G DISCOURS
« renversé le temple^ rien ne Ta pu relever : nul ne peut « abattre ce que Dieu élève; nul ne peut relever ce que a Dieu abat*, w
Ne parlons plus de Jérusalem ni du temple. Jetons les yeux sur le peuple même , autrefois le temple vivant de Dieu% et maintenant l'objet de sa haine. Les Juifs sont plus abattus que leur temple et que leur ville. L'Esprit de vérité n'est plus parmi eux : la prophétie y est éteinte; les promesses sur lesquelles ils appuyaient leur espérance se sont évanouies; tout est renversé dans ce peuple^ et il n'y reste plus pierre sur pierre.
Et voyez jusques à quel point ils sont livrés à Terreur. Jésus-Christ leur avait dit : « Je suis venu à vous au nom « de mon Père, et vous ne m'avez pas reçu : un autre (( viendra en son nom, et vous le recevrez ^ » Depuis ce temps, l'esprit de séduction règne tellement parmi eux, qu'ils sont prêts encore à chaque moment à s'y laisser emporter. Ce n'était pas assez que les faux prophètes eussent livré Jérusalem entre les mains de Tite ; les Juifs n'étaient pas encore bannis de la Judée, et Famour qu'ils avaient pour Jérusalem en avait obligé plusieurs à choisir leur demeure parmi ses ruines. Voici un faux Christ qui va achever de les perdre. Cinquante ans après la prise de Jérusalem, dans le siècle de la mort de Notre-Seigneur, l'infâme Barchochébas , un voleur, iiu scélérat, parce que son nom signifiait le fils de l'étoile, se disait l'étoile de Jacob prédite au livre des Nombres \ et se porta pour le Christ ^ Akibas, le pi us autorisé de tous les rabbins, et à son exemple tous ceux que les Juifs appelaient leurs sages, entrèrent dans son parti, sans que
' Orat. m in Judaeos, nunc v, n. 14 ; tom. i, p. 646. ^ Var. Édition de 1681 : temple vivant du Dieu des armées. ^ Joan., V, 43. — ^ Num., xxiv, 17. — ^ Euseb., Hist. Eccl., lib. iv, t:ap. 6, 8.
l'imposteur leur donnât aucune autre marque de sa mission, sinon qu'Akibas disait que le Christ ne pouvait pas beaucoup tarder ^ Les Juifs se révoltèrent par tout Tem pire romain, sous la conduite de Barchochébas, qui leur promettait l'empire du monde. Adrien en tua six cent mille : le joug de ces malheureux s'appesantit, et ils furent bannis pour jamais de la Judée.
Qui ne voit que Fesprit de séduction s'est saisi de leur cœur? « L'amour de la vérité, qui leur apportait « le salut, s'est éteint en eux : Dieu leur a envoyé une « efficace d'erreur, qui les fait croire au mensonge ^ » Il n'y a point d'imposture si grossière qui ne les séduise. De nos jours, un imposteur s'est dit le Christ en Orient : tous les Juifs commençaient à s'attrouper autour de lui : nous les avons vus en Italie , en Hollande , en Allemagne, et à Metz , se préparer à tout vendre et à tout quitter pour le suivre. Ils s'imaginaient déjà qu'ils allaient devenir les maîtres du monde , quand ils apprirent que leur Christ s'était fait Turc, et avait abandonné la loi de Moïse.