‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 538 sur 583 · N'ÉTAIT PAS NÉ POUR VAIKCRB LES · texte numérisé non relu

N'ÉTAIT PAS NÉ POUR VAIKCRB LES

RoiuiNs. Quelle hauteur de mépris dans ces paroles, et quelle sécurité de courage et d'orgueil y respire!

9 . Tout aAsiLB, tout counACEtn, TOUT... — Par ce tour répété, l'auteur semble braver l'ennemi triomphant, qui, malgré tant de gages de succès, va fléchir.

10. Les expressions brèves et fortes, qui donnent vigueur au récit {se soutenir par courage; si les ennemis eussent pressé; tenir contre; reprendre coeur), abondent dans ce passage : on «

Il est aisé déjuger, par ce seul événement, à qui devait enfin demeurer tout l'avantage. Annibal, enflé de ses grands succès, crut la prise de Rome trop aisée, et se relâcha '. Rome, au milieu de ses malheurs, ne perdit ni le courage ni la confiance, et entreprit de plus grandes choses que jamais^. Ce fut incontinent après la défaite de Cannes qu'elle assiégea Syracuse et Capoue, l'une infidèle aux traités, et l'autre rebelle. Syracuse ne put se défendre, ni par ses fortifications, ni par les inventions d'Archimède. L'armée victorieuse d'Annibal vint vainement au secours de Capoue. Mais les Romains firent lever à ce capitaine le siège de Noie. Un peu après, les Carthaginois défirent et tuèrent en Espagne les deux Scipions. Dans toute cette guerre, il n'était rien arrivé de plus sensible ni de plus funeste aux Romains'. Leur perte leur fit faire les derniers efforts : le jeune Scipion, fils d'un de ces généraux, non content d'avoir relevé les affaires de Rome en Espagne, alla porter la guerre aux Carthaginois dans leur propre ville, et donna le dernier coup à leur empire.

L'état de cette ville ne permettait pas que Scipion y trouvât la même résistance qu'Annibal trouvait du côté de Rome ; et vous en serez convaincu, si peu que vous regardiez la constitution de ces deux villes.

Rome était dans sa force ; et Carthage, qui avait commencé de baisser *, ne se soutenait plus que par AnnibaP. Rome avait son sénat uni, et c'est précisément dans ces temps que s'y est trouvé ce concert tant loué dans le livre des Machabées. Le sénat de Carthage était divisé par de vieilles factions irréconciliables ; et la perte d'Annibal

pu les rencontrer plus d'une fois ailleurs chez notre historien, car elles lui sont familières, et font partie de sa langue; mais nulle part l'effet n'en est plus vif que dans ce récit.

1. Se RELACHA. Y. dans Montesquieu, c. IV, ccimment cet auteurexpliquectjus- \ifie l'inaction d'Annibal après Cannes.

2. Cf. Florus.Il, 6. — «0 singularcra animum spiritumque populi rocaani 1 Tarn arctis afflictisquc rcbus. . . •

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