‹ Discours prononcé (volume 2)Chapitre 1 sur 2 · C. A. MARSAN · texte numérisé non relu

C. A. MARSAN

Avocat bi ON Ni Ale

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Monsieur le Président, Messieurs,

Je ne me suis pas encore tout à fait remis des effets de la chaude réception qui m : été faite par les citoyens du Sault-Sainte-Marie, Ontario, à mon retour d'Europe. Leurs applaudissements enthousiastes et leurs compliments flatteurs hantent encore mes nuits. Mais sous le flot éloquent de leurs louanges j’ai découvert comme un courant caché de plaintes et de reproches. De fait, il aurait été dit dans le cercle de mes plus proches connaissances, sans qu’on cherchât même à le dissimuler, que j'étais, au moins sous un rapport, indigne du titre de citoyen du Sault-Sainte-Marie ; et ce, parce que j'avais été trop longiemps et que j'étais encore célibataire. Trop longtemps j'avais apparemment été indifférent aux charmes et aux délices que l’on ne trouve que dans la société du beau sexe sans lequel il n’est pas de vrai benheur dans la vie. Pour ma défense, je me trouve dans la nécessité de vous faire la confidence d:s motifs qui m'ont valu cette regrettable réputation, car je serais véritablement trop malheureux si mes amis du Sault-Sainte-Marie, Michigan, devaient ajouter leurs critiques à celles de leurs amis du Canada.

Je vous confesse donc que depuis longtemps je suis. amoureux. Ma situation sous ce rapport est embarrassante, car je suis et j’ai été amoureux d: deux personnes à la fois. Les charmes de ces deux... dames semblent incomparables et sont identiques. Sous le rapport de la complexion, de la stature et des avantages physiques aussi bien qu'’intellectue! «Iles sont également charmantes. Quand je suis dans ociété de l’une, ma joie est complète ; sijesuisave. .utre, je suis parfaitement heureux. Et quand: je suis seul, je pense À ce vieux refrain ‘Old John Gay,’’ que je me répète à moi-même : ‘ Comme je pourrais être heureux avec l’une si l’autre charmeuse n’y était pas ”” Partagé entre ces deux flammes qui prennent ainsi mon temps et mes soins, quel mal n’aurais-je pas À rendre une femme heureuse s’il me prenait la fantaisie de me marier !

L'embarras de ma pe. ion est encore augmenté du fait que ces deux jumelles portent le même nom, le doux et euphonique nom de ‘‘ Soo.”’ Est ‘e que 1a confession

ne m'attire pas votre sympathie? Je me flatte de l'espoir que, dans l'occurence, il ne sera fait ici aucune remarque désobligeante sur mes infortunes personnelles.

Un citoyen enthousiaste de votre ville me disait aujourd'hui qu'enfin le Sault-Sainte-Marie commençait à sortir de ses limbes et à grandir ; et que, grâce aux efforts individuels et collectifs des habitants du Sault, comme aussi grâce à l'appui de leurs alliés du dehors, cette petite ville assise sur les rapides allait vite se développer au point de devenir une importante métropole. La remarque bienveillante de mon interlocuteur est toutefois inexacte ; le point géographique sur lequel est située la présente cité, — disons la future métropole du Sault-Sainte-Marie,—a été pendant des millions d'années dans un état de formation. Le progrès que le Sault a fait pour arriver à sa présente forme, a connu de nombreuses interruptions, et ce progrès n'a peut-être pas été plus uniforme que continu : mais la raison d'être de la ville, dont ve 1s pouvez croire que vous avez vous-mêmes établi les fondations, remonte plus haut que le présent siècle. Lorsque, de par les lois de la nature, anti-datant non seulement l'expérience humaine, mais l’humaine conception, le globe que nous habitons n'était, à l’origine, qu'un nuage de vapeur, ce nuage en se condensant, prit la forme d'une goutte de liquide, qui à son tour, dans l’évolution des âges, s'incrusta de matière solide et forma cette boule ronde qu'on appelle la terre. Les convulsions, l’émiettement, ainsi que les craquements dus à la contraction de la surface de la terre et à l'expansion des gaz intérieurs, produisit la première configuration de la surface du globe, d'où il résulte que nous y trouvons de hautes montagnes, des mers profondes, de longues rivières et de grands lacs. Notre inteiligence, aidée de tous les raisonnements humains, ne peut pas concevoir, et ne pourrait imaginer, que les lignes topographiques de la terre soient dues à une force raisonnée, mais reconnait dans cette évolution l’action aveugle de la loi de gravitation qui, en faisant surgir les montagnes dans l’air a, en même temps, creusé les vallées et les mers. De telle sorte que lorsque ce grand échancrement que nous appelons mainterant le lac Supérieur se produisit au sein de laterreetr ‘. ‘ut comblé par les pluies du ciel jusqu’à débr.demce.…, cette surabondance se chercha un déversoir naturel, d’abord à l'endroit de cette fameuse digue de castors située entre le lac Iroquois et le Gros Cap; mais, finissant par briser leurs entraves, les zaux du lac vinrent trouve: ‘eur dernière et permanente

