‹ Discours prononcé par l'honorable M. Honoré Mercier, premier ministre de la province [microforme]Chapitre 19 sur 25 · MONSIEUR · texte numérisé non relu

MONSIEUR

* Dans votre lettre du 25 courant, vous me demandez de ré- * pondre officiellement aux deux questions suivantes :

“10 Etait-il possible, dans l'opinion de Votre [minence, de ‘régler la question des biens des Jésuites sans laisser la distribution du montant accordé pour la compensation, à la discrétion “exclusive et entière du Souverain Pontife ?”

“20 V'a-t-il, dans quelque document, à Votre connaissance, "quelque chose qui pourrait laisser croire que le Nouverain Pon- “tife aurait consenti à ce que le règlent eut lieu, sans qu'il eut ‘le contrôle absolu de cette distribution 2°

A la première question je réponds :

* Non, à moins que le Pape y eut consenti,

A la seconde question :

“Non; à ma connaissance il n'y a aucun document ou quelque chose qui pourrait laisser croire que le Souverain Pontife

PE ou

“ aurait consenti à ce que le règlement eut lieu, sans qu'il eut le “ controle absolu de cette distribution.

‘“ Et quand même il y en aurait eu avant 1888, la lettre de ‘ Son Eminence le Cardinal Simeoni, 27 mars 1888, (Statuts de ‘‘ 1888, pages 62-63) est bien claire et formelle À ce sujet.

“ Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, l'assurance “ de mon dévouement.

(Signé) ‘“E. A. Card. TASCHEREAU, ‘“ Arch. de Québec.”

Ce point est donc règlé à la confusion de nos ennemis, à la confusion de M. Chapleau

Il prétend qu'il aurait règlé la question avec l'archevèque ; c'est-à-dire que la distribution du montant accordé n'aurait pas été faite par le Pape.

L'archevèque, c’est Son Éminence le Cardinal Taschereau.

Or, la lettre que je viens de lire dément formellement cette assertion, et affirme que cette question ne pouvait pas être réglée sans passer par le Pape, c’est-à-dire, sans que le Pape fit la distribution du inontant.

Pourquoi discuter davantage ? Tout ce que j'ajouterais serait inutile ; ma thèse est prouvée et celle de M. Chapleau est condamnée.

Quant aux orangistes qui le supportent dans sa thèse, je n'ai rien à y voir. Les orangistes sont nos ennemis naturels, sont les ennemis des Canadie ns-français, sont les ennemis des catholiques, et surtout sont les ennemis du Pape. Ils devaient me condamner au sujet de cette transaction, non-seulement quant à la forme, non-seulement quant au fait d'avoir mêlé le nom du Pape à la transaction, non-seulement quant au fait d'avoir laissé au Pape la distribution de l'argent, mais aussi et surtout quant au mérite, quant au fait du règlement lui-même.

En me condamnant, les orangistes sont logiques, ils restent d'accord avec leurs traditions, et j'aurais été pelné, j'allais dire insulté, s'ils m'eussent point honoré de leur condamnation à cet égard. ù

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