QUATRIÈME PARTIE
viendra la suite naturelle de la subordination de la politique à la morale. C'est ainsi que le pouvoir modérateur trouve de généreux patrons au sein même du pouvoir directeur qu'il doit ramener dignement à de sévères devoirs sociaux. Mais, outre cet oftiC'3 général, la chevalerie féodale présentait, envers les femmes, une destination plus spéciale et plus intime, pour laquelle la supériorité du régime positif sera plus complète et plus évidente.
En ébauchant le culte de la femme, le sentiment féodal fut mal secondé, et même, à beaucoup d'égards, entravé par le principe catholique. Directement contraires à la vraie tendresse mutuelle, les mœurs chrétiennes n'en ont assisté l'essor que par une influence indirecte, en prescrivant la pureté habituelle, indispensable au véritable amour. Sous tout autre aspect, les sympathies chevaleresques ne purent surgir qu'en luttant toujours contre l'égoïste austérité d'un régime qui jamais ne consacra le mariage qu*à titre d'inévitable inQrmité, défavorable au salut personnel. La salutaire prescription de la pureté s'y trouvait elle-même altérée par des motifs intéressés, qui compromettaient beaucoup sa principale efficacité morale. C'est pourquoi, malgré l'admirable persévérance de nos généreux ancêtres, le culte de la femme ne put être, au moyen âge, qu'imparfaitement ébauché, surtout dans les mœurs publiques. Malgré les empiriques prétentions du catholicisme, il y a tout lieu de présumer que, si la situation féodale avait pu se développer sous le polythéisme, les sentiments chevaleresques y eussent mieux prévalu. ^