barrière sur la vieille crète de pierre rouge du Sault- Sa'nte-Marie, C'est à cette époque reculée que le Sault- Seinte-Marie a réellement commencé sa formation : mme emplacement destiné à contenir une grande agglomération d'hommes, et personne maintenant ne doute que cette ville ne devienne un lieu de résidence et d'occupation lucrative pour des centaines de milliers d'individus. Je nie qu'il soit dû à aucun de nos citoyens—fût-ce le plus industrieux,—à ses efforts d'imagination, ou à son amour du progrè: que le Sault-Sainte Marie soit en voie de devenir une cité populeuse, La condition primordiale et en quelque sorte justificative de toute grande ville gît en premier lieu dans sa situation topographique ; mais son développement dépend aussi, en second lieu, de la nature de Ja région qui l'entoure, L'humanité se distingue des différentes autres manifestations de vie par le dégré élevé auquel son intelligence et sa puissance de raisonnement peuvent être portées. Ces représentants .:« à race humaine qui, soit par accident ou à dessein, soni devenus des résidents du Sault-Sainte-Marie, auraient été au-dessous de la moyenne de leur race en fait de perspicacité et de clairvoyance s'ils n'avaient vu et apprécié les avantages extraordinsires qui existent ici, n'attendant qu'une direction int:lligente pour faire de cet endroit un lieu de résidence tout-à-fait exceptionnel et où pourront s'établir en toute sécurité un grand nombre de personnes.

Vous voyez que je touche à la question personnelle ; mais tout en mettant À votre crédit l'intelligence et le courage pratique que vous avez déployés et qui sont indispensables à tout pionnier cherchant à améliorer sa position, je n'hésite pas à dire que nous n’aurions droit, aussi bien vous que moi, qu'à être classés dans l4 catégorie des indolents si, en venant ici, nous n'avions pas su apprécier les conditions favorables qui nous entouraient et si no:: ne nous étions employés de toutes nos forces physiqu et intellectuelles à les développer. J'ajyrévie comme elle le mérite cette réception si courtoise *: «i cordiale que vous m'offrez à mon retour d'un voyage plus long que d'habitude ; mais, je ne dois pas me laisser aller à la vanité, et je refuse d'accepter vos félicitations si elles m'attribuent quelque rare ou extraordinaire mérite individuel. J'aurais été bien stupide ou, si vous voulez, d’une intelligence bien médiocre si, cherchant à engager des capitaux dans le développement d'une force hydraulique, et me trouvant en face du Sault- Sainte-Marie, son importance ne m'avait pas frappé: si,

développant ce pouvoir hydraulique, j'avais été assez aveugle pour ne pas voir tous les matériaux qui existent alentour et si, ayant besoin de ces matériaux, je n'avais pas pris les moyens nécessaires pour les amener jusqu'à nos roues hydrauliques. Et je me plais à reconnaître que vous avez été, en quelque sorte, mes associés, mes aides dans l'entreprise et la mise à exécution de ces développements qui aujourd'hui promettent de si beaux résultats Vous avez tous également contribué à ce saccès, chacun pour sa part et dans la sphère qui lui était réservée. Ces résultats ont été obtenus par la cohésion de nos efforts; mais les seules personnes qui aient réellement droit à vos félicitations et à votre gratitude pour la réalisation de vos espérances, sont ces gens courageux et entreprenants de la ville du ‘‘ Brotherly Love," ces Philadelphiens, qui ont eu confiance en vous et en moi, comme aussi dans le Sault-Sainte-Marie. C'est à cette confiance que non: devons les capitaux considérables qui étaient nécessaires pour appliquer à ces ressources naturelles les moyens artificiels ou mécaniques de les mettre en valeur. Philadelphie, mes amis. a toujours joui, depuis William Penn, d'une réputation que l'on pourrait qualifier de rétrograde ; mais j'ai pu me convaincre par mes observations personnelles que Benjamin Franklin n'avait pas été si mal inspiré lorsqu'il était allé à Philadelphie surprendre les secrets de l'Eclair, Eh! bien, ce sont des es prits éclairés de là-bas qui nous ont faits, vous et moi leurs agents ; et comme tels nous allons ouvrir au monde, et pour son très grand avantage, la seule porte par où puissent passer les immenses trésors na’ ‘ls qui nous entourent

En ma qualité de représentant personnel de ces capitalistes pleins de confiance et de foi dans notre avenir, vous m'avez invité À venir recevoir ici ce soir des félici tations que je serai heureux de leur transmettre, car je vous l'ai dit, à eux seuls revient tout le mérite des heureux auspices sous lesquels se trouve aujourd'hui placé le Sault-Sainte-Marie.

