‹ Discours sur l'émancipation immédiate opposée à l'émancipation progressive dans les colonies françaises, au sujet des pétitions pésentées [sic] à la Chambre des pairsChapitre 4 sur 4 · non plus comme un simple esclave, mais comme ce · texte numérisé non relu

non plus comme un simple esclave, mais comme ce

lui qui, d’esclave, est devenu l’un de nos frères bien-aimés ; qui m’est très-cher à moi en particulier, et qui doit vous l'être

l;. | AO encore beaucoup plus ééant à vous, ct selon le monde, et selon le Seigneur.

17. « Si donc vous me considérez comme étroitement uni à vous, recevez-le comme moi-même.

18. « Que s’il vous a fait tort, ou s’il vous est RAUNEbIE de

quelque chose, mettez cela sur mon compte. 46

19. « C’est moi, Paul, qui vous écris cela de ma main; c’est moi qui vous le rendrai ; pour ne pas dire que vous vous devez vous-même à moi.

20. « Oui, mon frère, que je recoive de vous cette joie dans le Seigneur. Donnez-moi, au nom du Seigneur, cette paisible consolation. »

Est-ce que chacun de nous, à l'audition de ce langage, qu’avant le christianisme l’imparfaite humanité n’avait jamais connu, est-ce que chacun de nous ne reçoit pas l’éloquence de Paul, comme il voulait qu’on reçût son serviteur bien-aimé, comme ses entrailles ! Et cette douceur d’une charité révélée au genre humain, est-ce qu’elle n’est pas cent fois plus puissante sur les cœurs que l’arrogance de l’injure, et que l’épithète de crime infligée à cette possession d’un esclave : possession

que Paul, le terrible vindicateur de la simonie, reconnaissait comme un droit, selon le monde, droit présent dont il appelait

par la religion à l'avenir des droits empruntés du ciel. Voilà comment les apôtres, au lieu d’outrager, ont converti les nations.

Maintenant, prononcez entre des hommes imprudents qui somment le Gouvernement de briser des liens sociaux, surle-champ, ou dans l'avenir le plus prochain, pour mettre un terme à ce qu’ilsnomment un crime, et l’élu de Dieu, qui propageait le christianisme à sa naissance, dans un moment où l'esclavage existait chez tant de peuples. Quel est celui des deux apostolats qui nous fait entendre la plus puissante “ la meilleure voix pol dompter les résistances et parvenir à cet im-

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mense triomphe sur l'univers, rendu chrétien d’abord, et libre

ensuite? Permettez-moi de le dire, je donne la préférence à la

simplicité sublime de saint Paul, à sa charité surhumaine, et non pas à ces invectives qui respirent la vindicte, à cette haine, à ce mépris : je parle des expressions des pétitionnaires, Tapportées par notre honorable collègue M. le comte Beugnot.

Je demande pardon à la chambre d’avoir abusé peut-être trop longtemps de sa bienveillance. (Non ! non !)J’avais besoin de montrer, à l’égard de la question qui nous occupe, qu'il n'existe aucune différence entre la manière dont je la considère, dont j'en désire le succès dans l'avenir, et la manière que le Gouvernement lui-même adopte. Après m'être exprimé aussi franchement queje l’ai fait contre les dispositions qui m’effrayaient, lorsqu'on a discuté la loi, l’on peut juger que j’apporte aujourd’hui la même franchise. Je continuerai d’employer tous mes efforts pour faire disparaître, je le répète, les dangers que j'ai prévus, les inconvénients qui me frappent encore, et les mesures imprudentes qui ne servent aucune intention généreuse et juste. Je serais très-heureux si l’on me prouvait que j’avais tort dans mes prévisions, et je me sens assez bon citoyen pour m’en réjouir.

Après avoir indiqué par ces dernières considérations combien sont injustes, e{ peu chrétiennes, les qualifications odieuses employées par les pétitionnaires, et combien de maux résulteraient du brusque parti qu’ils réclament, il m’est impossible d'adopter une conclusion différente de celle qu'a proposée notre honorable rapporteur : je vote pour l’ordre du jour.

(La chambre, à l'unanimité moins deux voix, vote l’ordre du jour.)

EXTRAIT DU MONITEUR UNIVERSEL du 31 mars 1847,

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