Ibid., XLiv, 3, 4, 5, G, 7, 8. B
11. Au CONSEIL. C'est un conseil, en effet : le Père s'adresse au Fils ; les personneâ divines tiennent conseil.
qu'il adresse à son Fils unique : Je t'ai engendré aujour~ d'hui; à laquelle Dieu joint la promesse d'un empire perpétuel, « qui s'étendra sur tous les Gentils, et n'aura point « d'autres bornes que celles du monde*. Les peuples « frémissent en vain ; les rois et les princes font des (( complots inutiles. » Le Seigneur se rit du haut des deux ^ de leurs projets insensés, et établit malgré eux l'empire de son Chrisl. Il l'établit sur eux-mêmes, et il faut qu'ils soient les premiers sujets de ce Christ dont ils voulaient secouer le joug^ Et encore que le règne de ce grand Messie soit souvent prédit dans les Écritures sous des idées* magnifiques, Dieu n'a point caché à David les ignominies de ce béni fruit de ses entrailles. Cette instruction était nécessaire au peuple de Dieu. Si ce peuple encore infirme' avait besoin d'être attiré par des promesses temporelles, il ne fallait pourtant pas lui laisser regarder les grandeurs humaines comme sa souveraine félicité, et comme son unique récompense: c'est pourquoi Dieu montre de loin ce Messie tant promis et tant désiré, le modèle de la perfection et l'objet de ses complaisances, abîmé dans la douleur. La croix paraît à David comme le trône véritable de ce nouveau roi. Il voit ses mains et ses pieds percés, tous ses os marqués sur sa peaii^ par tout le poids de son corps violemment suspendu, ses habits partagés, sa robe jetée au sort, sa langue abreuvée de fiel et de vinaigre, ses ennemis frémissant autour de lui, et s' assouvissant de son sang''. Mais il voit en même temps les glorieuses suites de ses humiliations: tous les peuples de la terre se ressouvenir de leur Dieu oublié depuis tant de siècles ; les pauvres venir les premiers à la table