Il vous fe pes élémentaires sur lesquels reposent nos entreprises hydrauliques du Sault-Sainte-Marie afin que vous puissiez juger par vous-mêmes des probabilités d'un avancement et d'un progrès ininterrompus pour votre ville. D'a ee me n'est jamais devenu riche en prenant de l'argent dans une de ses poches pour le mettre dans l'autre. C'est en

à peut-être plaisir de connaître les princi

vous devez voue hien persuader at

introduisant parfois sa main dans la poche de son voisin que l’on peut espérer d'augmenter sa fortune. Nos amis du Sault dont la situation financière semble progresser chaque jour davantage comme courtiers et spéculateurs de terrains: nos amis les marchands. dont les Magasins sont chaque jour visités par une clientèle plus nombreuse : nos amis les propriétaires d'hôtels qui voient leurs listes de voyageurs s'allonger à l'arrivée de chaque train, auraient certainement à souffrir un retour aux conditions de marasme financier qui prévalaient ici auparavant si les travaux que nous avonsexécuiés, et qui ont mis tant d'argent en circulation parmi vous, n'étaient pas appelés à devenir d'heureuses entreprises manufacturières dont la marche régulière et les produits qui en découlent, feront continuellement sortir de l'argent des poches d'autres régions adjacentes où éloignées. Une ville manufacturière au-dessus de laquelle on peut toujours voir flotter la fumée de ses fournaises en pleine opération, et dont le bruit des roues de transmission se l'ait sans cesse entendre, offre certainement une source incomparable de bien-être matériel à ceux qui l'habitent, Si elle est bien située et que la matière brute soit à proximité, ses produits manufacturés iront aux quatre coins du globe et forceront bien à sortir de la poche des autres l'or nécessaire à faire circuler un sang toujours plus riche ct plus abondant dans ses veines commerciales. Mais si quelque jour la fumée cesse de monter à travers la haute cheminée, si le bruit des roues hydrauliques vient à cesser, alors en un instant, la vie de l'ouvrier et du commerçant, aussi bien que celle du banquier, de joyeuse qu'elle était, se change en une existence de désappointe ment, peut-être de misère, Vous voyez donc combien il est nécessaire qu'il n'y ait aucune interruption dans la marche d'une manufacture,

Une seule raison de par le monde entier oblige les fabriques à fermer, et cette raison, c'est lorsqu'elles cessent de rapporter des profits à leurs proprictaires, Mais depuis que les progrès de la civilisation ont fait naître tant de besoins artificiels, sans diminuer les réels. il semble qu'il n'y ait plus de raison pour qu'aucune manufacture au monde puisse jamais être fermée. Voici ce qu''arrive. Le flux et le reflux existent en matière commerciale, peut-être pas aussi régulièrement, mais aussi sûreinent que le flux et le reflux des marées de l'océan Peñdant que certaines industries traversent de bonnes périodes, d'autres en subissent de mauvaises: dans certaines

parties du globe telle industrie verra de beaux jours, tandis que dans d'autres contrées la même industrie sera, à la même époque, en proie à la plus grande dépression. Ces fluctuations extrêmes ont cependant diminué en même temps que grandissaient les facilités de transport autour du globe ; car, grâce à elles, les ressou,ces d'une région peuvent être envoyées dans une autre où ces mêmes produits sont en demande et ce, à un coût de transport qui sans cesse va diminuant ;: de cette manière un surplus est envoyé là où il existe un déficit et l'on arrive ainsi à réduire de plus en plus la différence entre les prix les plus élevés et les plus bas des marchés commerciaux. Malgré cela, il arrive journellement que sous l'effort de ce tlux et ce reflux dont je viens de parler, celles d'entre ces manufactures qui sont forcées d’employer j lus de matière première et de force motrice que d'autres industries concurrentes ou similaires se voient obligées d'arrêter jusqu'au retour d'une nouvelle marée de besoins qui leur permettra de rouvrir leurs portes dont la ciôture avait engendré la gêne, et peut-être la détresse tout alentour. La diminution constante des profits que font les manufacturiers, due, comme je l’explique,au fait que les produits d'une manufacture topographiquement bien placée, peuvent promptement et économiquement être introduits dans une région où se trouvent d'autres fabriques moins favorisées sous ce même rapport. porte les hommes d'affaires prudents et sages à étudier de très près Ja question de ressources naturelles «avant de se jeter dans l'établissement coûteux d'un important outillage. Une semblable étude a été faite au Sault-Sainte-Marie par les capitalistes de Philadelphie dont l'argent est aujourd'hui dépensé au milieu de vous. Les conclusions auxquelles ils en sont arrivés ont eu pour résultat cette dépense même.

