‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 81 sur 583 · vu · texte numérisé non relu

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réduire ce parti qu'en y mettant la division. Il n'y eut pas jusqu'à Spartacus, gladiateur, qui ne crût pouvoir aspirer au commandement. Cet esclave ne fit pas moins de peine * aux préteurs et aux consuls que Mithridate en faisait à LucuUus. La guerre des gladiateurs devint redoutable à la puissance romaine : Crassus avait peine à la finir, et il fallut envoyer contre eux le grand Pompée (71).

LucuUus prenait le dessus en Orient (68). Les Romains passèrent l'Euphrate; mais leur général, invincible contre l'ennemi, ne put tenir dans le devoir ses propres soldats. Mitbridate, souvent battu, sans jamais perdre courage, se relevait; et le bonheur de Pompée semblait nécessaire à terminer * cette guerre. Il venait de purger les mers (67) des pirates qui les infestaient, depuis la Syrie jusqu'aux Colonnes d'Hercule, quand il fut envoyé contre Mitbridate. Sa gloire parut alors élevée au comble. 11 achevait de soumettre ce vaillant roi; l'Arménie, où il s'était réfugié, ribérie et l'Albanie, qui le soutenaient; la Syrie, déchirée par ses factions; la Judée (63), où la division des Asmonéens ne laissa à Hj'rcanll, fils d'Alexandre Jannée, qu'une ombre de puissance ; et enfin tout l'Orient : mais il n'eût pas eu où triompher de tant d'ennemis ', sans le consul Cicéron, qui sauvait la ville des

i. Ni fit pas 1I0I5S de peine... qob UiTuniDÂTE. La comparaison indique assez quelle esl ici la valeur de l'ei| ression faire peine. Bossuel a dit avec uue égale force, en parlaut du prtmer homme : ' Dieu, qui avait tout fait pour son bonheur, lui tourne en uu moiiunt tout en supplice : il se fait peine à iuimcme, lui qui s'était tant aimé. > 11» partie, c. I. - Pascal: • La seule comparaison que n"us fa sons de nous au Uni, «oiis fait peine. • Pensées, éd. Havet, art. 1. Le sens de cette expression s'est afTaildi.

t. Et le bonheur de Pompée semblait... C'e=t 11' résumé d'un argument du Uisciiurs Pro leye Manilia, c. xvi.

Nécessaire à terminer : une construction analogue a dt>jà été remarquée, p. 7Î, n. 4. — A la On de la Xll» Époque,

il est dit des Olympiades^ que l'usage qu'en ont fait U:s Grecs, ■ les rend nécessaires à fixer les temps. » — «Si U préseuce de l'abbé vous parait nécessaire à mettre quelque ordre à nos afTaires.... > Sévigné.

li. Il h'eut pas ed ou triompher. . , C'est l'aveu que Pompée lui-même se plaisait à fairf, et dont Cicéron se glorifie. • Slihi quidem certe vir al.undans bellicis laudibus, multis audiinlibus, hoc tril/uit, ul diceret frustra se triumpbum tcrtium dt-portaturum fuisse, nisi, meo in rem publicam bénéficie, iibt triumpharet, essel habiturus.tDe off., I, ti. r.f. 1I« Philippique, c. v. Hommage flatteur pour le consul, tt trait de lumière sur l'état intérieur, si précaire, de la République I Aussi Bossuct a-t-il ju:;é le mot de buime prise. L'effet en est

feux que lui préparait Catilina, suivi ' de la plus illustre noblesse de Rome. Ce redoutable parti fut ruiné par l'éloquence de Ciccron, plutôt que parles armes de G. Antonius, son collègue.

La liberté du peuple romain n'en fut pas plus assurée. Pompée régnait dans le sénat, et son grand nom le rendait maître absolu de toutes les délibérations. Jules César, en domptant les Gaules (58), fit à sa patrie lapins utile conquête qu'elle eût jamais faite. Un si grand service le mit en état d'établir sa domination dans son pays. Il voulut premièrement égaler et ensuite surpasser Pompée.

