‹ Discours prononce a l'Assemblee legislative le 25 Decembre, 1893Chapitre 2 sur 18 · LES CERCLES AGRICOLES · texte numérisé non relu

LES CERCLES AGRICOLES

au nombre de quatre cent onze sont résolument entrés dans l'arène. Leur puissance pour le bien est considérable, illimitée, se fait déjà efficacement sentir. Je dirai incidemment : un grand éleveur de l'Isle de Montréal, M. Andrew . Dawes m'écrivait l'autre jour : " Les cercles agricoles vont changer la face du pays, depuis qu'ils sont crées je n'ai pu suffire aux demandes de bétail de race."

La loi de la dernière session créant ces cercles a répondu, nous pouvons le dire, à un besoin réel. Elle a été la bienfaisante décentralisation agricole permettant aux différents groupes de la population rurale de s'organiser commodément, de tirer parti de l'expérience et des conseils de tous ceux qui d'ordinaire, dans la localité, guident l'opinion ; de faire d'eux des conseillers dévoués et bien écoutés conduisant doucement, mais sûrement, dans les sentiers nouveaux pour plusieurs, de la culture intelligente et rémunératrice.

Les membres d'un même cercle, à proximité les uns des autres, peuvent se rendre tous les bons services de voisins généreux : l'instrument coûteux acheté par le cercle sera, de ferme enferme, utilisé par la paroisse ; des discussions intéressantes auront lieu auxquelles on assistera en grand nombre, et pour cela, on n'aura pas une longue distance à parcourir. Quand le conférencier ou le missionnaire agricole sera annoncé il y aura foule à l'entendre.

Les sociétés d'agriculture ne peuvent répondre à tous ces besoins locaux. Leurs membres ont plus de peine à se réunir, vu les grandes distances à parcourir, aussi restreignent-elles leur action à la tenue d'expositions, aux concours de ferme et de labour pour tout un comté.

Nous étions loin de nous attendre au succès obtenu par cette législation sur les cercles ; pour ma part, je suis heureux de dire qu'il a grandemant dépassé mon attente. Les 411 cercles ont versé $27,000 pour l'amélioration de notre agriculture dans les différentes localités. Grâce à eux, notre journal d'agriculture compte maintenant 30,000 abonnés. Les cercles sont généralement présidés par les curés ou par des personnes influentes dans la paroisse ; le nombre de leurs membres s'élève au chiffre de 21,800; tout cela depuis un an à peine. La chambre se rappelle qu'au commencement de la présente session, afin d'ac. corder à ces cercles l'octroi d'une piastre par membre, nous avons dû placer la somme de $25,000 dans les estimés supplémentaires de 1893.

Si le mouvement se continue, nous aurons bientôt un cercle par paroisse.

J'ai tout lieu d'espérer que par eux je pourrai efficacement m'adresser à

un nombre considérable de nos agriculteurs. Ces associations reçoivent les

documents publics et les publications les renseignant sur les meilleurs moyens

de faire une culture rémunératrice.

Comme les sociétés d'agriculture, les cercles sont obligés de faire chaque année un rapport au département. En consultant ceux que nous avons déjà, nous pouvons nous rendre compte du résultat obtenu.

Je ne m'attarderai pas à vous citer ces rapports dont quelques uns sont pourtant bien intéressants. Dans le journal d'agriculture, autant que l'espace nous le permet, nous publions ceux qui peuvent servir de modèles. Les hono râbles députés lisent, je suppose, de temps en temps, ce journal lequel, je suis heureux de le constater est apprécié par la population de nos campagnes ; ils ont dû constater les heureux résultats auxquels sont parvenus, même des cercles ne possédant pas de grandes ressources. Dans plusieurs endroits le mode de culture a été notablement amélioré. Partout on discute, on lit, on s'instruit. Ici, à Lévis, on a accordé des prix pour les étables les mieux construites, les mieux tenues ; dans le co mté de l'Assomption, on est parvenu à mettre au service de toute une paroisse des reproducteurs de choix, et cola en augmentant les ressources de l'as30ciation. Ailleurs on a poussé avec vigueur la culture des fourrages verts, secret de la réussite dans l'industrie laitière. D'autres manquant d'engrais de ferme, ont consacré tous leurs revenus à l'achat de phosphate. Il fait plaisir de constater toutes ces tentatives nouvelles faites en commun, introduisant le bon exemple partout. C'est à faire espérer un progrès rapide et général.

Je ne doute pas que, lorsque nous demanderons un élève par paroisse pour nos écoles d'agriculture, nous aurons l'appui de toutes ces associations. Eépondant à l'appel d'hommes généreux et dévoués en qui elles ont confiance, elles semblent toutes décidées à marcher résolument dans la voie du progrès.

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