Il sera peut-être intéressant pour vous de savoir avec quel soin ces recherches ont été conduites. La force motrice produite par l'écoulement au Sault-Sainte-Marie de cette surabondance des eaux du lac Supérieur, a naturellement été la cause première et déterminante. La permanence de cet écoulement est aussi certaine que le sont les pluies du ciel. L'analyse chiinique a prouvé que l'eau de ces rapides ne pouvait être surpassée par aucune autre pour tous usages manufacturiers. Quant au coût de son utilisation, ii à été étabii par les caicuis techniques ordonnés à ce sujet, que chaque cheval de force coûtait moins cher de développement au Sault que partout ailleurs

où des pouvoirs d'eau importants étaient mis en valeur. I1 fut constaté que les facilités de transport pour amener sur ce point la matière brute étaient pour ainsi dire sans parallèles dans le monde. Plus d'un million de milles carrés de forêts vierges au nord, à l'onest et à l'est, des minerais de grande valeur et un sol fertile, ont en quelque sorte été rendus tributaires du Sault par trois lignes transcontinentales de chemin de fer, et par cette mer intérieure libre qu'est le Lac Supérieur.

Une nouvelle artère seulement manquait au nord pour mettre le Sault en communication avec un autre territoire aussi important que vaste, et vous savez que Ja construction de cette artère a été entreprise par ces mêmes capitalistes de Philadelphie. D'autre part, toute la réserve de richesses naturelles de cette immense contrée au sud et À l'est des lacs Michigan, Huron et Erié,—qui est bien le centre le plus populeux des Etats Américains, — s'est trouvée, grâce à des moyens de transport par eau économiques, À pouvoir atteindre le Sault aussi facilement et saus plus de frais que s'ils n'étaient qu'à une distance de cent milles par chemin de fer, Ces mêmes moyens de transport permeticnt naturellement d'y renvoyer les produits manufacturés à des conditions aussi avantageuses, pendant que, grâce à un sage et prévoyant emploi des deniers publics par les gouvernements Américain et Canadien, les pays les plus éloignés du nôtre peuvent envoyer leurs bateaux charger aux portes mêmes de nos usines du Sault.

Comme notre entretien est tout confidentiel, et que nous tous qui y participons avons un intérêt mutuel dans la question, je ne puis pas vous cacher, en même temps que j insiste sur les nombreux avantages qui attendent le manufacturier au Sault, —qu'il y existe certains désavanlages. La question du développement des rapides du Sault-Sainte-Marie a soulevé certaines considérations d’un caractère assez rare, Ainsi nous nous trouvons en présence du fait que les frontières américaine et canadienne se confondent au milieu de la même chute d'eau. ct que, par conséquent, la possession et l'utilisation de celle-ci doivent appartenir par moitié aux deux pays limitrophes,

Comme conséquence, il nous a nécessairement fallu étendre nos investigations aux domaines de la Couronne Anglaise, Les conditions physiques et matérielles du Canada nous étaient comparativement familières, tandis que les côtés caractéristiques du peuple canadien, sus le rapport politique, économique et social, étaient restés

jusque là, lettre morte pour nous. Les nombreux champs d'exploitation industrielle offerts au capital américain, dans les limites des Etats-Unis n'avaient pas encore induit beaucoup de nos financiers à chercher des placements de ce genre en pays étranger. Dans notre cas particulier, il était évident — laissant de côté cette question de tarif entre les deux contrées —que l'exploitation économique des ressources canadiennes devait être conduite d’après les principes similairement employés aux Etats- Unis. Tel fut le point de départ de notre enquête qui, dès lors, continua jusqu’à ce que son résultat nous par ût satisfaisant.

Un Canadien prétendit une fois que ses compatriotes étaient la preuve la plus convaincante que la théorie de Darwin n'avait rien que de rationnel, en ce sens qu'ils étaient un exemple frappant ‘‘of the survival of the fittest, et mon observation personnelle, depuis cinq ou six ans que je vis au milieu d'eux, me porte à croire que cette revendication ne manquait pas de fondement. Eneffet, le rude Ecossais, le spirituel Français, le flegmatique Scandinave et l’Irlandais vif, se sont tous assimilés avec l'Anglais pour constituer une race robuste et intelligente, dont les us et ..utumes ainsi que les qualités morales n'ont rien à envier aux parties les plus favorisées des Etats-Unis sous ces rapports. Convaincus que notre mise de fonds dans des affaires canadiennes jouirait de la même protection éclairée que les capitaux étrangers reçoivent aux Etats-Unis, nous n'avons pas hésité à nous lancer dans le développement des ressources de ce pays de la matière que vous savez, et que nos amis du Canada sont assez aimables de considérer comme une remarquable illustration d'énergie et d'entreprise américaines,

Nos opérations au Sault-Sainte-Marie, Ontario. et au Sault-Sainte-Marie, Michigan, progressent simultané. ment, et seron' toutes mises en activité vers le même temps. La variété et l'étendue si considérables des ressources canadiennes avoisinant nos usines, ou pouvant y être amenées facilement, tous ces matériaux qui n'attendent que l'énergie humaine aidée des moyens mécaniques perfectionnés dont nous disposons pour être utilisés avec fruit, ne se trouvent ni en aussi grand nombre ni en aussi grande quantité dans cette partie du Michigan immédiatement tributaire du Sault-Sainte.-Marie, Pour cette raison, il nous a semblé plus pratique d'établir du côté canadien des travaux que leur variété et leur espèce nous empêchaient de conduire avec fruit de ce côté-ci, grâce aux

subtiles restrictions du tarif américain Nos entreprises manufacturières sur le territoire américain sont donc limitées, comme vous le voyez, ne comportant que leur destination parfaitement établie et définie : et ceci est un désavantage matériel dont je ne puis vous cacher l'existence, à vous mes co-associés. C'est une condition qui peut être améliorée, et pour l'amélioration de laquelle je vous demande votre intelligent et chaleureux concours. Et je ne m'adresse pas seulement ici aux citoyens du Sault-Sainte-Marie, Michigan, qui, naturellement, sont plus particulièrement intéressés au succès de ces manufactures ; mais je demande aussi la coopération de tous les habitants du Michigan et des autres Etats limitrophes du Canada.

