‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 5)Chapitre 13 sur 110 · PREMIÈRE ÉPOQUE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ÉPOQUE

ADAM, OU LA CRÉATION Premier âge du monde.

[ Jugement. —Cette première partie consiste en un résumé des faits les plus frap pants de l'histoire sainte et de l'histoire profane. Ce tableau rapide est tracé d'une main vive et hardie, et n'a point la sécheresse que l'on s'attendrait à trouver dani une chronologie. Le style en est animé par des tours et des images oratoires, et par un esprit religieux et moral qui nous découvre le sens des événements et en marque le but.]

La première époque vous présente d'abord un grand spectacle : Dieu qui crée le ciel et la terre par sa parole, et qui fait Thomme à son image a. C'est par où commence ! Moïse , le plus ancien des historiens, le plus sublime des philosophes, et !e plus sage des législateurs *.

Il pose ce fondement tant de son histoire que de sa doctrine, et de ses lois3. Après, il nous fait voir tous les hommes renfermés en un seul homme , et sa femme même tirée de lui ; la concorde des mariages et la société du genre humain établie sur ce fondement; la perfection et la puissance de Thomme, tant qu'il porte l'image de Dieu en son entier; son empire sur les animaux; son innocence tout ensemble et sa félicité .lanc le Paradis , dont la mémoire s'est conservée dans l'âge d'or des poètes ; le précepte divin donné à nos premiers parents ; la malice de l'esprit tentateur, et son apparition sous la

a Av. J.-C. *00* ans. Posscet.— Ou 4963 ans, suivant les Bénédictins dans l'Art de vérifier les dates.

1 On dirait plus communément aujourd'hui: C'est par là que commence. — * Remarquez la noblesse de cette première phrase, et l'éloge aussi complet que concis de Moïse. — 3 La période suivante : il pose ce fondement, etc., quoique renfermant un grand nombre d'incises, n'est pas oratoire: ces incises ne sont point enchaînées et ramifiées, comme dans la période proprement dite. Remarquez aussi, dans cet alinéa et le suivant, l'emploi fréquent du participe passé, au lieu d'un mode personnel. Cette forme plus belle est empruntée à la langue latine: on la trouve souvent dans Tacite.

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