LA PRISE DE TROIE
Cinquième âge du monde
Cette époque de la ruine de Troie a, arrivée environ Tan 308 après la sortie d'Egypte, et 1164 ans b après le déluge, est considérable , tant à cause de l'importance d'un si grand événement, célébré par les deux plus grands poètes de la Grèce et de l'Italie , qu'à cause qu'on peut rapporter à cette date ce qu'il y a de plus remarquable dans les temps appelés fabuleux ou héroïques : fabuleux , à cause des fables dont les histoires de ces temps sont enveloppées ; héroïques, à cause de ceux que les poètes ont appelés les enfants des dieux, et les héros. Leur vie n'est pas éloignée de cette prise ; car du temps de Laomédon , père de Priam , paroissent tous les héros de la Toison d'Or, Jason, Hercule, Orphée, Castor et Pollux , et les autres qui sont connus1 ; et du temps de Priam même, durant le dernier siège de Troie , on voit les Achille , les Agamemnon , les Ménélas, les Ulysse, Hector; Sarpédon, fils de Jupiter; Enée, fils de Vénus, que les Romains reconnoisscnt pour leur fondateur, et tant d'autres , dont des familles illustres et des nations entières ont fait gloire de descendre. Cette époque est donc propre pour rassembler ce que les temps fabuleux ont de plus certain et de plus beau. Mais ce qu'on voit dans l'histoire sainte est en toutes façons plus remarquable : la force prodigieuse d'un Samson , et sa foiblesse étonnante c ; Héli , souverain pontife d, vénérable par sa piété, et malheureux par le crime de ses enfants; Samuel, juge irréprochable et prophète choisi de Dieu pour sacrer les rois e ; Saûl , premier roi du peuple de Dieu , ses victoires , sa présomption à sacrifier sans les prêtres, sa désobéissance mal excusée par le prétexte de la religion , sa réprobation , sa chute funeste. En ce temp? , Codrus, roi d'Athènes, se dévoua a la mort pour le salut du son
a Av. J.-C. 1181 ans. B. ou 1270 ans. Bénéd. — b 1164 ans. B. on 2038 ans. Bénéd. — « 1177 ans. B. ou 1153 ans. Bénéd. — d 1176 ans. B. ou 1152 ans. Bénéd. — « Av. J.-C. 1095 ans. B. ou 1080 ans. Bénéd.
1 Va*. « Qui voua sont connus. »