Comprenez bien que je n'ai pas l'intention d'attaquer ici le système protectionniste américain: bien au contraire. Je m'empress: d'affirmer ici ma fidélité aux principes dans lesquels je suis né et dont je n'ai jamais varié, Je suis protectionniste, non pas seulement pour les revenus que cette politique fiscale comporte, mais aussi en tant qu'elle accorde de l'encouragement aux industries nouvelles. Je suis un protectionniste de l'école de James G. Blaine, et cette affirmation signifie que je ne suis pas de ceux que des théories obstinées aveuglent au point de les empêcher de modifier leurs vues lorsque des principes de saine raison, ou des circonstances particulières justifient uae exception à la règle. Je crois que le nec plus ultra serait que les plus habiles artisans, seuls, aient accès dans le domaine de l'art et de l'industrie. Quelles conditions idéales si tout le coton pouvait être filé à la plantation qui le produit ! Si tout le whiskey tiré du maïs du Kentucky y était réellement fabriqué! Si l'on pouvait, dans la forêt même, faire subir au bois toutes ses transformations ! Si les habitants de chaque latitude voulaient limiter leur industrie aux produits que favorise plus spécialement le climat sous lequel ils vivent! Et si, finalement, ces produits des industries des différentes contrées du globe pouvaient être librement échangés sans que des restrictions ou Ce; obstacles de frontière s'y opposent, Alors le fumeur échapperait au danger de la feuille de chou du Connecticut et pourrait savourer des cigares Havane à deux pour un sou ; alors, on ne verrait plus seulement les iliontaires porter des pardessus en peau de loutre ; alors les contrées qui n'ont ni charbon ni minerais seraient approvisionnées à bon marché par celles nù ces produits abondent. 11 n'est pas de protectionniste sensé

qui ne conviendra que cet idéal industriel serait des plus désirables. Maïs lorsqu'un pays a décidé de cultiver chez lui tous les arts, toutes les sciences, et de se suffire à lui-même, ce pays réussira certainement à opprimer les industries des autres pays, qui, ne pouvant entrer chez lui, admettent toutefois librement le surplus des produits de ce pays où règne la protection et dont la fabrication a été artificiellement stimulée.

Tous les pays du globe les plus civilisés, à part uu scul, conduisent leurs affaires industrielles d'après le principe protectionniste, et je considère cumme habile et nécessaire l'attitude américaine sur ce point. Mais je crois que de plus sages exceptions pourraient encore être | apportées à cette sage règle, et je maintiens, quoique pro- | tectionniste, que les intérêts du Canada et des Etats-Unis ! pourraient être mieux servis s'il en était autrement et | bénéficieraient davantage de l'application à leur com- | merce de certains principes de réciprocité. | Je crois que la plupart des ressources et des matières |

brutes qui ont tant contribué à la présente prospérité des Etats-frontière américains, re sont plus aussi abondantes qu'elles l'étaient, et que leur épuisement partiel dans certains cas a été cause d'une augmentation de prix de cette matière, augmentation qui ne permet jlus toujours aux Ftat-Unis de conduire leur commerce avec l'étranger sur des bases profitables.

Mes vues sur le sujet subissent naturellement l'influence des intérêts que nousavonsici ; maisilest certain que si je présentais un argument basé seulement sur les be-

soins industriels du Sault, cet argument courrait Je risque 1 de ne recevoir qu'une attention médiocre de la part de | villes telles que Détroit, Duluth ou Buffalo, Mais je suis persuadé que tous les Etats-frontière, de l'Atlantique au

Pacifique, ne sauraient adopter une ligne de conduite plus

sûre,—tant au point de vue de leur progrès et de leur pros- , périté dans l'avenir, qu'à celui de l'augmentation de leur population et de leu, s industries, — qu'en obtenant une bas: équitable de plus libre échange de produits avec le Canada.

De Boston à Seattle, il n'est pas un manufacturier, dont les usines sont établies près de la frontière canadienne, qui ne pourrait conduire ses affaires avec plus de profit tout en leur donnant plus d'importance, s'il avait libre accès à la matière première du Canada.

