Le 24 février
2. Nous en rapporterons quelques traits qui mettront le public en état de juger du reste. On fait dire à l'auteur du Discours préliminaire de rEncyclopédie, que Vinégalitê des conditions est un droit barbare, lorsqu'il a dit simplement que la loi du plus fort est un droit barbare-, on fait dire à l'auteur de l'article Gloire, que la religion qui éloigne les hommes de Camour d^une gloire mondaine, est une philosophie aussi vaine 9^ dangereuse-, impiété qui ne se trouve ni dans l'article Gloire, ni ailleurs; on prétend que les articles Ame et Dieu sont des Traités de matérialisme et d'athéisme, quoique ces articles soient tirés en entier des ouvrages de MM. Glarke et Jaquelot, les meilleurs que nous ayons contre les matérialistes pt contre les athées; on soutient, avec une assurance qui en a imposé aux magistrats, que les renvois du second de ces deux articles sont destinés à détruire les démonstrations de l'existence d'un Être suprême; et pour appuyer cette calomnie on tronque les articles et on rapporte infidèlement les passages (c'est ce que nous sommes en état de démontrer, si des ordres supérieurs l'exigent; car c'est à des juges respectables et éclairés, et non à des écrivains sans aveu que nous voulons ■""épondre); on prétend que l'Encyclopédie est une société formée pour détruire la morale et la religion, et on accuse en "^^me temps les auteurs de se contredire les uns les autres, ^ qui suppose bien peu de concert entre eux; on leur reproche d'avoir dit (avec saint Paul) que le culte que nous rendons à *^îeu doit être raisonnable; avec le P. Malebranche, que le
Si Tautorité juge à propos d'arrêter au milieu de son cours une entreprise contre laquelle on est venu à bout de soulever les personnes les plus respectables, les auteurs reconnaîtront sans peine que l'Encyclopédie, quoique très mal attaquée par ses adversaires, a pu être justement condamnée par ses juges; ils béniront la Providence qui les déchargera d'un fardeau que l'amour seul du bien public leur faisait supporter avec courage; et ils écriront avec autant de respect que de joie au bas de l'ordre suprême qui leur imposera silence : Deus nobis haec otia fecit.
bonheur de Thomme est dans le plaisir (comme si le mot de plaisir se bornait aux plaisirs des sens)Cavec les écrivains les plus respectables, que rintolérance et larf>ersécution sont contai traires à l'esprit du Christianisme^ enfln avec le plus puissant de nos rois, et avec le premier Parlement du royaume, que ^Pautorité légitime est fondée sur le contrat fait entre le souverain et ses sujets. L'Essai sur Vabus de la Critique en matière de religion offre quelques autres exemples plus ridicules encore des nouvelles imputations faites à l'Encyclopédie; et c'en est assez sans doute pour nous dispenser de répliquer en détail eu des calomniateurs imbéciles, qui ne cherchent en jouant Ife. rôle d'apôtres qu'une existence et des protecteurs, et par quila religion serait déshonorée, si elle pouvait l'être. D'ailleurs^, pour lire la réponse, il faudrait avoir lu les critiques; et q peut en avoir le courage?
Le Discours Préliminaire de TEncyclopédie a été reçu avec une indulgence qui ne fait qu'exciter ma reconnaissance et mon zèle, sans me fermer les yeux sur ce qui manque à cet ouvrage. J'ai averti, et je ne saurais trop le ï^péter, que M. Diderot est auteur du Prospectus de l'Ency- y \2^ clopédie, qui termine ce discours, et qui en fait une partie essentielle. C'est à lui qu'appartient aussi la table ou le système figuré des connaissances humaines, et l'explication w. ( 4^; ^^ cette table. J'ai joint de son aveu l'une et l'autre au ' I^iscours, parce qu'elles ne forment proprement avec lui ^'un même corps, et que je n'aurais pu les faire aussi bien.
Quoique le succès de l'ouvrage ait été fort au delà de son mérite et de mes désirs, j'ai eu le bonheur ou le malheur peut-être d'essuyer assez peu de critiques. On m'en a fait quelques-unes, qui sont purement littéraires, et auxquelles je me crois dispensé de répondre. Que m'importe en effet ^'l'on estime tant qu'on voudra 1& Rhétorique des collèges, ^a foule des écrivains latins modernes, la prose de Despréaux, de Rousseau, de La Fontaine, de Corneille, et de ^ant d'antres poètes ; qu'on regarde avec le P. Le Cointe un