‹ Discours prononcé à l'occasion du 192e anniversaire de l'heureuse mort de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 9 sur 22 · AVANT-PROPOS, XVII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS, XVII

l'autorité de son pére, et trop faible, à dix-sept ans, pour opposer une résistance énergique, elle avait consenti à se marier, disant au reste à sa mère, comme par un pressentiment prophétique : « Ma Mère, « puisque c’est une résolution prise et “que mon père le veut absolument, Je «me crois obligée d’obéir à sa volonté € el à la vôtre; mais si Dieu me fait la « grâce de me donner un fils, je lui € promets dès à présent de le consacrer « à son service; et si ensuite il me rend € la liberté que je vais perdre, je lui «promets de m'y consacrer moi-même. »

Deux ans après, elle avait un fils et elle recouvrait la liberté qu'elle avait perdue.

Mais ce fils, pendant un certain nombre d'années, laissait voir des dispositions bien peu conformes aux désirs de sa mére : voilà pourquoi elle ne cessait d'adresser des prières au Ciel et de s’imposer des sacrifices pour lui obtenir enfin la grâce de la vocation religieuse. Dieu ne put résister à tant de larmes et à de si

XVIHI AVANT-PROPOS.

ardents désirs. Le jeune Claude Martin devint un sant religieux bénédictin.

Elle obtint des grâces de conversion

pour bien d’autres âmes à la sanctification desquelles elle s'intéressait. En général, elle avait un tel désir de glorifier Dieu par l'exercice du zèle apostolique, qu'elle s'offrait, dit Claude Martin, « comme une

victime prête à souffrir toutes sortes de supplices, afin de presser le Père éternel de mettre son époux en possession d'un héritage qui lui était dû à tant de titres. Outre le martyr continuel qui résultait de l’ardeur même de ce zèle, elle désirait être crucifiée, déchirée, brûlée, tourmentée pour une cause qui lui paraissait si juste. Et même la cruauté des tyrans lui semblant trop douce, et les peines qu'ils faisaient souffrir aux martyrs trop légères, elle s'offrait pour souffrir jusqu'au jour du jugement universel les peines de l'enfer et la cruauté des démons, en conservant la grâce et l'amour de

AVANT-PROPOS. XIX € Dieu, pour obtenir de ec divin Père «une chose en comparaison de laquelle € aucun sacrifice ne pouvait être mis. »

On comprend qu'une âme qui correspondait de la sorte à l’action de la grâce en elle, se trouvât tellement remplie de l'Esprit de Dieu, qu'elle parût plutôt appartenir au ciel qu'à la terre. Telle était en effet cette admirable femme, dont la population entière du Canada conservera à Jamais le précieux souvenir, et dont elle aime à entendre exalter les héroïques vertus. C'est pour répondre à ce pieux sentiment des fidèles de Québec, ei Surtout des religieuses qui continuent l'œuvre fondée par la Mère Marie de l’Incarnation, que M. l'abbé Racine a fait entendre le panégyrique suivant dans l'église des Ursulines, le 30 avril 1864.

Ce beau discours, imprimé à la fin du tome ÏT de l'Histoire des Ursulines de Québec, est précédé de l'avis suivant :

€ Dans le premier tome de cette His- « loire, nous avons mentionné l'usage

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