Ne serait-ce pas folie de supposer que les citoyens intelligents du Canada vont continuer à se laisser appau-

vrir par le drainage que fait de sa matière première abondante, au profit de ses manufacturiers, un pays qui, le son côté, défend au Canada la libre entrée de ses produits manufacturés. Boston est obligé de s'approvisionner de charbon dans la Nouvelle-Ecosse, malgré l'imposition d’un droit qui en augmente sensiblement le prix. Il y a peu de manufactures de pulpe et de papier de la Nouvelle Angleterre qui ne tirent du Canada une partie de leur bois—une grande partie bien souvent. Il n'y a pas de nickel employé dans les aciers dont se sert la marine américaine qui ne vienne du Canada. 11 fut un temps où les brasseurs américains trouvaient profitable de se procurer le malt canadien même étant obligés de le payer très cher. Si les meuniers de Duluth et de Minneapolis pouvaient mêler à leur blé celui du Manitoba, leur marché s'élargirait en même temps qu'y gagnerait la qualité de leur farine, Les chemins de fer de l'ouest ont besoin du charbon de la Colombie Anglaise et les fonderies de l’ouest des minerais canadiens de même provenance. Et ainsi de suite pour toutes les industries : ce qui fait qu'on en arrive à conclure qu'un tarif raisonnable d'échange entre le Canada et les Etats-Unis pourrait être établi pour le plus grand bénéfice des deux pays et sans détriment pour personne. Ces considérations se sont depuis longtemps imposées à l'esprit des hommes d'Etat et des philosophes des deux contrées. Ilen est résulté la nomination d’une commission internationale composée d'hommes distingués, dont la mission est de délibérer sur cette importante question de réciprocité entre les deux pays. Je soumets à l'attention des membres américains de cette commission la position particulière du Sault-Sainte-Marie. Je les invite à examiner la variété et l'importance des industries en cours d'exploitation, où dont la mise en opération est prochaine, du côté canadien du Soo, et à regarder, d'autre part, à quelles restrictions sont soumises nos entreprises américa.nes. Je maïintiens que le pouvoir hydraulique, qui accentue ici cet état de choses, ne change rien au principe général. Je croi j1e, comparativement, Port Arthur a le même avantage sur Puluth, Windsor sur Detroit et Toronto sur Buffalo, en ce qui concerne certains produits bruts et leur manufacture.

Je crois que les Etats qui bordent notre frontière, surtout ceux qui touchent aux grands lacs, suivront avec le plus vif intérêt les débats de cette haute commission lorsqu'elle s’assemblera de nouveau; et je crois aussi

qu'il serait judicieux, de la part des chambres de commerce et des autres corps commerciaux des grandes cités des lacs. de commencer dès maintenant un travail de propagande en faveur d'un traité de réciprocité, propagande dont l'effet devrait se faire au plus tôt sentir à Washington, et déterminerait, sans nul doute, de la part du gouvernement américain, une action immédiate.

Il est un mot dans la langue anglaise dont abusent à l'envi les orateurs chauvinistes : ce mot est ‘patriotisme. On n'a jamais bien défini ce mot, ni synthétiquement, ni analytiquement ; mais des hommes de jugement et de raison, tels que Horace Greely et Charles Dana, nous disent que. soit qu'il commence avec la nation pour aboutir à la famille, soit qu'il ait son origine dans la famille pour se propager à la nation, le patriotisme n'a pas d'autre signification ni d'autre base que la protection de l'individu et de ses intérêts per-onnels. C'est un sens bien entendu de patriotisme qui a déterminé les Pères Pélerins à abandonner la terre natale. Ce sera ce même sentiment sacré Jui portera ceux qui, actuellement, habitent des pays où ils trouvent difficilement leurs moyens d'existence, À venir peupler cette région du globe qui s'appelle le Canada, où les lois sont aussi douces et les conditions morales aussi bonnes que celles d'aucun auire pays: dont le climat est sain : dont les terres arables, les forêts ramues et les riches terrains miniers s'étendent. tantôt à cinq cents milles. tantôt jusqu'à deux mille milles. au nord de la frontière américaine, C'est 1à qu'ils érigeront. sur le modèle américain, et profitant de notre expérience déjà si variée, des centres agr'coles, des villes manufacturières et des cités financières. Quels sont les hommes intelligents qui supposeront que ce progrès puisse être interrompu, ou même entravé. par une politique accidentelle, irresponsable, ou imprévoyante? Non! La grande majorité des citoyens américains, du plus humble jusqu'à ceux qui composent le Congrès, applaudissent le progrès. et savent apprécier l'esprit d'eatreprise où qu'il se trouve ; et ils ne manqueront pas d'envoyer leurs propres fils pour moissonner ces vertes prairies et s'engraisser à ces nouveaux pâturages, Ils seront les premiers à récolter les fruits du peuplement de cette nouvelle contrée, et ils saisiront avec empressement l'occasion qui se présente à eux en ce moment d'obtenir

uüe légisiation inicrnationale conforme à ces vues. et

dont la passation sera d'un bénéfice égal aux Canadiens et aux Américains.

