‹ Discours sur l'étude et les progrès de diverses branches des sciences médicalesChapitre 2 sur 2 · NOTES · texte numérisé non relu

NOTES

(A) H;E professeur Hosack , dans un Mémoire fort étendu inséré dans le recueil de la Société littéraire et philosophique de New-York , année i8i5, a établi trois classes ou trois différens degrés de maladies contagieuses, savoir: x.° celles qui ne se communiquent que par contact ou inoculation, et point par l’atmosphère , telles que la gale , la syphilis, l’hydrophobie , etc.

2.0 Celles qui se communiquent à la fois par le contact et par l’atmosphère , savoir : la petite-vérole , la rougeole , la petite-vérole volante , la coqueluche , la scarlatine , le mal de gorge malin.

3.° Les maladies qui se communiquent par les individus dans un| atmosphère impurf , savoir : la peste , la fièvre jaune , le typhus des prisons , des vaisseaux , des hôpitaux , des marais , et la dysenterie.

Ce Mémoire est précieux par l’expérience de l’auteur , par ses savantes recherches et par les notes extraites de sa correspondance avec les praticiens des États-Unis , des Antilles et de l’Angleterre : on y trouve l’exposition de plusieurs faits produits par le docteur Chisolm , pour réfuter 1 opinion particulière a l’auteur , au sujet de la contagion des maladies de sa troisième ou dernière classe.

(B) William Hunter s exprime ainsi dans les Medical commentarics , PnS * 41 : «Quiconque a ouvert des animaux vivans , a dû voir que la bile passe à travers les tuniques de la vésicule du fiel , pénètre le tissu des parties voisines qui en sont imbibées , non pas par l’action des vaisseaux exhalans ou inhalans , mais par transsudation manifeste. »

Cette transsudatiou est contraire à ce que démontre l’expérience jour-

nalière chez les animaux vlvans ou sur ceux qui viennent d’être tues. Quelques physiologistes pensent que cette transsudation est très- rarement sensible , parce que la hile est absorbée par les vaisseaux presque aussitôt qu’elle vient de teindre les parties vivautes ou de les pénétrer.

Pour prouver que les veines sanguines n’absorbent point , William Hunter cite diverses expériences qui furent faites par John Hunter, et dont une , entre autres , consista à introduire du musc , mêlé avec de l’eau , dans une anse d’intestin sur un âne ; quelques momens après , les vaisseaux lactés , dont le chyme fut recueilli par une ouverture faite avec une lancette , présentèrent ce chyme imprégné d’une forte odeur de musc , taudis que le sang d’une veine voisine ne présenta nullement

l’odeur du. musc. Medic. comment, pag. /*7*

J’ai fait des expériences semblables avec du musc sur des chiens, et j’ai trouvé non-seulement le chyle et le sang, dans leurs vaisseaux, inapte* gnés de l’odeur du musc, mais même cette odeur était répandue dans toutes les parties les plus éloignées. J'ai reconnu que l’éther , l’opium , le café , communiquaient , dans de pareilles expériences, leur odeur à toutes parties du corps ; enfin , pour faire la même expérience que John Hunter avait faite, nous nous procurâmes , M. Magendie et moi , une ânesse , sur laquelle nous injectâmes une émulsion de 4 gros de camphre dans une anse d’intestin; ce qui nous présenta, au bout de peu d’instans , tous les fluictes et la chair de. l’animal imprégnés de l’odeur du famphre.

Voilà les faits qui m’autorisent à regarder comme peu fondées les assertions de Hunier , que je viens de citer. ,

(C) Le Phjlolacca decandra , plante vivace , indigène de l’ Amérique Septentrionale , et naturalisée dans les bosquets des parcs de France et dans les jardins de botanique , est un médicament fort employé aux États-Unis. On prescrit communément , contre les affections rhumatis males , la teinture des fruits infusés dans le vin ou l’eau-de-vie- Le suc de ces fruits, épaissi à la consistance d’extrait, a etc administre , avec succès, dans quelques maladies scrophuleuses. Voyez 13. Shultz, Inaugural dissertation. Philadelphia , 179Ü ; Barton, , Collections for a mater

me d ica of the united States. Philadelphia , 1801.

(D) On trouve , dans les Mémoires de la Société de Médecine de Londres ,

ûnc lettre du docteur Sherwen au docteur Lcttsom, sur l’absorption du tartre émétique par les tégumeris , et qui produisait, à la dose de 5 et de io grains, des nausées, une transpiration abondante , des évacuations âlvines et une sécrétion abondante d’urines.

Les expériences répétées par M. Jolm Hahn , à Philadelphie , en 1798 , avec la même quantité de tartre émétique en frictions , ne produisirent point les effets annoncés par M. Sherwen , mais de plus fortes doses et des applications réitérées les produisirent.

t Voici une des expériences faites par le docteur Hahn. Une femme souffrait de rhumatisme et dégonflement à l’estomac ; elle se frotta sut une cuisse et sur la région épigastrique, avec une cuillerée à bouche de solution saturée de tartre émétique dans de l’eau. Le lendemain elle recommença avec une dose de deux cuillerées , et continua tous les soirs, pendant cinq ou six jours , les frictions qui lui occasionnèrent souvent des vomissemens. J. Hahn , Observations and experiments. Philadelphia r

(E) Le docteur Mussey , de l’état de Massachusetts , éprouva , après être resté pendant quatre heures dans un bain d’infusion de garance , que 1 urine qu’il rendit , acquérait , par un mélange de quelques gouttes de solution de potasse caustique, une couleur rouge qui dénotait la présence du principe colorant de la garance. Extrait dn Medical and physical journal by prof essor Barton. Philadelphia , 1809.

M. Bradner Stuart se baigna dans des infusions de garance , de rhubarbe et de curcuma ; il restait dans le bain deux heures et demie , et il éprouva, constamment , que l’urine , émise après être sorti du bain depuis quatre à cinq heures jusqu’à vingt-six et vingt-huit heures , contenait la matière colorante des racines dont nous venons de parler, ainsi que 1 addition de quelques gouttes de potasse caustique le faisait reconnaître. Mais , lorsqu’il n’avait pris de bain d’aucune de ces infusions , l’urine ne changeait point de couleur par la potasse caustique. Extrait de 1 Inaugural essay contaming experiments in defence of the doctrine of culaneous absorption. Albany } 1810.

MM. Smith et Rousseau donnent , ainsi qu’il suit , le résultat de quelques-unes de leurs expériences dans le Philadelphia medical muséum y mars 1810. « La rhubarbe et la garance communiquent leur couleur à

a l’urine des personnes qui ont plongé certaines parties de leur corps dans « des décoctions chaudes de ces substances.

« La coloration de l’urine en un rouge vineux , au moyen de la garance « ou de la rhubarbe , u’est sensible qu’ autant qu’on y ajoute une solution

« alcaline.

« La rhubarbe et la garance , prises par la bouche , colorent toujours le « sérum du sang, d’un rouge de vin. Mais le sérum du sang des personnes « qui se sont baignées dans les décoctions de garance ou de rhubarbe , k n’en prend aucunement la couleur, quoique 1 urine, chez ces personnes , v. rougisse par l’addition des alcalis , etc. »

Page 1