‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 148 sur 339 · ibid., c. xvm; Id,, lib. II de Bello Jud., vn · texte numérisé non relu

ibid., c. xvm; Id,, lib. II de Bello Jud., vn

A ces maux se joignit un plus grand mal, l'orgueil et la présomption; mais une présomption qui allait s'attribuer à soi-même le don de Dieu. Les Juifs, accoutumés à ses bienfaits et éclairés depuis tant de siècles de sa connaissance, oublièrent que sa bonté seule les avait séparés des autres peuples, et regardèrent sa grâce comme une dette. Race élue et toujours bénie depuis deux mille ans, ils se jugèrent les seuls dignes de connaître Dieu, et se crurent d'une autre espèce que les autres hommes qu'ils voyaient privés de sa connaissance. Sur ce fondement, ils regardèrent les gentils avec un insupportable dédain. Être sortis d'Abraham selon la chair leur paraissait une distinction qui les mettait naturellement au-dessus de tous les autres ; et, enflés d'une si belle origine, ils se croyaient saints par nature, et non par grâce : erreur qui dure encore parmi eux. Ce furent les Pharisiens qui, cherchant à se glorifier de leurs lumières et de l'exacte observance des cérémonies de la loi, introduisirent cette opinion vers la fin des tfemps. Comme ils ne songeaient qu'à se distinguer des autres hommes, ils multiplièrent sans bornes les pratiques extérieures, et débitèrent toutes leurs pensées, quelque contraires qu'elles fussent à la loi de Dieu, comme des traditions authentiques.

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