‹ Discours prononceChapitre 10 sur 12 · ÉNONCÉS NON FONDAS · texte numérisé non relu

ÉNONCÉS NON FONDAS

Mais ces énoncés sont-ils fondés? Je ne les crois pas fondés, M. l'orateur. Je •rois que l'Eglise de Rome enseigne plusieurs doctrines et plusieurs dogrwe* entachés des plus graves erreurs : je suis tout a fait opposé à ces choses.

M. WiilTE (Hastings.) 'Vous croyez trop de choses ; voilà où est l'embarras. M* BLÀKJB: C'est vrai, je crois peut-être trop de choses. Je ne dirai pas nue l'honorabie membre croit tout ce qu'il dit ; j'espère qu'il le croit. Je me suis efforcé selon mes faibles moyens, et mes humbles capacités, de favoriser, le mieux que i'ai pu le faire, la diffusion de ces principes de la religion protestante, de ces doctrines de l'Evangile et de la Bible que je professe. Je fais ce que je nuis dans ce sens et je l'ai fait pendant des années; ce n'est pas beaucoup, mais 'ai fait ce que j'ai pu. Je crois qu'un agent très-puissant pour accomplir cette tin serait une plus grande union parmi les dénominations protestantes; et j'ai toujours désiré voir s'accomplir une semblable union pour le plus grand progrès de l'Evangile d'après les idées que nous professons. Je vois— et je m'en reîoui»— qu^îl existe une tendence à celte union, dans l'organisation de ces sociétés où se mêlent les ministres et les fidèles de diverses dénominations, où ils oublient leurs divergences d'opinions et apprennent à connaître ce qu'il y a de mieux dans leurs doctrines; c est là aussi qu'ils voient sur qu'elles idées ils s'accordent Je me réjouis de l'existanee des alliances evangehques, des Young Weri s Christian Association et des associations de ministres, telles que celles qui existe dans la ville que j'hubite— j'ai travaillé de concert avec des Orangistes dans le Svnodede mon église et ailleurs ; ils ont sympathisé avec moi et j ai sympathisé avec eur. je ne m'accupais pas de nos divergences d'opinions en politique, ils n'ont iamais rendu nos serrements de mains moins affectueux m moins dévouée notre coopération à l'œuvre de notre Eglise, et je regrette que certains honorables membres de la droite saisissent une occasion de ce genre pour fomenter la division mèjne parmi ceux qui appartiennent à la même église, en proférant et en faisant circuler ces eolomnies contre moi et en disant que j'ai abandonne mes principes protestants parce qu'il m est impossible, en conscience, d'appuyer un bill pour la constitution en corporation d'une société qui propage des opinions comme celles que j'ai citées. Je sais que l on se méprendra et que 1 on s'est mépris sur le sens de mes paroles et que. dans ma province et ailleurs, des hommes seront induits en erreur au sujet de ce que j ai dit ce soir. Je ne puis rien y faire- j ai senti que c était pour moi un devoir de parler ainsi : j ai du le faire Je sais que des gens seront induits en erreur par des politiques artificieux qui revêtent la livrée de la religion et celle de la charité pour favoriser leur parti. Si nous pouvions oublier nos divergences d'opinions et consentir a agir de concert dans toutes les œuvres de charité, indépendamment de nos croyances— comme, J)ieu merci, nous pouvons nous accorder quand il s ici t de certaines œuvres de charité, bien que nous ne nous accordions pas en religion - ce serait un résultat des plus heureux. Mais aujourd'hui, que faitesvous ? Vous encouragez ces calomnies au détriment d'une autre église; vous venez déclarer— faussement, comme je le crois— que les doctrines de cette église, a laquelle vous n appartenez pas, sont détestables sous ces rapports et que tout vrai protestant doit prendre la même position. Je crois qu avant longtemps, vous aurez à vous repentir de la ligne de conduite que vous adoptez la.

Or ie désire une certaine influence protestante pour la diffusion des idées que ie crois vraies; mais je désire qu'il n'y ait pas d'influence protestante comme ielle à laquelle font allusion les chefs du parti Orang;ste-to.y, lorsqu'ils parlent de cette influence protestante qui existait autrefois en Irlande et qu'ils regrettent tant Je ne désire pas cette espèce d'influence protestante, et, dans mon désir de favoriser ma croyance, je n'encourage pas l'emploi d'armes comme celles lont se servent l'honorable membre et d'autres chefs orangistes. Je crois que mes concitoyens catholiques sont fidèles et loyaux à la Couronne et aux libres institutions de ce pays. Je crois qu'ils ne pensent pas que le fait de manquer de loyauté envers un hérétique ne constitue pas un pèche et que le fait de le tuer ne constitue pas un meurtre, je n'ai pas oublié la protestation faite contre de emblables eolomnies par les prélats irlandais, le 25 janvier 1826, dans un

document contenant plusieurs énoncés de foi et de doctrine, sur lesquels les n-otestants et les catholiques romains sont diamétralement opposés. Mais il mfermo deux énoncés qui concerne notre système social et politique et noa

ations comme citoyens d'un pays commun, voici :

Les Irlandais catholiques jurent que les catholiques d'Irlande ne croient pas que le pape de Rome, ou tout autre prince étranger, prélat, gouvernement ou souverain ait ou doive avoir quelque juridiction, pouvoir, supériorité, ou prééminence temporelle ou civile, directement ou indirectement, dans ce royaume ; et cela, sans aucune restriction mentale ou dispense

Les prélats continuent :

" Après cette déclaration complote, explicite et attestée, nous ne pouvons pas du tout concevoir pour quelle raison l'on pourrait se baser pour nous accuser de ne pas nous montrer entièrement soumis à notre très gracieuse Souveraine.

Et relativement à l'autre accusation insultante, ils disent ceci :

'• Les catholiques d'Irlande, non seulement ne croient pas, mais déclarent sous serment qu'ils repouseent comme non chrétienne et impie la croyance qu'il est permis par la loi de tuer ou de détruire une personne ou des personnes quelconques, sous le prétexte qu'elles sont hérétiques; et, aussi, le principe que l'on ne doit pas être loyal envers des hérétiques."

Dans ces documents, vous trouvez des déclarations claires qui contredisent les allégations qui n'auraient pas dû être faites et que, pourtant, il n'aurait pas été nécessaire de contredire ; et cependant, M. l'Orateur, nous avons vu il n'y a pas dix ans, il n'3- a pas cinq ans, il n'y a pas un an, mais pendant les quelques jours qui viennent de s écouler, nous avons vu, dis je, répéter la plus blessante de ces allégations, lesquelles, si elles étaient fondées, indiqueraient un état de choses subversif des libres institutions de notre pays. Or, je ne suis pas disposé à considérer comme meurtriers, traîtres et déloyaux près de la moitié de mes concitoyens. Je ne crois pas que la cause du protestantisme, de la vraie religion ; je ne crois pas que la diffusion de l'Evangile, la paix et la prospérité, le bien être et le bon gouvernement de cette confédération serait favorisés si 1 Etat reconnaissait cette société secrète, organisée et dirigée telle quelle est dans Ontario et qui se dévoue à la propagation d opinions du gc\)v^. de celles que j ai fait connaître.

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