Qui ne SAVAIT QUE DISCOURIR
Maître des offices du palais, ancien professeur de rhétorique, cet Eu;4Ciie, en effet, ne savait pas autre chose. Aucune parole ne pouvait mieux montrer l'inutilité dérisoire du choix d'Arbogaste. — Le mot tyran, accolé ici au nom de ce simulacre de César, n"a d'autre sens que celui d'usurpateur, d'empereur intrus.
SUR L'HISTOIRE UNIVERSEFJ.E.
Eugène fut pris : il fallut le sacrifier à la vengeance publique, et abattre la rébellion par sa mort (39i). Le lier Arbogaste se tua lui-même, plutôt que d'avoir recours à la clémence du vainqueur, que fout le reste des rebelles venait d'éprouver '.
Théodose, seul empereur, fut la joie et l'admiration de tout l'univers. 11 appuya la religion ; il fit taire les hérétiques ; il abolit les sacrifices impurs des païens ; il corrigea la mollesse et réprima les dépenses superflues. Il avoua humblement ses fautes, et il en fit pénitence (390). 11 écouta saint Ambroise, célèbre docteur de l'Église» qui le reprenait de sa colère, seul vice d'un si grand prince. Toujours victorieux, jamais il ne fît la guerre que par nécessité. Il rendit les peuples heureux, et mourut en paix '395), plus illustre par sa foi que par ses victoires -.
De son temps, saint Jérôme, prêtre, retiré dans la sainte grotte de Bethléem, entreprit des travaux immenses pour expliquer l'Écriture, en lut tous les interprètes, déterra ' toutes les histoires saintes et profanes qui la peuvent éclaircir, et composa, sur l'original hébreu, la version de la Bible que toute l'Église a reçue sous le nom de Vulgate.
L'empire, qui paraissait invincible sous Théodose, changea tout à coup sous ses deux fils. Arcade eut l'Orient, et Honorius l'Occident : tous deux gouvernés par leurs ministres, ils firent servir leur puissance à * des intérêts particuliers. Rufin et Eutrope, successivement favoris d'Arcade, et aussi méchants l'un que l'autre, périrent bientôt (3?5, 399) ; et les afî'aires n'en allèrent pas
1. Tout eu flëlrissant le crime du Dieurtiicr de Valenlinien, Bossuet se montre touché des remarquables qualiiés d'Arbogaste. Le peu qu'il dit de ce personnage {vaillant, désintéressé ; capable de tous les crimes pour maintenir... Le fier Arbogaste se tua plutôt que de...) donne l'idée de ce que fut en elTel le général franc de Valentiuien, d'un rare caractère.
i. Cet éloge, tout de choses, tout
simple, cîl le ]\n< beau poui-ttre qu'on ait écrit de Théoclose. On sent, à .'a fçravité recueillie des teimes, que le spectacle de ce rèfjne fait la joie el l'admiration de l'historien.