Gen., ix
4. La nature cuamcéb. Même tour que dans ces vers de Corneille :
Quoi! mon père trahi, les élémenis forcés, Li'un Irére dans la mer les niembrs disperirs Lui font-ils présumer mon auJace épuisée 'f Médée, l, 4.
Sur remploi de ce participe chez Bossuet. Cf. p. 35, n. 3.
o.Maneth., Beros., Hestiae-, Xic. Damas, et al., apud Joseph., Ant., lib. I, c. 4, al. 3; Hesiod., Op. et Dies. B.
6. Qoî s'avasçait. Dont le moment se rapprochait. <"e sens répond exactement à celui d'une expression d'Horace :
Senioliqiie priu; tarda nécessitas Lelhi corripuit giadum.
Od., I, 3,
dans le crime, il fallait qu'ils fussent aussi, pour ainsi parler, tous les jours plus enfoncés* dans leur supplice.
Le seul changement des viandes ^ leur pouvait marquer combien leur état allait s'empirant, puisqu'en devenant plus faibles ils devenaient en même temps plus voraccs et plus sanguinaires.
Avant le temps du déluge, la nourriture que les hommes prenaient sans violence dans les fruits qui tombaient d'eux-mêmes, et dans les herbes qui aussi bien^ séchaient si vite, étaient sans doute quelque reste de ia première innocence, et de la douceur à laquelle nous étions formés. Maintenant, pour nous nourrir, il faut répandre du sang, malgré l'horreur qu'il nous cause naturellement; et tous les raflinements dont nous nous servons pour couvrir nos tables suftîsent à peine à nous déguiser les cadavres '* qu'il nous faut manger pour nous assouvir.
Mais ce n'est là que la moindre partie de nos malheurs. La vie déjà raccourcie s'abrège encore par les violences qui s'introduisent dans le genre humain. L'homme, qu'on voyait dans les premiers temps épargner la vie des bêtes, s'est accoutumé à n'épargner plus la vie de ses semblables. C'est en vain que Dieu défendit, aussitôt après le déluge, de verser le sang humain; en vain, pour sauver quelque vestige de la première
1. Plus BinJûXcÉs. Plongds plus cueillait pour sa nourriture, se seraieut avant. Bossuet ne craint pas de hasar- i perdues en séchant, der la reprise du même verbe, au pas- ! 4. A wons dégcisbr les cadavres, li sif, avec le mot supplice, afin de mar- ' y a dans ces courtes et éneriiiques paquer plus forti^ment la proportion crois- foies plus de sentiment et d'éloquence santé de la peine à la faute. i que dans la péroraison de la longue dé-
2. Viande se disait encore au sens \ clamation pythagoricienne, imitée de général de nourriture, aliments [victus;. j Plutarque, que Jean-Jacques a introduite — « C'est de la vérité que doit vivre ; au livre II de son Emile, o ... Ce n'est l'âme raisonnable : si elle quitte cette I pas assez, la chair morte te répugne
viande céleste, elle perd sa subslanci i" S. sur la Visitation, 2e p. — « Le pain dos anges, viande céleste. » Fragra.
sur la uécesiiié de la pénitence.
3. Anssi BIEN. Cette locution adverbiale acliève de rendie raison des mots sans violence. Ces herbes que l'homme
encore... il la faut transformer par le feu... il te faut des charcutiers, des cuisiniers... pour t'ôter Thorreur du meurtre et t'habiller des corps morts, afm que le sens du goût, trompé par ces déguisements, ne rejette point ce qui lui est étranger, et savoure avec plaisir dei
douceur de notre nature, en permettant de manger la chair des botes, il en avait réservé le sang*. Les meurtres se multiplièrent sans mesure. Il est vrai qu'avant le déluge Gain avait sacrifié son frère à sa jalousie^; Lamech, sorti de Gain, avait fait le second meurtre^; et on peut croire qu'il s'en fît d'autres après ces damnables exemples. Mais les guerres n'étaient pas encore inventées. Ge fut après le déluge que parurent ces ravageurs de provinces, que l'on a nommés conquérants*, qui, poussés par la seule gloire du commandement ^ ont exterminé tant d'innocents. Nemrod, maudit rejeton de Gham maudit par son père, commença à faire la guerre seulement pour s'établir un empire ^ Depuis ce temps l'ambition s'est jouée, sans aucune borne, de la vie des hommes : ils en sont venus à ce point de s'entre-tuer sans se haïr' : le comble de la gloire et le plus beau de tous les arts a été de se tuer les uns les autres**.
Gent ans * ou environ après le déluge, Dieu frappa le genre humain d'un autre fléau par la division des langues. Dans la dispersion qui se devait faire de la famille de Noé par toute la terre habitable, c'était encore un lien de la société, que la langue qu'avaient parlée les premiers hommes, et qu'Adam avait apprise à ses enfants, demeurât commune. Mais ce reste de l'an-
cadavrcs, ilosit l'œil même eût eu peine à sontciiir l'aspect, d