‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 19 sur 583 · Se DÉcLiKENT. Se découvrent, se manifcsteiit · texte numérisé non relu

Se DÉcLiKENT. Se découvrent, se manifcsteiit

2. Parbicidb. Se dit de tout crime énorme et dénaturé (Acad. fr.).

3. Encore un reflet du latin dans ce gens admiratif, emphatique, du pronom ce (celebratissimam illam interpretationem).

4. GÉxiE BLEvÉ ET DROIT. C'cst mettre ensemble, en trois mois, l'élévation de l'esprit et la droiture du cœunconfirmation expressive de l'éloge qui vient d'être donné, par deux fois, au fils de Jacob : ce grand homme ; un si grand homme.

5. Partodt 00 IL EST. Dans la maison de sou père, dans celW de Putipbar,

dans sa prison, à la cour du Pharaoa 6. Toute cette belle histoire de Joseph, avec les contrastes merveilleux et les grandes leçons dont elle est pleine, revit dans ce résumé court, substantiel, éloquent.

~i, • Pharaon, en égyptien, signifie roi, » dit l'historien Josèphe, Antiquités judaïques, II, 8.

8. Remarquons une fois pour toutes cet usage du mot devant, duquel s'offriront de nombreux exemples dans les Pages qui vont suivre. Bossuet garde habitude, qui avait longtemps régné au xvii« siècle, d'employer inditféremnieut devant et avant.

DISCOrRS

la jalousie des Égyptiens: les Hébreux sont injustement haïs, et impitoyablement persécutes. Dieu fait naître Moïse (1571-1725) leur libérateur, qu'il délivre des eaux du Nil, et le fait tomber entre les mains de la ûUe de Pharaon : elle l'élève comme son fils, et le fait instruire dans toute la sagesse des Égyi>licns '.

En ces temps, les peuples d'Égyple s'établirent en divers endroits de la Grèce. La colonie que Cécrops amena d'Egypte fonda douze villes, ou plutôt douze bourgs (1556-1643), dont il composa le royaume d'Athènes, et où il établit, avec les lois de son pays, les dieux qu'on y adorait ^. Un peu après, arriva le déluge de Deucalion dans la Thessalie, confondu par les Grecs avec le déluge universel*. Hellen, fils de Deucalion, régna en Phthie, pays de la Thessalie, et donna son nom à la Grèce *. Ses peuples, auparavant appelés Grecs % prirent toujours depuis le nom d'Hellènes, quoique les Latins leur aient conservé leur ancien nom. Environ dans le même temps, Gadmus, fils d'Agénor, transporta en Grèce une colonie de Phéniciens, et fonda la ville de Thôbes dans la Béotie. Les dieux de Syrie et de Phénicie entrèrent avec lui dans la Grèce ^

Cependant Moïse s'avançait en âge. A quarante ans (1531-1685), il méprisa les richesses de la cour d'Egypte; et, touché des maux de ses frères les Israélites, il se mit en péril pour les soulager. Ceux-ci, loin de profiter de

1. Dans TOUTE la sagesse des Égyptiens. Ce sout les tcinics mêmes du texte sacré : Actes des Apôtres, vu, 22, discours d'Etienue devant ses juges. — — Bossuet, I1I« partie de celte Uistoiie, c. 3, iusiste sur cette éducation égyptienne de Moïse.

2. Un peu plus loin, Bossuet fait mention d'un autre Egyptien second fondateur d'Argos (Daiiaîjs).

3. Mann. Arund. seu ^Era Att. B. — On voit que Bossuet connaissait et mettait à proQt les fameuses tables de Paros, découvertes en 1627 par un secrétaire du comte d'Arundel, chronique grecque sur marbre, d'une antiquité resliecluble et d'un haut intérêt, mais qui ue mérite pas, comme document liisto-

rique, toute la confiance que lesérudits des deux derniers siècles lui ont accordée. V. le jugement du savant Bœckh sur cette chronique. Corpus inscr. grœc, t. 11, p. 303.

4. Le mouvement de peuples qui porta ce nouveau nom dans toute la Grèce, fut conduit, suivant la tradition antique, par les fils et petits-fils d'Hellen, Dorus, jEuIus, Achaeus, Ion.

5. Le nom de Grecs (rpaïxoi), que la conquête romaineWevait généraliser, ne fut jamais porté que par quelques peuplades du nord et du centre.

II. Depuis Bossuet, la critique historique s'est fort exercée sur le fait de la colonisation de la Grèce par l'Egypte et la ttiéuicie.

SUR L'HISTOIRE UNIVERSELl-E.

son zôle et de son courage, l'exposèrent à la fureur de Pharaon, qui résolut sa perte. Moïse se sauva d'Egypte en Arabie, dans la terre de Madian, où sa vertu, toujours secourable aux oppressés \ lui fit trouver une retraite assurée. Ce grand homme, perdant l'espérance de délivrer son peuple, ou attendant un meilleur temps, avait passé quarante ans à paître les troupeaux de son beaupère Jéthro, quand il vit dans le désert le buisson ardent, et entendit la voix du Dieu de ses pères, qui le renvoyait en Egypte pour tirer ses frères de la servitude (1491lt)46). Là paraissent l'humilité ^, le courage et les miracles de ce divin législateur ; l'endurcissement de Pharaon, et les terribles châtiments que Dieu lui envoie; la Pâque, et le lendemain le passage de la mer Rouge; Pharaon et les Égyptiens ensevelis dans les eaux ' , et rentière délivrance des Israélites.

Page 1