‹ Discours préliminaire de l'encyclopédie (volume 2)Chapitre 73 sur 87 · Encyclopédie : « ce qui importe · texte numérisé non relu

Encyclopédie : « ce qui importe

DE l'encyclopédie ihi

tous les genres, excepté le sien, à un savant de profession; qu'il développera les vrais principes des choses ; qu'il en marquera les rapports ; qu'il contribuera à la certitude, et au progrès des connaissances humaines; et qu'en multipliant le nombre des vrais savants, des artistes distingués et des amateurs éclairés, il répandra dans la société de nouveaux avantages.

On * trouvera à la tête de chaque volume les noms

1. Encyclopédie : « Il ne nous reste plus qu'à nommer les savants à qui le public doit cet ouvrage autant qu'à nous. Nous suivrons autant qu'il est possible, en les nommant, Tordre encyclopédique des matières dont ils se sont chargés. Nous avons pris ce parti, pour qu'il ne paraisse point que nous cherchions à assigner entre eux aucune distinction de rang et de mérite. Les articles de chacun seront désignés dans le corps de l'ouvrage par des lettres particulières, dont on trouvera la liste immédiatement après ce discours.

Nous devons l'histoire naturelle à M. Daubenton, docteur en médecine, de l'Académie royale des sciences, garde et démonstrateur du cabinet d'histoire naturelle, recueil immense, rassemblé avec beaucoup d'intelligence et de soin, et qui dans des mains aussi habiles ne peut manquer d'être porté au plus haut degré de perfection. M. Daubenton est le digne collègue de M. de Buffon dans le grand ouvrage sur V Histoire naturelle, dont les trois premiers volumes déjà publiés, ont eu, successi- Tement, trois éditions rapides, et dont le public attend la suite avec impatience. On a donné dans le Mercure de mars 1751 l'article Abbille, que M. Daubenton a fait pour V Encyclopédie, et le succès général de cet article nous a engagé à insérer dans le second volume du Mercure de juin 1751 l'article Agate. On a vu par ce dernier, que M. Daubenton sait enrichir VEncyclopédie par des remarques et des vues nouvelles et importantes sur la partie dont il s'est chargé, comme on a vu dans l'article Abeille la précision et la netteté avec lesquelles il sait présenter ce qui est connu.

La théologie est de M. Mallet, docteur en théologie de la faculté de Paris, de la maison et société de Navarre, et professeur royal en théologie à Paris. Son savoir et son mérite seul,

des savants auxquels le public doit cet ouvrage autant qu'à nous et dont le nombre et le zèle augmentent de jour en jour.

sans aucune soUicitation de sa part, Font fait nommer à la chaire qu'il occupe, ce qui n'est pas un petit éloge dans le siècle où nous vivons. M. l'abbé Mallet est aussi l'auteur de tous les articles d'histoire ancienne et moderne ; matière dans laquelle il est très versé, comme on le verra bientôt par l'ouvrage important et curieux qu'il prépare en ce genre. Au reste, on observera que les articles d'histoire de notre Encyclopédie ne s'étendent pas aux noms de rois, de savants et de peuples, qui sont l'objet particulier du Dictionnaire de Moreri, et qui auraient presque doublé le nôtre. Enfin, nous devons encore à M. l'abbé Mallet tous les articles qui concernent la poésie, l'éloquence, et en général la littérature. Il a déjà publié en ce genre deux ouvrages utiles et remplis de réflexions judicieuses. L'un est son Essai sur Vétude des Belles-Lettres, et l'autre ses Principes pour la lecture des poètes. On voit, par le détail où nous venons d'entrer, combien M. l'abbé Mallet, par la variété de ses connaissances et de ses talents, a été utile à ce grand ouvrage, et combien V Encyclopédie lui a d'obligation. Elle ne pouvait lui en trop avoir.

La grammaire est de M. du Marsais, qu'il suffît de nommer- La métaphysique, la logique et la morale, de M. l'abbé Yvon, métaphysicien profond et, ce qui est encore plus rare, d'une extrême clarté. On peut en juger par les articles qui sont de lui dans ce premier volume, entre autres par l'article Aoib auquel nous renvoyons non par préférence, mais parce qu'étant court, il peut faire juger en un moment combien la philosophie de M. l'abbé Yvon est saine, et sa métaphysique nette et précise. M. l'abbé Pestré, digne par son savoir et par son mérite de seconder M. l'abbé Yvon, l'a aidé dans plusieurs articles de morale. Nous saisissons cette occasion d'avertir que M. l'abbé Yvon prépare, conjointement avec M. l'abbé de Prades, un ouvrage sur la religion, d'autant plus intéressant, qu'il sera fait par deux hommes d'esprit et par deux philosophes.

