‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 536 sur 583 · Fut ktoxsé. V. p. 88, n · texte numérisé non relu

Fut ktoxsé. V. p. 88, n

4. Cf. Tite-Live. fin du 1. XXII : t Que in tcmpore ipso adeo magno animo civitas luit...» — Montesquieu, Gr«nrf. e< dpc, c. IV : « Rome fut un prodige de constance, etc. » — Saint-Evremond, Hc flexions sur les divers génies du peuple romain, c. vu.

citoyens toujours exactement continué depuis Servius TuUius ; elle savait, dis-je, tout ce qu'elle avait de citoyens capables de porter les armes, et ce qu'elle pouvait espérer de la jeunesse qui s'élevait * tous les jours. Ainsi elle ménageait ses forces contre un ennemi qui venait des bords de l'Afrique ; que le temps devait détruire tout seul dans un pays étranger, où les secours étaient si tardifs ; et à qui ses victoires mêmes, qui lui coûtaient tant de sang, étaient fatales *. C'est pourquoi, quelque perte qui fût arrivée, le sénat, toujours instruit de ce qui lui restait de bons soldats, n'avait qu'à temporiser, et ne se laissait jamais abattre. Quand, par la défaite de Cannes et par les révoltes ' qui suivirent, il vit les forces de la république tellement diminuées qu'à peine eût-on pu se défendre si les ennemis eussent pressé, il se soutint par courage, et, sans se troubler de ses pertes, il se mit à regarder* les démarches* du vainqueur. Aussitôt qu'on eut aperçu qu'Annibal, au lieu de poursuivre sa victoire, ne songeait durant quelque temps qu'à en jouir ^, le sénat se rassura, et vit bien qu'un ennemi capable de manquer à sa fortune ', et de se laisser éblouir par ses grands succès, n'était pas né pour vaincre les Romains '. Dès lors Rome fit tous les jours de plus grandes entreprises ; et Annibal, tout habile, tout courageux, tout victorieux qu'il était ', ne put tenir contre elle '".

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