ASSOCIATION DU BARREAU CANA7WEN
DISCOURS PRONONCÉ PAR L'HONORABLE WILLIAM H. TAFT SUR L’ETIQUETTE PROFESSIONNELLE
Cinquième assemblée annuelle tenue, à Ottawa, le 2 sepiembre,
Messieurs DU BARREAU CANADIEN,
Il y a une pièce, ou du moins il y avait une pièce de théatre, je ne puurrais dire si on la joue encore aujourd’hui, intitulée “Too much Johnson.” Mon intention n’est pas de vous offrir ceci comme texte.
Je n’ai pas avant aujourd’hui eu l’occasion d'assister à vos réurions d’affaires, mais en apyrerant le sujet siintéressant qui devait êcre à l’étude, corse la discussion du Code de Québec, . t l’utilité de réürir queloues ures de ses dispositions et de ies
étendre aux Icis des autres Provinces, je fus vivement intéressé, et je pourrais ajouter que je le fus aussi par la nouvelle qu’on allait s’sceuper de for ler un ensemble de règles sur l'étiquette professionnelle. Personnellement il me fait grand plaisir de constater que vous avez approuvé ron pas une énumération complète de toutes les règles d’étiquette légale, mais plutôt un exposé court et compréhensible, qui, j'en suis certain, sera pour nlusieurs d’une grande utilité. Je puis dire, avec ma propre ex: ‘ e, après avoir terminé mes fonctiors avec l’.pprobati. -uérale du perple des Etats-Uris (rire) que je me suis trouvé appelé à enseigrer à la prochaine génération, et à lui donner des conférences sur le sujet pour lecuel ils trouvaient qu’il me manquait le moins d’aptitudes. Je fus invité à donner à la Faculté de Droit de L'Umwversité de Boston, une série de conférences sur l’étiquette professionnelle. Pour ceux qui sont appelés à remplir un tel devoir, je suis sincère en disant qu’il est, de toute nécessité que chaque association du barreuu s'efforce d’énoncer son idéal de l'étiquette proïessionnelle Moi, avec - beaucoup de déférence, je me permets de différer avec le savant Juge qui a osé penser que toutes ces rèvics d’étiquette devraient : être gardées “in numbres” si ir ,uis m’exprimer ainsi sans irréverence. J'ai trouvé qu’une des grandes difficultés à surmon-
noncer d’une manière déterminée
. (Ecoutez, Ecoutez). C’est pourquoi
quand vous es de l'esprit de la profession vous parlez de
ps que vous devriez pouvoir décrire, si l’on exigeait
e vous un exposé déterminé de ce que vous avez en vue. Mais écessairement tout
membres de la profession, quand ils agissent comme représentants de leur clients, consiste À se laisser trop souvent aller à oublier qu’on est le représentant de son client, pour ne s’occuper que des intérêts personnels qu’on peut retirer en occupant pour lui. J'ai connu un avocat distingué qui en était rendu à s’imaginer que c’était un sujet d’une nature urement personnelle entre le Juge et lui (rire), et qu’il était Ares plus important de faire valoir sa personalité et ses connaissances que de gagner sa cause. Nous avons eu dans l’espace de peu d’années, deux ou trois de ces cas notoires dans notre profession.
