NOS ECOLES D'AGRICULTURE
Nous voulons les peupler d'élèves. Que sont elles ? Si elles ne sont pas encore tout à fait ce qu'elles devraient être, c'est que le travail a manqué au bon ouvrier. Devant une classe nombreuse le professeur se sent encouragé à enseigner tout ce qu'il sait. Devant des bancs vides son ardeur se calme sans qu'il y ait la moindre mauvaise volonté de sa part.
Que l'on soit sans crainte cependant, l'instruction donnée sera ce qu'elle doit être. Fort de l'aide intelligent à ma disposition, je puis l'assurer : que l'on me fournisse l'élève, je m'en charge. Les institutions à notre disposition sont suffisantes pour les besoins du moment. Quelques changements, quelques améliorations vont nous permettre d'utiliser le personnel dont les efforts n'ont pas jusqu'à présent, obtenu les succès désirés ; Et nous récompenserons ainsi de longues années de sacrifice et de dévouement.
Servons-nous de ce qui existe, encombrons nos écoles d'élèves. Quand les bourses seront prises que les élèves viennent tout de même, les parents ou les amis payant la faible pension exigée à l'école ou dans le voisinage. Qu'on se le tienne pour dit, les moyens de distribuer l'instruction théorique et pratique grandiront avec le nombre des élèves; nous y verrons. Quand ces écoles bien dirigées regorgeront d'élèves, nous songerons à d'autres institutions, heureusement alors devenues nécessaires. Mais je ne veux plus d'écoles vides? encore moins d'une grande école d'agriculture centrale qui, elle aussi, resteiait vide. Jusqu'à présent nous avons eu l'école sans écolier. Que les écoliers maintenant viennent par centaines, c'est à quoi nous allons travailler.
NOTRE.DAME DU LAC (Oka).
"La plus belle ferme du Canada" C'est ainsi que, dans un rapport récent, est qualifié l'établissement des KR PP. Trappistes. Ce rapport est signé par de bons agriculteurs, connus de tous, MM. G. Buchanan, juge du Mérite Agricole, M. Thomas Irving do la ferme Logan, M. Robert Nom
éleveur de Howick, comté de Chateauguay. Voilà une bonne école. Que celui qui veut en douter aille pendant une journée au moins jouir de l'hospitalité des bons Pères ; Il n'aura pas trop de tout ce jour pour lui permettre do jeter un coup d'œil rapide sur la vaste exploitation.
Nos élèves trouveront là de bons exemples dans toutes les branches de la culture du sol, et pourront en outre se mettre au courant de plus d'une industrie s'y rattachant.
La bonne théorie démontrée de suite par la pratique intelligente ; voilà le programme en un mot de cette école. Elle ne fait que de s'ouvrir et les élèves s'y présentent déjà en bon nombre. (1)
Ils font avec les Pères la culture en grand des légumes et des fourrages verts ; vont à tour de rôle à la beurrerie et à la fromagerie ; apprennent la greffe et la culture des arbres fruitiers, même la confection du cidre et des vins ; un beau vignoble est là tout prêt qui fait l'admiration des visiteurs.
Le bon Père prieur ne se contente pas de travailler de toutes ses forces et ressources à mettre son école sur un excellent pied, il pousse plus loin sa sollicitude. Nommé par Sa Grandeur Monseigneur l'archevêque de Montréal président des missionnaires agricoles du diocèse, il trouve le temps d'assister aux réunions et de faire sa part dans la grande œuvre commune. Ce n'est pas tout : il a fondé sur les bords du grand Lac St-Jean l'établissement de la Mistassini, iequel sera pour toute cette région ce qu'est la maison mère pour la partie ouest de la province.
Voilà un rude ouvrier, un grand travailleur.