J'espère que je ne me suis pas étendu sur ce sujet au point de vous alarmer, ou de vous faire craindre pour l'avenir et le succès de notre canal américain du Sault. Ces conditions que je viens de discuter devant vous nous étaient connues et elles avaient été soigneusement pesées avant que notre canal fut commencé. Je suppose que la plupart d'entre vous savez que sur les 54,000 chevaux de force hydraulique que nous avons créée avec notre canal, 40.000 chevaux de force environ ont déja été affectés à deux grandes industries destinées à donner de l'emploi à plusieurs milliers d'hommes et par conséquent à supporter des milliers de familles. J'ai toutefois adroitement réussi à réserver environ 15.000 chevaux de force qui doivent être employés à développer d'autres entreprises de genre varié, lesquelles donneront encore du travail à un plus grand nombre d'hommes, et par conséquent, aideront à soutenir un nombre de familles proportionnellement plus considérable, Nous n'aurons pas de repos que ces 54,000 chevaux de force motrice hydraulique n'aient reçu leur permanente application. Il va de soi que les travaux de construction ont été jusqu'ici la principale source de revenu de cette ville. Cette dépense excède aujourd'hui la somme de %2.000,co0 et les usines qui nous restent à établir pour utiliser toute notre force, coûteront à elles seules une somme additionnelle identique. Les listes de paie ne seront donc pas diminuées: au contraire, elles continueront à augmentér à partir du printemps pour conserver ensuite une allure toujours grandissante,

En adressant la parole à mes collaborateurs du Sault- Sainte-Marie, Ontario, je leur ai signalé les nombreuses manières dont notre capital avait été dépensé jusqu'ici. De même je puis vous dire que chaque centre manufacturier du Michigan a participe À l'érection de nos manufactures de ce côté ci du Sault. Les maisons de gros de Détroit, les fonderies de Marquette, chaque haut fourneau du Michigan, a eu sa purt. Les recettes, tant en passagers qu'en frêt, de la station du Sault-Sainte- Marie, de $83,743 qu'elles étaient en 1895, sont montées à $283.S19 en 1900. Ces recettes signifient naturellement un plus grand nombre de trains avec l'augmentation du trafic. Les revenus de votre bureau de poste qui, pour 1895, étaient de $11,154.13, s'élevaient, en 1gov, à $16,912.18. Cette augientation s'est produite normalement: elle est entièrement due à .'accroissement naturel de nos usines et à leur fonctionnement régulier. Et cela ne fera qu'aug-

menter encore. Nos conseillers municipaux devront aussi comprendre au plus tôt que si leur charge augmente rapidement en dignité, les responsabilités qu'elle leur impose grandissent également et en proportion des progrès incessants de la ville. Votre système de distribution d’eau aux habitants doit être amélioré et reconstruit: on doit aussi continuer à paver les rues en la manière excellente déjà inaugurée. 11 faudra aussi songer à l'établissement d'un hôpital.

C.s divers travaux publics s'imposent à votre ville et c «cains d'entre eux, dont le besoin se fait plus particulièrement sentir, devront bientôt entrer dans la période d'exécution ; et au lieu de vous effrayer, votre zèle devrait en être stimulé, puisqu'ils marquent la transformation de votre village en une importante cité. L'esprit public qui s'est visiblement affirmé chaque fois qu'il s'est agi de questions d'intérêt général, est la preuve de votre habileté à faire face à ces nécessités et à rempiir les devoirs qu'elles vous imposent. Je saisis cette occasion Pour vous remercier tant en mon nom qu'en celui des capitalistes que je représente, et vous exprimer notre sincère appréciation de l'appui constant et invariablement sympathique que vous nous avez accordé au cours des nombreuses négociations qui sont survenues pendant l'établissement de nos usines. Il m'est agréable de constater publiquement qu'il n'y a jamais eu entre nous de controverse sérieuse, et que les discussions qui se sont parfois élevées ont toujours fini d'une façon agréable. Nous somr.es de plus persuadés que, quelle que soit par la suite 1 :. iportance des placements de capitaux que nos diverses industries nous portent à faire ici, nos intérêts seron: toujours protégés par les citoyens du Sault-Sainte- Marie.

Dans une entreprise de cette importance alors que des centaines de titres de terrains nous étaient nécessaires, et alors que l'obstination d'un seul obstructionniste pouvait retarder ou compromettre l’accomplissement de notre œuvre, on comprendra que l’aide et la bonne volonté de tous les citoyens nous étaient précieuses : elles ne nous ont jamais fait défaut. Un moment, la ruine de votre ville et la perte de nos capitaux ont pu être redoutées, grâce À une menace d'interdiction de notre gouvernement. T-- agitateurs insouciants qui avaient jeté cette obstruc-

sur notre Toute, n'avaient pas calculé que c'est le E «+, < qui gouverne aux Etats-Unis, et que les représentants de ce peuple à Washington ne siègent pas au

Congrès pour frustrer, maïs bien pour jiomouvoir les aspirations commerciales et industrielles de tous, Et quand vous êtes venus avec nous à Washington et que nous avons ensemble exposé simplement notre situation, rappelez-vous combien cordiale a été la réception que nous a faite le comité devant lequel nous avons paru.

