‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 227 sur 583 · Sb aaoujLLEHT. V, p. 127 et · texte numérisé non relu

Sb aaoujLLEHT. V, p. 127 et

et des Perses * : tout cède à ce redoutable conquérant. 11 s'avance lentement vers les Chaldéens, et sa marche est souvent interrompue. Les nouvelles de sa venue viennent de loin à loin, comme avait prédit Jérémie ^ : enfin il se détermine. Babylone, souvent menacée par les prophètes, et toujours superbe et impénitente, voit arriver son vainqueur qu'elle méprise . Ses richesses, ses hautes murailles, son peuple innombrable, sa prodigieuse enceinte, qui enfermait tout un grand pays, comme l'attestent tous les anciens ', et ses provisions infinies, lui enflent le cœur. Assiégée durant un long temps sans sentir aucune incommodité, elle se rit de ses ennemis, et des fossés que Cyrus creusait autour d'elle * : on n'y parle que de festins et de réjouissances. Son roi Baltazar, petitfils de Nabuchodonosor, aussi superbe que lui, mais moins habile, fait une fête solennelle à tous les seigneurs *. Cette fête est célébrée avec des excès ino\iïs. Baltazar fait apporter les vaisseaux sacrés enlevés du temple de Jérusalem, et mêle la profanation avec le luxe*. La colère de Dieu se déclare : une main céleste écrit des paroles terribles sur la muraille de la salle où se faisait le festin : Daniel en interprète le sens; et ce prophète, qui avait prédit la chute funeste de l'aïeuî, fait voir encore au petil-fils la foudre qui va partir pour l'accabler. En exécution du décret de Dieu, Cyrus se fait tout à coup une ouverture dans Babylone. L'Euphrate, détourné dans les fossés qu'il lui préparait depuis si longtemps, lui dô-

i.Hei'od.,lib. I, c. 177 ; Xenoph., Cy- — Aux images qu'il emprunte ici à ces ropœdy Mb. Il, 111, etc. B. (prophètes, Bossuet ajoute plus d'un

2. Jer., Li, 46. B. i trait expressif tiré d'Hérodote, de Xé-

3. Herod.,lib.I,c. 178,etc. ; Xenopli , j nophou, ou même d'Aristote : de tous Cyropœd., lib. VU; Arist., Polit., lib. j ces souvenirs, rapprochés et transforlil, c. 3. B. j mes par son imagination toute-puis-

4. Babylone, ainsi représentée, n'est santé, il compose un sublime et saisisplus un être collectif et abstrait, c'est sant tableau qui n'appartieat qu'à lui.

une personne, ayaat vie et passions, que sa fortune enivre, et dont la destinée se précipite. Telles nous apparaissent, magnifiquement et longuement personnifiées, ces antiques cités d'Orient, dans les apostrophes ou les invectives d'Isaïe, ae Jérémie, de Daniel.

b. Dan., v. B.

6. Le luxe. L'idée de débauche se mêle dans ce mot à celle de faste et de somptuosité. Sens conforme à l'une des plus fréquentes acceptions du latiu luxus.

couvre son lit immense: il entre* par ce passage imprévu. Ainsi fut livrée en proie aux Mèdes et aux Perses, et à Cyrm, comme avaient dit les prophètes, cette superbe Babylone ^ Ainsi périt avec elle le royaume des Chaldéens, quiavaient détruit tant d'autres royaumes ^; et le marteau qui avait brisé tout l'univers fut brisé lui-même. Jérémie l'avait prédit *, Le Seigneur rompit la verge dont il avait frappé tant dp -vit ions. 'haïe l'avait prévu ^ Les peuples, accoutumés au joug des rois chaldéens, les voient eux-mêmes sous le joug : Vous voilà, dirent-ils *, blessés comme nous; vous êtes devenus semblables à nous, vous qui disiez dans votre cœur : J'élèverai mon trône au-dessus des astres, et je sei^ai semblable au Très-Haut. C'est ce qu'avait prononcé le même Isaïe. Elle tombe, elle tombe, comme l'avait dit ce propliète '', cette grande Babglone, et ses idoles sont brisées. Bel est renversé, et Nabo, son grand Dieu, d'où les roisiprenaient leur nom, tombe fjar terre * : car les Perses, leurs ennemis, adorateurs du soleil, ne souffraient point les idoles ni les rois qu'on avait faits dieux. Mais comment périt cette Babylone ^? comme les prophètes l'avaient déclaré. Ses eaux furent desséchées, comme avait prédit Jérémie *", pour donner passage à son vainqueur : enivrée, endormie, trahie par sa propre joie ", selon le même prophète, elle se trouva au pouvoir de ses ennemis, et prise comme dans un filet sans le savoir *^ On passe tous ses habitants au fil de l'épée : car les Modes S3S vainqueurs, comme avait dit Isaïe *^ ne chercluiient ni

I . La disposition des mots, dans cette 9. Majs comment pé^it cette B^byp'Tase, la coupe du récit produisent un lone? — On vient de l'apprendre ; mais j^rand et soudain effet de perspectiye. I l'auteur ramène cette question, pour Aucun des tiistoriens anciens qui ont ' marquer expressément certaines coinciraconté l'entrée des Perses dans Baby- ! dences de 1 histoire et de la prophétie.

lone par l'Euphrate, ne nous fait mieux assister à cette espèce de coup de théâtre amené par le stratagème de Cyrus.

2. Is.,xiii, 17 ; XXI, 2; xlv, xlti,xlvii; Jcr.,Li, 11, 28. B.

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