‹ Discours sur l'ensemble du positivisme;Chapitre 9 sur 103 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

l'ënsëiiible du positivisme.

On se lasse de penser, et même d'agir ; jamais on ne se lasse d'aimer.

( Dédicace inédite )

Dans celte série d'aperçus systématiques sur le positivisme , je caractériserai d'abord ses éléments fondamentaux , ensuite ses appuis nécessaires, et enfin son complément essentiel. Quelque sommaire que doive être ici cette triple appréciation , elle suffira, j'espère, pour surmonter définitivement des préventions excusables , mais empiriques ; de manière à convaincre tout lecteur bien préparé que la nouvelle doctrine générale , qui semble encore ne pouvoir satisfaire que la raison, n'est pas, au fond, moins favorable au sentiment, et même à l'imagination.

PRÉAMBULE GEIVERAL.

Le positivisme se compose essentiellement d'une philosophie et d'une politique, qui sont nécessairement inséparables, comme constituant l'une la base et l'autre le but d'un même système universel, où l'intelligence et la sociabilité se trouvent intimement combinées. D'une part, en effet, la science sociale n'est pas seulement la plus importante de toutes j mais elle fournit

surtout l'unique lien, à la fois logique et scientifique, que comporte désormais l'ensemble de nos contemplations réelles (1). Or, cette science finale , encore plus que chacune des sciences préliminaires, ne peut développer son vrai caractère sans une fîxacte harmonie générale avec Fart correspondant. Mais, par une coïncidence nullement fortuite, sa fondation théorique trouve aussitôt une immense destination pratique, pour présider aujourd'hui à l'entière régénération de l'Europe Occidentale, Car, d'une autre part, à mesure que le cours naturel des événements caractérise la grande crise moderne, la réorganisation politique se présente de plus en plus comme nécessairement impossible sans la reconstruction préalable des opinions et des mœurs. Une systématisation réelle de toutes les pensées humaines constitue donc notre premier besoin social, également relatif à l'ordre et au progrès. L'accomphssement graduel de cette vaste élaboration philosophique fera spontanément surgir, dans tout l'Occident, une nouvelle autorité morale, dont l'inévitable ascendant posera la base directe de la réorganisation finale , en liant les diverses populations avancées par une môme éducation générale , qui fournira partout, pour la vie publique comme pour la vie privée, des principes fixes de jugement et de conduite. C'est ainsi que le mouvement intellectuel et l'ébranlement social , de plus en plus solidaires, conduisent désormais l'élite de l'humanité à l'avènement décisif d'un véritable pouvoir spirituel , à la fois plus consistant et plus progressif que

(n L'établissement de ce grand principe constitue le résultat le plus essentiel de mon Système de philosophie positive. Quoique les six volumes de cet ouvrage aient tous paru , de 1830 à 1842 , sous le litre de Cours (suggéré par l'élaboration orale qui prépara, en 1829, ce traité fondamental) , je l'ai ensuite qualifié toujours de Système , pour mieux marquer son vrai caractère. En attendant qu'une seconde édition régularise cette rectification , cel avis spécial préviendra , j'espère , toute méprise h ce sujet.

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