SÉANCE DU 25 FÉVRIER
qué scs premiers pas par des découvertes qui ouvraient à la science des plantes de vastes et lumineux horizons. Commencée de bonne heure, sa vie scientifique a été longue, et, pendant son cours, il a touché avec la même supériorité à toutes les branches de la botanique, les dotant toutes de travaux du premier ordre, et conquérant ainsi glorieusement sa place à la tète des botanistes de notre époque. Il n'a même pas connu cet affaissement des facultés intellectuelles qu’amène trop souvent la vieillesse, et la mort l’a surpris poursuivant ses éludes des plantes fossiles avec une ardeur presque juvénile, sans (pic l’Age eut affaibli en lui ni la rigoureuse exactitude dans l’observation des fails, ni la merveilleuse sagacité dans l’art de les expliquer, qui ont été les caractères essentiels de tous ses travaux.
Né à Paris, le 14 janvier 1801, M. Adolphe-Théodore Brongniart puisa
prononcé pour les sciences naturelles dans
de bonne heure un goût
l’exemple et, sans doute aussi, dans les conseils de son illustre père, M. Alexandre Brongniart. Sous cette impulsion, en même temps qu’il se préparait à prendre le grade de docteur en médecine, il s’abandonnait avec bonheur à cet amour de la nature qui devait faire sa gloire, et cultivait avec un succès presque égal la Botanique et la Géologie. Dès 182:2, il publiait un bon mémoire sur la classification et la distribution des végétaux fossiles; trois ans plus tard il embrassait l’ensemble de la famille des Champignons dans une classification naturelle des genres qui la composent ; et en même temps il se livrait à une longue série de recherches d'une extrême délicatesse, qui devaient lui fournir les matériaux d’un travail du premier ordre. Il préparait, en effet, son célèbre mémoire sur la génération et le développement de l’embryon végétal qui, présenté à l’Académie des sciences, le 26 décembre 1820, lui valut, en 1827, le grand prix de physiologie expérimentale. Dans cette oeuvre devenue aussitôt classique, il jeta un jour tout nouveau sur le fait le plus important delà vie des plantes, et, s’il ne déchira pas entièrement le voile qui avait caché jusqu’alors le mystère de la fécondation, il n'en laissa du moins subsister que la faible portion qui couvrait les dernières phases de ce phénomène. On a peine «à comprendre l’activité scientifique que déployait alors M. Brongniart; l'histoire de la science ne nous présenterait peut-être pas l'exemple d'un autre savant qui, sous ce rapport, put lui être comparé, et cette activité s’exprimait par des ouvrages dont aucun ne portait l’empreinte de la précipitation, qui tous, au contraire, étaient remplis d’observations aussi exactes que délicates, de déductions logiques, de généralisations inspirées par ce que je ne crains pas d’appeler le génie de la nature. C’est, en effet, dans le court espace de six années qu’il a publié non-seulement les travaux que je viens de rappeler, mais encore une bonne monographie des genres qui composent une grande famille de plantes dicotylédones (Rhainnées), des considérations fécondes en résultats importants sur la nature de la