AT
« qu'un exemple, le Seigneur a révélé à « un de ses serviteurs que les larmes et « les prières de Thérèse de Jésus avaient « converti autant d'idolâtres que l'hé- « roïque apostolat du grand François- « Xavier (1). » Tout ce qui se fait de bien dans l'Église, et même par les pasteurs, se fait, dit saint Augustin, par les secrets gémissements de ces colombes innocentes qui sont répandues par toute la terre (2).
Saint Antoine, rencontrant dans le désert le jeune Hilarion, le salua en lui disant :
« Sois le bienvenu, toi qui brilles comme « l'étoile du matin. » Le disciple répondit au patriarche : « La paix soit avec € vous, qui soutenez l'univers comme une « colonne. » Oui, c’est le propre de Dieu de se servir des instruments les plus faibles pour éclairer les peuples et les soutenir par la prière, et c'est le mystère que sant Paul a voulu nous faire connaître lorsqu'il a dit : Dieu a choisi ce qu'il y avait de (4) L'abbé 3. À. de Grenade, Saint Bernard, (2) De Bapt. Liv. NE,
mm AS
plus faible dans le monde pour confondre les forts (4). La prière du juste est plus forte que les complots les plus puissants et les plus pervers, elle est le meilleur.et le plus solide rempart des peuples. Cest dans les monastères, où la prière et la pénitence ne défaillent jamais, que l'Église trouve, comme dans des citadelles spirituelles, ses plus vaillants défenseurs, une milice toujours exercée.
Dans les desseins de ladorable Providence, tout chrétien est appelé à accomplir une sorte d’apostolat. Aussi le Saint- Esprit nous dit-il que Dieu à confié à chacun le soin de son prochain (2). Mais comment celui qui n’est pas chargé de la prédication de l'Évangile, de l'administraion des sacrements, peut-il concourir au salut de ses frères? Par une vie sainte, par la prière, par les expiations volontres, par la fermeté de la for. Quel n'é-
(A) E Cor. I.
(2) Unicuique mandavit Deus de proximo suo.
Eccli. 47, 41,
tait pas le zèle ardent de Marie de l'Incarnation pour tout ce qui concernait la gloire de Dieu et son culte, pour la réformation et la pureté des mœurs et surtout pour le salut des idolâtres? Comme « David, le zèle de la maison de Dieu la « dévorait, et lui faisait regarder toutes « les injures faites à Dieu comme des « outrages faits à elle-même (1). » Il y avait longtemps que son esprit tout apostolique se promenat dans les vastes forêts du Canada, où des âmes raisonnables, rachetées du sang de Jésus-Christ, gémissaient dans la dure et honteuse servitude du démon. « Dès mon enfance, 1l semble que « Dieu me disposait à la grâce que je « possède; car j'avais plus l'esprit dans « les pays éloignés, pour y considérer les « généreuses actions de ceux qui y tra- « vaillaient et enduraient pour désus- « Christ, que dans le lieu où j'habitaus:.
« Mon cœur se sentait uni aux âmes
(4) Zelus domus tuæ comedit me, et opprobria exprobrantium tibi ceciderunt super me, Ps. 68.