Maintenant je mentionne ces détails seulemeni comme étant un point que je ne pourrais couvrir dans un exposé général, comme celui-ci, mais qui serait inclus par déduction si la question venait à se présenter. Mais le point que j'ai voulu faire ressortir, est, que chaque fois qu’un barreau comme celui-ci, à l'idéal élevé, adopte un ensemble de règles, une série de codes comme celui-ci, vous établissez un précédert qui fait autorité et qui sera utile À tous ceux qui se joindront au Barreau. Vous ici au Canada vous n’êtes pas aussi expos ne. - us le sommes,
à manquer à l’étiquette professionnelle. ‘: : peut parler en termes plus élevés que moi, et plus - «ut du coeur, de ce corps remarquable fondé depuis w .: ti remonte à deux ou trois siècles en arrière, que 1. 1e le ‘ Barreau
Anglais.” Mais il faut se rappeler en rappurc avec C€ barreau, au sujet de son étiquette professionnelle, que c'était un corps très limité, et dont le choix a subi l'influence des circonstances. En conséquence il était facile comme dans un club exclusif, de maintenir l'esprit et les traditions auxquels a si sensiblement référé le juge de la Cour Suprême d’Ontario. Mais vous au Canada vous avez fait des changements. Vous unissez maintenant les devoirs de l'avocat avec ceux de l’avoué. Assurément les avoués étaient avec raison hautement considérés, et ils faisaient probablement plus d'argent que les avocats, mais la profession de l’avoué avait un caractère plus commercial que celle de l’avocat. Maintenant elles sont réunies. L'avocat avait peu à faire avec la collection des argents de son client,
ag son emploi, et l’occasion ne lui était pas souvert — er
L cette et le rôle sacré "il remplit en sa qualité de gardien des intérêts d'autrui, La ne 2 an oh ‘excepté avec le consentement -de son client” car le but de cet ne re n’est pas se ne — rs es pas plus, je i n’est pas plus de rer que ique de méler au sien l’argent de son client, conduit rt re la négli-
de sa position envers son client, pour l'inviter à donner un consentement qu’il ne devrait pas lui demander de donner. (Applaudissements.) dt .
Les cas les plus désolants de cette nature qui se rencontrent sont ceux ou le client, mais je devrais dire Aa cliente, car c’est le cas le plus ordinaire, > vient à vous pour vous consulter, est obligée par la suite d'admettre qu’elle comprenait ce que son représentant faisait, et qu’elle y sde son consentement. Et vous savez qu’elle y a consenti parce qu’elle ne connaissait pas ses droits et ignorait le danger qu'il y avait à donner son consentement.
Votre Barreau comprend moins de membres que le nôtre, mais je ne crois pas qu’ils ont commercialisé la pus au point où l’on ï les nôtres. Peut-être que je l’envisage du point de vue du ba * parce que lorsque je me suis écarté des sentiers vertueux de 4 profession, j'étais moi-même sur le banc; mais j’ai le sentiment que notre profession coure de grands dangers de devenir un Pur commerce, et que la pratique en cour, l'argumentation et les traditions que nous chérissons dans la profession sont en danger aussi d’être englouties dans cette atmosphère créée par le sens moderne des affaires. On entend dire, “moi je ne parais plus en cour; il n’y a pas d’argent à faire en cour; c’est en s’occupant de direction que l’on fait de l’argent.”’ Et bien si telles sont les conditions, je suis bien convaincu de la nécessité pour nous d’avoir un code d’étiquette professionnelle; car le besoin s’en fait sentir, un peu plus aujourd’hui qu’aux jours ou nous remplissions nos fonctions sous la surveillance d’une cour qui pouvait nous reprendre quand nous nous éloignio:3 du chemin que nous devions suivre. Nous reconnaissons aux Etats-Unis l'importance croissante de l'introduction de l'étiquette professionnelle, à cause des changements qu’ont causé, dans la nature de la pratique de la profession, les conditions actuelles. Je suis heureux, très heureux, de voir J’Association du Barreau Canadien Y apporter son poids et son au- z
torité, en établissant un précédent dans la codification de règles d’étiquette essionnelle tellement pareilles aux nôtres qu’on puisse y référer comme étant une approbation de l'attitude prise par l'Association du Barreau Américain, et je vous assure = mon expérience quelque peu étendue, m'a bien clairement
émontré combien les jeunes avocats et les ‘tudiants en droit, sont avides de suivre pie pren de ces principes, tels qu’ex- Là cos ici, et combien aussi est l'avantage de pouvoir y