‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 3)Chapitre 30 sur 74 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Diversité des jugements de Dieu. Jugement de rigueur sur Babylone; jugement de miséricorde sur Jérusalem.

Qui n'admirerait ici la Providence divine, si évidemment déclarée sur les Juifs et sur les Chaldéens, sur Jérusalem et sur Babylone? Dieu les veut punir toutes deux; et, afin qu'on n'ignore pas que c'est lui seul qui le fait, il se plait à le déclarer par cent prophéties. Jérusalem et Babylone, toutes deux menacées dans le même temps et par les mêmes prophètes, tombent l'une

' Is., XIII, 15, 16, 17, 18; Jer., l, 35, 36, 37, 42. — ^ Jer., li, 31. — 3ls.,XLvii, 12,13, 14, 15; Jer.. L, 36. — Ms.,xlviii, 20; Jer.,L. 8, 28; LI, 6, 10, 50, etc. — ^ II Par., xxwi, 23 ; I Esdr., 1,2.

après Tautre dans le temps marqué. Mais Dieu découvre ici le grand secret des deux châtiments dont il se sert : un châtiment de rigueur sur les Ghaldéens; un châtiment paternel sur les Juifs ^ qui sont ses enfants. L'orgueil des Ghaldéens ( c'était le caractère de la nation et Fesprit de tout cet empire ) est abattu sans retour. Le superbe est tombé, et ne se relèvera pas, disait Jérémie ^ ; et Isaïe devant lui : Babylone la glorieuse, dont les Ghaldéens insolents s'enorgueillissaient, a été faite comme Sodôme et comme Gomorrhe ^ , à qui Dieu n'a laissé aucune ressource. Il n'en est pas ainsi des Juifs : Dieu les a châtiés comme des enfants désobéissants qu'il remet dans leur devoir par le châtiment; et puis, touché de leurs larmes, il oublie leurs fautes. « Ne crains point , ô Ja- « cob, dit le Seigneur^, parce que je suis avec toi. Je ((te châtierai avec justice, et ne te pardonnerai pas « comme si tu étais innocent : mais je ne te détruirai (( pas comme je détruirai les nations parmi lesquelles ((je t'ai dispersé. » C'est pourquoi Babylone, ôtée pour jamais aux Ghaldéens , est livrée à un autre peuple ; et Jérusalem, rétablie par un changement merveilleux, voit revenir ses enfants de tous côtés.

GHAPITRE VHP.

Retour du peuple sous Zorobabel, Esdras et Néhémias.'

Ge fut Zorobabel, de la tribu de Juda et du sang des rois, qui les ramena de captivité. Geux de Juda reviennent en foule, et remplissent tout le pays. Les dix tribus dispersées se perdent parmi les Gentils , à la réserve de

' Jer., I,, 31, 32, 40. — '" Is., xiii, 19. — ^ Jer., xlvi, 28. 4 Le tilre du chapitre a élé ajoute dans la troisième édition.

ceux qui , sous le nom de Juda, et réunis sous ses étendards, rentrent dans la terre de leurs pères.

Cependant l'autel se redresse, le temple se rebâtit, les murailles de Jérusalem sont relevées. La jalousie des peuples voisins est réprimée par les rois de Perse, devenus les protecteurs du peuple de Dieu. Le pontife rentre en exercice avec tous les prêtres qui prouvèrent leur descendance par les registres publics : les autres sont rejetés *. Esdras, prêtre lui-même et docteur de la loi, et Néhémias, gouverneur, réforment tous les abus que la captivité avait introduits, et font garder la loi dans sa pureté. Le peuple pleure avec eux les transgressions qui lui avaient attiré ces grands châtiments, et reconnaît que Moïse les avait prédits. Tous ensemble lisent dans les saints livres les menaces de l'homme de Dieu ^ ; ils en voient l'accomplissement : l'oracle de Jérémie'^, et le retour tant promis après les soixante-dix ans de captivité, les étonne et les console : ils adorent les jugements de Dieu, et, réconciliés avec lui, ils vivent en paix.

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