Combien de noms j'aurais à mentionner ici, si je voulais citer tous ceux de vos concitoyens bien connus qui, durant nos premières études, se sont employés de toute leur énergie à faire aboutir nos projets. outefois, des circonstances récentes me justifient de mentionner spécitlement votre ancien représentant au Congrès, l'Honorable Henry W. Seymour qui, ainsi que beaucoup d'entre vous, s'est vivement intéressé à nos entreprises. M. Seymour a exercé toute l'influence dont i! disposait au profit de notre œuvre, et l'esprit public qui le distingue s'est encore récemment manifesté par ses efforts, d'ailleurs couronnés de succès, auprès du philanthrope universellement connu—j'ai nommé Andrew Carnegie—qui veut bien étendre ses bienfaits jusqu'à notre ville.

Je cro’. qu'il y a environ un an que M. Seymour me fit part d'un projet qu'il avait et me demanda mon concours pour exposer ? M. Carnegie les besoins du Sault- Sainte-Marie sous ce rapport. Tout en m'empressant de donner à M. Seymour l'assistance qu'il attendait de moi, je me rappelle lui avoir fait part du peu d'espoir que j'entretenais dans le succès de sa démarche. Mais, vous connaissez tous maintenant l'heureux résultat, et je ne vous cacherai pas l'intense plaisir que j'ai à voir ce soir parmi nous un des lieutenants du grand maître de forges américain, un homme dont le précieux et intelligent concours n'a pas peu contribué à l'immense fortune acquise par M. Carnegie et qu'il emploie si bien aujourd'hui dans les œuvres les plus méritoires qui sont signalées à sa générosité.

J'espère qu'il voudra bien se charger de dire au plus grand de nos philanthropes, à celui sur les épaules duquel est tombé le manteau de Peabody. que cette petite ville, qui aujourdhui reçoit une part de sa faveur, saura non seulement jouir du bienfait intellectuel qu'il lui aide à se procurer, mais que vous voulez encore que cette association de son nom à la construction de votre bibliothèque soit un exemple pour la jeunesse actuelle du Sault et des environs, en mème temps qu'une inspiration au travail et au bien pour les générations qui se succèderont ici, On peut aussi lui dire par la même occasion, que si la somme

de $25,000 est lu limite qu'il a fixée à un don de cette sorte pour une population de 16,000 âmes, nous ne tarderons pas À aller frapper de nouveau à sa porte, de la part de nos 50,000 habitants.

Pendant que je tiens ce sujet, vous me permettrez bien d'exprimer l'idée qu'aucune cité qui se respecte ne voudrait accepter le présent d'une bibliothèque sans pourvoir au plus tôt au peuplement de ses rayons Je crois que la ville a consenti à se charger de l'entretien annuel de cette bibliothèque, entretien dont M. Carnegie a luimême fixé le coût à $3,000 par année. Nous Cevons Maintenant nous occuper de trouver les fonds pour nous mettre en mesure de garnir cette bibliothèque de livres Nos di.ecteurs autoriseront la compagnie À souscrire $r,000 et je puis vous assurer, entre nous. que je ne leur laisserai de répit que lorsque j'aurai obtenu d'evx des souscriptions personnelles au mêrie montant Je sais que les grandes fortanes du Sault-Sainte-Marie sont encore à faire, quoiqu'elles soient parfaitement perceptibles à mon regard prophétique. Dans tous les cas, je crois que chaque citoyen, selon ses moyens, devrait avoir à cœur de prouver au généreux denateur de l'édifice qui contiendra votre bibliothèque, que son bienfait ne s'adresse pas à des gens incapables d'en apprécier toute la valeur.

J'ai déjà brièvement mentionné quels avaient été les profits que diverses parties de l'Etat du Michigan avaient jusqu'ici dérivés de l'établissement de nos manufactures au Sault Sainte-Marie, Mais un économiste raisonnable ne songera jamais à considérer la dépense de quelques imillions de dollars répandus dans un Etat pendant la construction de grands travaux, comme un facterr suffisant à établir un bien être durable pour tous les habitants de cet Etat Un bénéfice réellement appréciable ne peut résulter que du fonctionnement heuret x de nos usines qui deviennent, en même temps, un exemple à imiter et un encouragement pour les autres centres du Michigan. 11 est vrai de dire que vous êtes plus favorisés peut-être que d'autres, puisque vous avez les chutes de Sainte Marie et que ni Marquette, ni Grand Rapids, ne peuvent vous les enlever. Mais rappelez-vous que cela ne suffit pas et que le sage emploi que vous saurez en faire, est seul capable d'exciter l'admiration et l'émulation des citoyens des autres sections de votre Etat. Quoiqu'il soit assez naturel que vous puissiez hésiter à le croire, nous ne devons pas nous dissimuler que, même sans les chotes 'e uinte Marie, il est des villes qui réuss

ssent grâce à leur énergie

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