Diod., lib. i, sect. 2, n. 25. B
4. Toutes les professions étaient no- KORÉES. c'était là un des meilleurs exemples que l'historien pût offrir, au nom de l'antique Egypte, à la France de Louis XIV. — Il est vrai qu'on ne voit pas bien comment cette éf^alité morale des conditions pouvait régner dans un pays soumis, comme paraît l'avoir été l'empire des Pharaons, au régime des
castes, et où toute propriété se trouvait (Diodore le dit) entre les mains des deux castes supérieures, c'est-à-dire des prêtres et des guerriers.
5. Les NOURRIT. Les anime et les développe. Aourrir prend, dans la langue du xviie siècle, tous les sens que recevaient, en Idlin, alere,nutrire.C(.p 45, 49, 86. — Honos alit artes, omnesque incenduniur ad studia gtoria. Cicérou, TuscuL, I, 2.
6. Très-judicieuse remarque. Ou ne peut d'autre part se dissimuler les ficilités que cette hérédité des professions donnait à l'esprit de routine, sans parler de la contrainte qu'elle faisait peser sur les vocations naturelles. Voltaire juge cette loi tout autrement que Bos suet. 0 C'était, dit-il, le vrai secret d'anéantir tous les talents.» V. dans les OEuvres complètes, éd. Beuchol, Mélanges, t. Vil, p. 393.
Mais il y avait une occupation qui devait être commune : c'était l'étude des lois et de la sagesse. L'ignorance de la religion et de la police * du pays n'était excusée en aucun état. Au reste, chaque profession avait son canton qui lui était assigné. Il n'en arrivait aucune incommodité dans un pays dont la largeur n'était pas grande; et, dans un si bel ordre, les fainéants ne savaient oti se cacher.
Parmi de si bonnes lois, ce qu'il y avait de meilleur, c'est que tout le monde était nourri dans l'esprit de les observer *. Une coutume nouvelle était un prodige en Egypte 3 : tout s'y faisait toujours de même *; et l'exactitude qu'on y avait à garder les petites choses maintenait les grandes. Aussi n'y eut-il jamais de peuple qui ait conservé plus longtemps ses usages et ses lois. L'ordre des jugements servait à entretenir cet esprit. Trente juges étaient tirés des principales villes, pour composer la compagnie qui jugeait tout le royaume ^ On était accoutumé à ne voir dans ces places que les plus honnêtes gens * du pays et les plus graves. Le prince leur assignait certains revenus, afin qu'affranchis des embarras domestiques, ils pussent donner tout leur temps à faire observer les lois. Ils ne tiraient rien des procès, et on ne s'était pas encore avisé de faire un métier de la justice'. Pour éviter les surprises, les affaires étaient traitées par écrit dans cette assemblée. On y craignait la fausse éloquence, qui éblouit les esprits et émeut les passions. La vérité ne pouvait être expliquée d'une manière trop sèche. Le président du sénat portait un col-