en votre nom je dis :

Nous vous saluons, apôtres du Christ, serviteurs dévoués de Murie, fils de S, Dominique, frères de $S. Hyacinthe, pasteurs qui venez apporict à nos mes votre zèle et votre dévouement. Nous vous accueillons avec respect, parce que vous êtes membre d’un ordre cher à Dieu et à l'Eglise; avec affection, parce que nous voulons répondre à la charité qui vous porte à venir vous immoler au milieu de nous; avec Confiance, parce nous nous flattons que la semence diviné, jetée duns nos cœurs par votre parole, y germeru en fruits abondants de salut.

‘rères Précheurs, commencez votre œuvre. Parlez, c'est votre mission, Prèchez-nous Jésüs, ses enseignernents divins, les douleurs de sa croix, les mérites de son Sang, les touchants témoi gnages de son amour.

Prèchez-nous Marie, ses grandeurs, sa tendre affection pour ses enfants, les charmes de son htte le bonheur de l'aimer et de la servir.

Prèchez-r sus ces vertus d’humilité, de renoncement, de mépris du monde, de charité et de dévoûment, que l'état que vous avez embrassé vous don ne une autorité bien grandé à enseigner aux autres,

Prèchez-nous le royaume de Dieu qui approche, la pénitence qui fait éviter l'enfer, le bonheur céleste dont le désir sanctifie.

Prèchez; nous vous entendrons avec docilité, et la paix de Dieu, promise à ceux qui écoutent la parole de ses 4pôtres se répandra sur nous.— Puisse Jésus agréer l’accuell que nous vous faisons, comme fait à lui-même età son divin Père, et nous admettre en rétour dans cette cité sainte, où la fidèlité aux grâces reçues sur la terre, est récompensée par la gloire éternelle des cieux,

e sentimentttre à profit comble, et pus recevez e la disposi es, et voilà om je dis :

s du Christ, ie, fils de S, Hÿacinthe, 4 os mes ment, Nous t, parce que ‘dre cher à °ction, parce à la charité immoler au ance, parce ence diviné, tre parole, its de salut.

cricez votre ‘2 missions seiénernents roix, les méiants témoi

grandeurs, es enfants, bonheur de

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