‹ Discours prononcé à l'occasion du 192e anniversaire de l'heureuse mort de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 4 sur 22 · VI AVAN3-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVAN3-PROPOS

prononce un panégvrique pour remettre sous les veux et rappeler à la mémoire de tous les admirables vertus qui ont brillé en elle. Celui qui a été prononcé en 186%, par M. l'abbé Ant. Racine, a été particulièrement remarquable, et lon nous à prié de le faire imprimer en un petit volume qui pût être répandu facilement, et contribuer à glorifier Dieu par l'exposé des vertus de sa servante.

Nous devions le mettre à la fin d'une Vre abrégée de la Mère Marie de l'Incarnation, à laquelle nous travaillons en ce moment, mas cette biographie ne pouvant être terminée que dans quelques mois, l'on nous a prié de faire paraître le Panégyrique en attendant.

= I nous semble utile néanmoins, pour l'intelligence plus complète du beau discours de M. l'abbé Racine, de donner une courte notice de la religieuse éminente qui en est l’objet.

Le premier Jour d'août 1639, la vénérée Mère Marie de l’Incarnation, religieuse

AVANT-PROPOS. VII ursuline de Tours, arrivait à Québec pour y fonder un couvent de son ordre, de concert avec Mme de la Peltrie, Jeune veuve âgée de 26 ans, qui avait résclu de consacrer toute sa fortune et de se dévouer elle-même à une œuvre dont Îles difticultés devaient paraître immenses à cette époque, mais dont les fruits devaient être incalculables. Elles étaient accompagnées de deux autres Ursulines, la Mère Saint-Joseph et la Mère Sainte-Croix, et d'une jeune personne encore séculière, Mlle Barré, qui avait voulu s'unir à leur zèle et partager leurs travaux. Le même vaisseau, parti de Dieppe au mois de mai, portait encore trois sœurs hospitalières, qui allaient fonder un Hôtel-Dieu à Québec.

Pour apprécier tout ce qu'il y avait d'héroïque dans une telle entreprise, 1l faut savoir qu'à l'époque dont nous parlons le Canada était presque uniquement peuplé de sauvages, taut les Européens qui avaient tenté de s’y éta"ir étaient en

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petit nombre. Ge qui rendait surtout leur position critique, c’est qu'ils étaient presque complétement dénués de protection contre les peuplades féroces, qui les regardaient comme leurs plus redoutables ennemis. La Mère Marie de lIncarnation écrivait en 1660, plus de vingt ans après :

« Si la divine Providence n'empêchait pas « les sauvages de voir le peu de Fran- € çais qu'il y à au Canada, il y a long- « temps que nous serions tous détruits « par ces barbares. »

On ne pouvait recevoir que des personnes charitables de France les choses indispensables pour le vêtement, la nourriture, les constructions, etc., et ces secours ne pouvaient arriver que tous les six mois. Malgré cela, les religieuses étaient dans la nécessité de faire l'aumône et de donner des présents à ceux des sauvages qui venaient se faire instruire. Il leur fallait en outre nourrir et entretenir à leurs frais les enfants qu'elles recevaient pour les élever dans leur monastère,

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