TROISIÈME ÉPOQUE
LA VOCATION d'aBUAHAM, OU LE COMMENCEMENT DU PEUPLE DE DIEU ET DE l'aLLIANCE.
Troisième âge du monde.
Quatre cent vingt-six ans après le déluge, comme les peuples marchaient chacun en sa voie \ et oubliaient celui qui les avait faits, Dieu, pour empêcher le progrès d'un si grand mal, au milieu de la corruption *, commença à se séparer ' un peuple élu. Abraham fut choisi pour être la tige et le père de tous les croyants (1921- "l-ldd). Dieu l'appela dans la terre de Chanaan, oh il voulait établir son culte et les enfants de ce patriarche, qu'il avait résolu de multiplier comme les étoiles du ciel et comme le sable de la mer. A la promesse qu'il lui fit de donner cette terre à ses descendants, il joignit quelque chose de bien plus illustre * ; et ce fut cette grande bénédiction qui devait être répandue sur tous les peuples du monde, en Jésus-Christ sorti de sa race. C'est ce Jésus- Christ qu'Abraham honore en la personne du grand pontife Melchisédech, qui le représente; c'est à lui
l.CnAcuN EN SA voiB, ct non dans celle où Dieu les appelait tous.
2. Ao MILIEU DE LA coBRDPTiO!». Complément adverbial du verbe qui suit :
coupe latine de phrase.
3. Se sÉpAUEn. Absolument comme on eût dit en latin, sevocare sibi. Les écrits de Bossuet abondent en locutions semblables. • Le chrétien n'a rien à prouver, parce que la foi lui décide
tout. » S. sur la divinité de la religion. — « Cette divine mère qui nous le nourrit (Jésus - Christ) de son lait virginal. ■ Eioide d'un S. sur la nativité. — o Saint Jean a été soigneux dejious recueillir les dernières paroles... » 1"' S. sur la compassion de la sainte Vierge.
4. Illustre. Au sens du latin illustris. Quelque chose de bien plus éclatant.
qu'il paie la dîme du butin qu'il avait gagné sur les rois vaincus, et c'est par lui qu'il est béni *.
Dans des richesses immenses *, et dans une puissance qui égalait celle des rois, Abraham conserva les mœurs antiques : il mena toujours une vie simple et pastorale, qui toutefois avait sa magnificence, que ce patriarche faisait paraître principalement en exerçant l'hospitalité envers tout le monde. Le ciel lui donna des hôtes'; les anges lui apprirent les conseils de Dieu *; ily crut, et parut en tout plein de foi et de piété.
De son temps, Inachus ', le plus ancien de tous les rois connus par les Grecs, fonda le roj^aume d'Argos.
Après Abraham, on trouve Isaac son fils, et Jacob son petit-fils, imitateurs de sa foi et de sa simplicité dans la même vie pastorale. Dieu leur réitère aussi les mêmes promesses qu'il avait faites à leur père, et les conduit comme lui en toutes choses. Isaac bénit Jacob au préjudice d'Ésaii, son frère aîné (1759-2129) ; et, trompé en apparence, en effet il exécuta les conseils de Dieu, et régla la destinée de deux peuples. Ésaii eut encore le nom d'Édom, d'où sont nommés les Iduméens, dont il est le père.
Jacob, que Dieu protégeait, excella ' en tout audessus d'Ésaii. Un ange, contre qui il eut un combat plein de mystères ', lui donna le nom d'Israël, d'oii ses enfants sont appelés les Israélites. De lui naquirent les douze patriarches, pères des douze tribus du peuple hébreu : entre autres Lévi, d'où devaient sortir les ministres des choses sacrées; Juda, d'où devait sortir, avec la race royale, le Christ, Roi des rois et Seigneur des sei-