La jurisprudence est de M. Toussaint, avocat en parlement et membre de l'Académie royale des sciences et des belleslettres de Prusse ; titre qu'il doit à l'étendue de ses connaissances, et à son talent pour écrire, qui lui ont fait un nom dans la littérature.

Le blason est de M. Eidous, ci-devant ingénieur des années

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J'ai fait ou revu tous les articles de mathématiques et de physique générale^ j'ai aussi suppléé quelques articles, mais en très petit nombre, dans les autres

de Sa Majesté Catholique, et à qui la république des lettres l est redevable de la traduction de plusieurs bons ouvrages de ' diiTérents genres.

L'arithmétique et la géométrie élémentaire ont été revues par M. Pabbé de la Chapelle, censeur royal et membre de la Société royale de Londres. Ses Institutions de géométrie et son Traité des sections coniques ont justifié par leur succès l'approbation que l'Académie des sciences a donnée à ces deux ouvrages.

Les articles de fortification, de tactique, et en général d'art militaire, sont de M. Le Blond, professeur de mathématiques des pages de la grande écurie du roi, très connu du public par plusieurs ouvrages justement estimés, entre autres par ses Eléments de fortification réimprimés plusieurs fois; par son Essai sur la ca^tramétation ; par ses Éléments de la guerre des sièges, et par son Arithmétique et géométrie de Vofficier, que rAcadémie des sciences a approuvée avec éloge.

La coupe des pierres est de M. Goussier, très versé et très intelligent dans toutes les parties des mathématiques et de la physique, et à qui cet ouvrage a beaucoup d'autres obligations, comme on le verra plus bas.

Le jardinage et l'hydraulique sont de M. d'Argenville, conseiller du roi en ses Conseils, maître ordinaire en sa Chambre des comptes de Paris, des Sociétés royales des sciences de Londres et de Montpellier, et de l'Académie des Arcades de Rome. Il est auteur d'un ouvrage intitulé : Théorie et pratique du Jardinage, avec un traité d'hydraulique, dont quatre éditions faites à Paris, et deux traductions, Tune en anglais, Tautre en allemand, prouvent le mérite et l'utilité reconnue. Comme cet ouvrage ne regarde que les jardins de propreté, et que l'auteur n'y a considéré l'hydraulique que par rapport aux jardins, il a généralisé ces deux matières dans l'Encyclopédie, en parlant de tous les jardins fruitiers, potagers, légumiers; on y trouvera encore une nouvelle méthode de taiUer les arbres, et de nouvelles figures de son invention. Il a aussi étendu la partie de l'hydraulique, en parlant des plus belles machines de l'Europe pour élever les eaux, ainsi que des écluses et autres bâtiments que l'on construit dans i'eau. M. d'Argenville est encore avantageusement connu du

parties. Je me suis attaché, dans les articles de mathématique transcendante^ à donner l'esprit général des méthodes, à indiquer les meilleurs ouvrages où

public par plusieurs ouvrages dans différents genres, entre autres par son Histoire naturelle éclaircie dans deux de ses principales parties, la lithologie et la conchyliologie. Le succès de la première partie de cette histoire a engagé Fauteur à donner dans peu la seconde, qui traitera des minéraux.

La marine est de M. Bellin, censeur royal et ingénieur ordinaire de la marine, aux travaux duquel sont dues plusieurs cartes que les savants et les navigateurs ont reçues avec empressement. On verra par nos planches de marine que cette partie lui est bien connue.

L'horlogerie et la description des instruments astronomiques sont de M. J.-B. Le Roy, qui est l'un des fils du célèbre M. Julien Le Roy, et qui joint aux instructions qu'il a reçues en ce genre d'un père si estimé dans toute l'Europe, beaucoup de connaissances des mathématiques et de la physique, et un esprit cultivé par l'étude des belles-lettres.

L'anatomie et la physiologie sont de M. Tarin, docteur en médecine, dont les ouvrages sur cette matière sont connus et approuvés des savants.

La médecine, la matière médicale et la pharmacie, de M. de Vandenesse, docteur régent de la Faculté de médecine de Paris, très versé dans la théorie et la pratique de son art.

La chirurgie, de M. Louis, chirurgien gradué, démonstrateur royal au collège de Saint-Gôme, et conseiller commissaire pour les extraits de l'Académie royale de chirurgie. M. Louis, déjà très estimé, quoique fort jeune, par les plus habiles de ses confrères, avait été chargé de la partie chirurgicale de ce Dictionnaire par le choix de M. de la Peyronie, à qui la chirurgie doit tant, et qui a bien mérité d'elle et de V Encyclopédie, en procurant M. Louis à l'une et à l'autre.

La chimie est de M. Malouin, docteur régent de la Faculté de médecine de Paris, censeur royal, et membre de, l'Académie royale des sciences; auteur d'un traité de chimie, dont il y a eu deux éditions, et d'une chimie médicinale que les Français et les étrangers ont fort goûtée.