Les immenses richesses de Crassus lui firent croire qu'il pourrait partager la gloire de ces deux grands hommes, comme il partageait leur autorité. 11 entreprit témérairement la guerre contre les Parthes, funeste à lui et à sa patrie (53). Les Arsacides vainqueurs insultèrent par de cruelles railleries à l'ambition des Romains, et à l'avarice insatiable de leur général.

Mais la honte du nom romain ne fut pas le plus mauvais elfet de la défaite de Crassus. Sa puissance contrebalançait celle de Pompée et de César, qu'il tenait unis comme malgré eux. Par sa mort, la digue qui les retenait fut rompue. Les deux rivaux, qui avaient en main toutes les forces de la république, décidèrent leur querelle à Pharsale par une bataille sanglante (i8). César victorieux parut en un moment par tout l'univers *, en Egypte, en Asie, en Mauritanie, en Espagne : vainqueur de tous côtés, il fut reconnu comme maître à Rome et dans tout l'empire (45). Brutus et Cassius crurent affranchir leurs citoyens en le tuant comme un tyran, malgré sa clémence (44) ^

redoublé chez lui par celle imposante i succédé d'assez près, pour qiio Ihisénumi-ralion des victoires de Pompée eo 1 lorien ému d admiration puisse tcuir ce Orient. ! lan^^age, et parler de César, le rapide

i . Suivi dr. Ayant pour complices, conquérant (X« Ep-), comme du mé- L'usngc que fait ici l'auteur du verbe léore, ou de la foudre qui vole. suivre, réponil à l'un des sens les plus 3. Par ces simples paroles les nieuréiiergiqucs du laliii sequi. i triers de <:ésar sout convaincus au

2. Pauit ek un moment. Toutes ces moins d'illusion et dingratituUe. guerres oui pris tryis ans mais se sont J

Rome retomba entre les mains de Marc-Antoine, de Lépide et du jenne César Octavien, petit-neveu de Jules César, et son fils par adoption; trois insupportables tyrans, dont le triumvirat et les proscriptions font encore horreur en les lisant (43\ Mais elles furent trop violentes pour durer longtemps. Ces trois hommes partagent l'empire. César garde l'Italie ; et, changeant incontinent en douceur ses premières cruautés, il fait croire qu'il y a été entraîné par ses collègues *. Les restes de la république périssent avec Brutus et Cassius (4-2). Antoine et César, après avoir ruiné Lépide, se tournent l'un contre l'autre. Toute la puissance romaine se met sur la mer ^

César gagne la bataille Actiaque (31) : les forces de l'Egypte et de l'Orient, qu'Antoine menait avec lui, sont dissipées : tous ses amis l'abandonnent, et même sa Cléopâtre ^, pour laquelle il s'était perdu. Hérode, Iduméen, qui lui devait tout, est contraint de se donner au vainqueur, et se maintient par ce moyen dans la possession du royaume de Judée, que la faiblesse du vieux Hyrcan avait fait perdre entièrement aux Asmonéens. Tout cède à la fortune de César : Alexandrie lui ouvre ses portes ; l'Egypte devient une province romaine ; Cléopâtre, qui désespère de la pouvoir conserver, se tue elle-même après Antoine : Rome tend les bras à César*, qui demeure, sous le nom d'Auguste et sous le titre d'empereur, seul maître de tout l'empire (27). Il dompte,

1. Il PAIT cBoinE... « El qua leni- j sauveur, en effet, pour cette société aux tate ducis coUigi potuit, quem, aut ini- abois, celui que les grandes voix du tlo Iriuniviratus sui, aut in campis phi- temps proclament un dieu secourable. lippicis, si liciiisset, victotlee suae factu- !

rus fiierit modum. » Tell. Pat., 11,86. Huncsaltcm «Tcrso JMTenem«uccurrer« «aclo

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