Prov., XXX
Père, entendu en ce sens profond qui le fait concevoir dans l'éternité Père d'un fils égal à lui, et que le nom de son fils est le nom de Verbe ; Verbe qu'il engendre éternellement en se contemplant lui-même, qui est l'expression parfaite de sa vérité, son image, son fils unique, « l'éclat de sa clarté et l'empreinte de sa substance * ».
Avec le Père et le Fils nous connaissons aussi le Saint- Esprit, l'amour de l'un et de l'autre et leur éternelle union. C'est cet Esprit qui fait les prophètes, et qui est en eux pour leur découvrir les conseils de Dieu et les secrets de l'avenir; Esprit dont il est écrit^ : « Le Seigneur m'a envoyé et son Esprit », qui est distingué du Seigneur, et qui est aussi le Seigneur même, puisqu'il envoie les prophètes et qu'il leur découvre les choses futures. Cet Esprit qui parle aux prophètes, et qui parle par les prophètes, est uni au Père et au Fils, et intervient avec eux dans la consécration du nouvel homme.
Ainsi le Père, le Fils et le Saint-Esprit, un seul Dieu en trois personnes, montré plus obscurément à nos pères, est clairement révélé dans la nouvelle alliance. Instruit d'un si haut mystère et étonné de sa profondeur incompréhensible, nous couvrons notre face devant Dieu avec les Séraphins que vit Isaïe ^, et nous adorons avec eux celui qui est trois fois saint.
C'était au Fils unique « qjui était dans le sein du Père* î, et qui sans en sortir venait à nous ; c'était à lui à nous découvrir pleinement ces admirables secrets de la nature divine que Moïse et les prophètes n'avaient qu'effleurés.
C'était à lui a nous faire entendre d'oîi vient que le Messie, promis comme un homme qui devait sauver les autres hommes, était en même temps montré comme Dieu en nombre singulier, et absolument à la manière dont le Créateur nous est désigné ; et c'est aussi ce qu'il a fait en nous enseignant que, quoique fils d'Abraham, « il était devant qu'Atiraham fût fait^ » qu'il « est descendu du ciel, et toutefois qu'il
i. Hebr.,j,d.