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Ttiéorie positive de la propriété

Également poussé par sa réalité caractéristique et sa tendance constante à consacrer la raison au service du sentiment, le positivisme est doublement entraîné à systématiser le principe spontané du communisme sur la nature sociale de la propriété et sur la nécessité de la régler.

Les vrais philosophes n'hésitent point à sanctionner directement les réclamations instinctives des prolétaires •envers la vicieuse définition adoptée par la plupart des juristes modernes, qui attribuent à la propriété une individualité absolue, comme droit d'user et d'abuser. •Cette théorie antisociale, historiquement due à une réaction, exagérée contre des oppressions exceptionnelles, est autant dépourvue de justice que de réalité. Aucune propriété ne pouvant être créée, ni même transmise, par

son seul possesseur, sans une indispensable coopération publique, à la fois spéciale et générale, son exercice ne doit jamais être purement individuel. Toujours et partout, la communauté y est plus ou moins intervenue, pour le subordonner aux besoins sociaux. L'impôt associe réellement le public à chaque fortune particulière; et la marche générale de la civilisation, loin de diminuer cette participation, l'augmente continuellement, surtout chez les modernes, en développant davantage la liaison de chacun à tous. Un autre usage universel prouve que, dans certains cas extrêmes, la communauté se croit même autorisée à s'emparer de la propriété tout entière. Quoique la confiscation ait été provisoirement abolie en France, cette unique exception, due à l'abus récent de ce droit incontestable, ne saurait longtemps survivre aux souvenirs qui l'inspirèrent et au pouvoir qui l'introduisit. Nos communistes ont donc très bien réfuté les juristes quant à la nature générale de la propriété.

Il faut admettre aussi leur critique fondamentale des économistes, dont les maximes métaphysiques interdisent toute régularisation sociale des fortunes personnelles. Cette aberration dogmatique, suscitée, comme la précédente, par de vicieuses interventions, est directement contraire à la saine philosophie, quoiqu'elle semble s'en rapprocher en reconnaissant l'existence des lois naturelles dans les phénomènes sociaux. Les économistes ne paraissent adhérer à ce principe fondamental que pour constater aussitôt combien ils sont incapables de le com' prendre, faute de l'avoir d'abord apprécié envers les moindres phénomènes avant de l'étendre aux plus élevés, car ils ont ainsi méconnu radicalement la tendance de Tordre naturel à devenir de plus en plus modifiable, à mesure qu'il se complique davantage. Toutes nos destinées actives reposant sur une telle notion, rien ne peut

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