La peinture, la sculpture, la gravure, sont de M. Landois, qui joint à la connaissance de ces beaux-arts beaucoup d'esprit et de talent pour écrire.

L'architecture, de M. Blondel, architecte célèbre, non seule-

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Ton peut trouver sur chaque objet les détails les plus importants, et qui n'étaient point de nature à entrer dans cette Encyclopédie ; à éclaircir ce qui m'a paru

ment par plusieurs ouvrages qu'il a fait exécuter à Paris, et par d'autres dont il a donné les dessins, et qui ont été exécutés chez différents souverains, mais encore par son Traité de la Décoration des édifices, dont il a gravé lui-même les planches, qui sont très estimées. On lui doit aussi la dernière édition de Daviler, et trois volumes de l'Architecture française, en six cents planches; ces trois volumes seront suivis de cinq autres. L'amour du bien public et le désir de contribuer à Faccroissement des arts en France, lui a fait établir en 1744 une école d'architecture, qui est devenue en peu de temps très fréquentée. H. Blondel, outre l'architecture qu'il y enseigne à ses élèves, fait professer dans cette école par des hommes habiles les parties des mathématiques, de la fortification, de la perspective, de la coupe des pierres, de la peinture, de la sculpture, etc., relatives à l'art de bâtir. On ne pouvait donc, à toutes sortes d'égards, faire un meilleur choix pour V Encyclopédie,

M. Rousseau, de Genève, dont nous avons déjà parlé, et qui possède en philosophe et en homme d'esprit la théorie et la pratique de la musique, nous a donné les articles qui concernent cette science. Il a publié, il y a quelques années, un ouvrage intitulé : Dissertation sur la musique moderne. On y trouve une nouvelle manière de noter la musique, à laquelle il n'a peut-être manqué pour être reçue, que de n'avoir point trouvé de prévention pour une plus ancienne.

Outre les savants que nous venons de nommer, il en est d'autres qui nous ont fourni pour V Encyclopédie des articles entiers et très importants, dont nous ne manquerons pas de leur faire honneur.

M. Le Monnier, des Académies royales des sciences de Paris et de Berlin, et de la Société royale de Londres, et médecin ordinaire de Sa Majesté à Saint-Germain-en-Laye, nous a donné les articles qui concernent Vaim.ant et Vélectricité, deux matières importantes qu'il a étudiées avec beaucoup de succès, et sur lesquelles il a donné d'excellents Mémoires à l'Académie des sciences dont il est membre.

Nous avons averti dans ce volume que les articles Aimant et Aiguille AiMAirriB sont entièrement de lui, et nous ferons de même pour ceux qui lui appartiendront dans les autres volumes.

M. de Cahusac, de l'Académie des belles-lettres de Montau-

n'avoir pas été éclairci suffisamment, ou ne l'avoir point été du tout; enfin à donner, autant qu'il m'a été possible, dans chaque matière , des principes métaphysiques exacts, c'est-à-dire simples *.

Mais ce travail, tout considérable qu'il est, l'est beaucoup moins que celui de M. Diderot, mon collègue. Il est auteur de la partie de cette Encyclopédie la plus étendue, la plus importante, la plus désirée du public, et, j'ose le dire, la plus difficile à remplir; c'est la description des arts. M. Diderot Ta faite sur des mémoires qui lui ont été fournis dar des ouvriers ou par des amateurs *, ou sur les connaissances qu'il a été puiser lui-même chez m ouvriers, ou enfin sur des métiers qu'il s'est donné la peine de voir, et dont quelquefois il a fait construire des modèles pour les étudier plus à son aise. A ce détail qui est immense, et dont il s'est acquitté avec beaucoup de soin, il en a joint un autre qui ne f ' ' Jî^est pas moins, en suppléant dans les diflFérentes parties de V Encyclopédie un nombre prodigieux d'arlicles qui manquaient. Il s'est livré à ce travail, avec

ban, auteur de Zénëide, que le public revoit et applaudit si souvent sur la scène française, des Fêtes de Vamour et de Vhymen, et de plusieurs autres ouvrages qui ont eu beaucoup de succès sur le théâtre lyrique, nous a donné les articles Ballet, Danse, Opéra, Décoration, et plusieurs autres moins considérables qui se rapportent à ces quatre principaux ; nous aurons soin de désigner chacun de ceux que nous lui devons. On trouvera dans le second volume l'article Ballet, qu'il a rempli de recherches curieuses et d'observations importantes. Nous espérons qu'on verra dans toute son étendue l'étude approfondie et raisonnée qu'il a faite du théâtre lyrique. »

1. Encyclopédie : « On peut en voir un essai dans ce volume aux articles Action, Application, Arithmétique universelle, etc. »

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