TROISIÈME PARTIE
porte le nom de personne, n'est point un produit accessoire d'une situation exceptionnelle. Il y faut voir le progrès spontané, plutôt afTeclif que rationnel, du véritable esprit révolutionnaire, tendant aujourd'hui à se préoccuper surtout des questions morales, en rejetant au second rang les questions politiques proprement dites. Sans doute, la solution actuelle des communistes reste encore essentiellement politique, comme chez leurs prédécesseurs, puisque c'est aussi par le mode de possession qu'ils prétendent régler l'exercice. Mais la question qu'ils ont enfin posée exige tellement une solution morale, sa solution politique serait à la fois si insuffisante et si subversive, qu'elle ne peut rester à l'ordre du jour sans faire bientôt prévaloir l'issue décisive que le positivisme vient ouvrir à ce besoin fondamental, en présidant à la régénération finale des opinions et des mœurs.
Pour rendre justice au communisme, on doit surtout y apprécier les nobles sentiments qui le caractérisent, et non les vaines théories qui leur servent d'organes provisoires, dans un milieu où ils ne peuvent encore se formuler autrement. En s'attachant à une telle utopie, nos prolétaires, très peu métaphysiques, sont loin d'accorder à ces doctrines autant d'importance que les lettrés. Aussitôt qu'ils connaîtront une meilleure expression de leurs vœux légitimes, ils n'hésiteront pas à préférer des notions claires et réelles, susceptibles d'une efficacité paisible et durable, à de vagues et confuses chimères, dont' leur instinct sentira bientôt la tendance anarchique. Jusque-là, ils doivent adhérer au communisme, comme au seul organe qui puisse aujourd'hui poser et maintenir, avec une irrésistible énergie, la question la plus fondamentale. Les dangers mêmes que fait craindre leur solution actuelle concourent à provoquer et à fixer l'attention générale sur ce grand sujet, que l'empirisme métaphysique et l'égoïsme aristocratique des classes
dirigeantes feraient écarter ou dédaigner sans un tel appel continu. Quand nos communistes auront rectifié leurs idées, rien ne les obligerait d'ailleurs d'abandonner un nom qui n'indique directement que la prépondérance fondamentale du sentiment social. Mais notre salutaire transformation républicaine les dispensera même d'une telle qualification, en leur ofifrant uae désignation équivalente, d'ailleurs exempte de pareils dangers. Loin de redouter le communisme, la nouvelle philosophie espère donc des succès prochains chez la plupart des prolétaires qui Font adopté, surtout en France, où les abstractions ont peu d'ascendant sur des esprits pleinement émancipés. Ce résultat s'accomplira nécessairement à mesure que le peuple reconnaîtra l'aptitude fondamentale du positivisme à mieux résoudre que le communisme le principal problème social.