Le travail intellectuel^ qui est une force sociale
doit être réglé.
Elnfln, la solution positiviste l'emporte directement sur la communiste par sa plénitude caractéristique. Le communisme se préoccupe exclusivement des richesses, comme si c'étaient les seules forces sociales qui fussent aujourd'hui mal réparties et mal administrées. Il existe pourtant encore plus d'abus réels envers la plupart des autres facultés humaines, surtout quant aux talents intellectuels, que nos utopistes n'osent nullement régler. Seul apte à concevoir l'ensemble de notre existence, le positivisme peut seul instituer la juste prépondérance du sentiment social, en l'étendant à tous les modes quelconques de notre activité réelle. L'assimilation morale des fonctions privées aux ofBces publics convient encore davantage au savant, à l'artiste, etc., qu'au simple propriétaire, soit pour la source des facultés, soit pour leur destination. Néanmoins, en voulant rendre communs les biens matériels, seuls pleinement susceptibles d'appropriation personnelle, on n'étend point cette utopie aux biens spirituels, qui la comporteraient beaucoup mieux. Souvent même les apôtres du communisme se montrent zélés partisans de la prétendue propriété littéraire. De telles inconséquences confirment l'inanité
d'une doctrine sociale ainsi conduite à constater son impuissance envers les cas les plus conformes à sa destination. Car, une semblable extension caractériserait aussitôt rinconvenance des prescriptions politiques et la nécessité des règles morales, seules également propres à garantir le bon emploi de toutes les forces réelles. La spontanéité qu'exige l'essor intellectuel, sous peine d'àvortement, empêche, sans doute, l'instinct communiste de le soumettre aussi à son utopie réglementaire. Aa contraire, le positivisme n'éprouve aucun embarras, et ne suscite aucune perturbation, en étendant son ofKce moral jusqu'aux forces qui ont le plus besoin d'être sagement dirigées. En respectant leur juste liberté, il consolide aussi celle des facultés moins éminentes, dont la compression offre presque autant de dangers réels. Quand la vraie morale garantit la tendance sociale de toutes les activités partielles, leur libre essor augmente certainement leur efficacité publique. Loin de gêner l'industrie privée, la civilisation moderne lui transmet de plus en plus des fonctions, surtout matérielles, confiées d'abord au gouvernement proprement dit. Cette irrécusable tenr dance conduit mal à propos les économistes à méconnaître le besoin de toute vraie systématisation. Elle indique seulement la prépondérance croissante des prescriptions morales sur les règlements politiques.