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C'est caractériser avec ia plus i;rande force, et de la façon la plus originale, sans aucune exagération, ce second âge des persécutions de l'Église.
2. Tout le mouvement si vif de cette page s'apaise majestueusement dans ces derniers mots; et tout s'efface devant la grande image de l'Église immuable, éternelle.
3. L'histoire de la Suite de la Religion semble achevée ici, et l'est en
effet: mais l'auteur, avant de conclure, a besoin de reprendre plusieurs points déjà traités, pour les mettre en plus vive lumière, soit par de nouvelles considérations plus profondes, soit en répondant aux objections des infidèles ou des incrédules. Dans les chapitres qui suivent (ixi — xxi), et qui forment comme le complément de celte seconde Partie, la science du théologien et la dialectique du controversiste vont se donner plus libre carrière.
ont raconté les faits importants par lesquels il lui a plu de la déclarer.
Nous avons Josèphe, auteur juif, historien très fidèle, et très- instruit des afl'aires de sa nation, dont aussi il a illustré * les antiquités par un ouvrage admirable. Il a écrit la dernière guerre, où elle a péri, après avoir été présent à tout, et y avoir lui-môme servi son pays avec un commandement considérable ^.
Les Juifs nous fournissent encore d'autres auteurs très-anciens, dont vous verrez les témoignages. Ils ont d'anciens commentaires sur les livres de l'Écriture, et entre autres les Paraphrases chaldaïques ^ qu'ils impriment avec leurs Bibles, Ils ont leur livre qu'ils nomment Talmud, c'est-à-dire Doctrine, qu'ils ne respectent pas moins que l'Écriture elle-même. C'est un ramas ' des traités et des sentences de leurs anciens maîtres ; et encore que les parties dont ce grand ouvrage est composé ne soient pas toutes de la même antiquité, les derniers auteurs qui y sont cités ont vécu dans les premiers siècles de l'Église. Là, parmi une infinité de fables impertinentes ^, qu'on voit commencer pour la plupart après les temps de Notre-Seigneur, on trouve de beaux restes des anciennes traditions du peuple juif, et des preuves pour le convaincre.
Et d'abord il est certain, de l'aveu des Juifs, que la vengeance divine ne s'est jamais plus terriblement ni plus manifestement déclarée qu'elle fit dans leur dernière désolation.
C'est une tradition constante, attestée dans leur Talmud, et confirmée par tous leurs rabbins, que, quarante ans avant la ruine de Jérusalem, ce qui revient à peu près au temps de la mort de Jésus-Christ, on ne cessait
1. A ILLUSTRÉ. A éclairci. Cf. p. 3S, n. 5. Sens exactement conforme à celui du verbe latin illustrare, mettre en lumière. Illustrare philosophiam latinis litteris. Cic , Acad., i, 1.
2. Joâèphe était gouverneur de la Galilée, où il soutint un siège dans la ville de Jotapat, avant de se rendre à Titus.
3. Chaldaïques. V. ce que Ihistcvrien a dit, p. 77, de l'introducliou de la langue chaldaïque chez les Juifs.
4. Ramas. Recueil. Ce mot n'entraîne point ici de sens défavorable. V ce qui suit. — Cf. p. 176, n. 2.
5. Impertinentes . Absurdes , contraires au bon sens. Cf. p. 279, n. 4.
de voir dans le temple des choses étranges. Tous les jours il y paraissait de nouveaux prodiges, de sorte qu'un fameux rabbin s'écria un jour : « 0 temple ! ô temple ! « qu'est-ce qui t'émeut, et pourquoi te fais-tu peur à (( toi-même ' ? »
Qu'y at-il de plus marque que ce bruit affreux qui fut ouï par les prêtres dans le sanctuaire le jour de la Pentecôte, et cette voix manifeste* qui sortit du fond de ce lieu sacré : « Sortons d'ici ! sortons d'ici ! » Les saints anges protecteurs du temple déclarèrent hautement qu'ils l'abandonnaient, parce que Dieu, qui y avait établi sa demeure durant tant de siècles, l'avait réprouvé.
Josèphe et Tacite même ont raconté ce prodige '. Il ne fut aperçu que des prêtres. Mais voici un autre prodige qui a éclaté aux yeux de tout le peuple, et jamais aucun autre peuple n'avait rien vu de semblable. « Qua- « tre ans devant la gjierre déclarée *, un paysan, dit Jo- « sèphe ^, se mit à crier : Une voix est sortie du côté de (( l'orient, une voix est sortie du côté de l'occident, une « voix est sortie du côté des quatre vents : voix contre Jé- « rusalem et contre le temple ; voix contre les nouveaux « mariés et les nouvelles mariées; voix contre tout le (( peuple. » Depuis ce temps, ni jour ni nuit, il ne cessa de crier : « Malheur, malheur à Jérusalem ! » Il redoublait ses cris les jours de fête. Aucune autre parole ne sortit jamais de sa bouche: ceux qui le plaignaient, ceux qui le maudissaient, ceux qui lui donnaient ses nécessités^, n'entendirent jamais de lui que cette terrible parole : (» Malheur à Jérusalem ! » Il fut pris, interrogé, et condamné au fouet par les magistrats : à chaque demande
t. R. Johanan, fils de Zacaï, Tract.
De [est. Expiât. B.
2. Use voix HiMFESTB. Eoiploï la:in de cet adjectif. Xox manifesta.
...Ipsc dcuin manifesta in lumineîidi.
VliiG., /i"«-, IV, 338.
Manifeste ne se dit guère aujourd'hui que de choses plus ou moins abstraites, au sens de, notoire, évideut. Un crime, une erreur, une preuve manifeste.