‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 371 sur 583 · Nulle part peut-être Bossuet n'est · texte numérisé non relu

Nulle part peut-être Bossuet n'est

plus varié ni plus entraînant que dans ce chapitre xin. Toutes les formes d'exposition, tous les genres de style, récit, dissertation, discours, mouvements oratoires, etc., sont à son usage dans celte savante et éloquente étude des derniers effoits de l'idolâtrie aux abois : toutes les ressources de son multiple génie d'écrivain s'y déploient.

5. Tit. Liv., lib. XXXIX, cap 18, etc.; Orat. Maîccn. apud Dion.Cass., lib. UI; TertuU., Apolog., c. 5; Euseb., Bist.

eccL, lib. II, cap. 2. B.

6. y., 0. F. de la Reine d'Angleterre, ce que dit l'auteur de • la licence où se jettent les esprits, quand on ébranle les fondements de la religion, et qu'on remue les bornes une fois posées. >

ligion véritable n'excitait pas de tels troubles : et c'est une des merveilles qui montre qu'il agissait dans cet ouvrage. Car qui ne s'étonnerait de voir que durant trois cents ans que l'Église a eu^à soulTrir tout ce que la rage des persécuteurs pouvait inventer de plus cruel, parmi tant de séditions et tant de guerres civiles, parmi tant de conjurations contre la personne des empereurs, il ne se SQJt jamais trouvé un seul chrétien ni bon ni mauvais ? Les chrétiens défient leurs plus grands ennemis d'en nommer un seul; il n'y en eut jamais aucun *, tant la doctrine chrétienne inspirait de vénération pour la puissance publique, et tant fut profonde l'impression que fit dans tous les esprils cette parole du Fils de Dieu * : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu, ce qui « est à Dieu. »

Cette belle distinction porta dans les esprits une lumière si claire, que jamais les chrétiens ne cessèrent de respecter l'image de Dieu dans les princes persécuteurs delà vérité. Ce caractère de soumission reluit ' tellement dans toutes leurs apologies, qu'elles inspirent encore aujourd'hui à ceux qui les lisent l'amour de l'ordre public, et fait voir qu'ils n'attendaient que de Dieu l'établissement du christianisme. Des hommes si déterminés à la mort, qui remplissaient tout l'empire et toutes les armées *, ne se sont pas échappés ' une seule fois durant tant de siècles de souffrance ; ils se défendaient à euxmêmes, non-seulement les actions séditieuses, mais encore les murmures. Le doigt de Dieu était dans cette œuvre *, et nulle autre main que la sienne n'eût pu retenir des esprits poussés à bout par tant d'injustices.

A la vérité, il leur était dur d'être traités d'ennemis publics et d'ennemis des empereurs, eux qui ne respi-

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