Matth., XXIV ; Marc, xni| Luc, xxi
promesses, fut la figure de l'Église et la figure du ciel où Dieu se fait voir à ses enfants. C'est pourquoi nous voyons souvent les prophètes joindre dans la suite du même discours ce qui regarde Jérusalem à ce qui regarde l'Église et à ce qui regarde la gloire céleste. C'est un des secrets des prophéties et une des clefs qui en ouvrent l'intelligence ; mais Jérusalem réprouvée et ingrate envers son Sauveur devait être l'image de l'enfer. Ses perfides citoyens devaient représenter les damnés ; et le jugement terrible que Jésus- Christ devait exercer sur eux était la figure de celui qu'il exercera sur tout l'univers lorsqu'il viendra à la fin des siècles en sa majesté juger les vivants et les morts. C'est une coutume de l'Écriture, et un des moyens dont elle se sert pour imprimer les mystères dans les esprits, de mêler pour notre instruction la figure à la vérité. Ainsi Notre-Seigneur a mêlé l'histoire de Jérusalem désolée avec celle de la fin des siècles, et c'est ce qui paraît dans le discours dont nous parlons.
Ne croyons pas toutefois que ces choses soient tellement confondues que nous ne puissions discerner ce qui appartient à l'une et à l'autre. Jésus-Christ les a distinguées par des caractères certains que je pourrais aisément marquer, s'il en était question. Mais il me suffit de vous faire entendre ce qui regarde la désolation de Jérusalem et des Juifs.
Les apôtres (c'était encore au temps de la passion) assemblés autour de leur maître, lui montraient le temple et les bâtiments d'alentour : ils en admiraient les pierres, l'ordonnance, la beauté, la solidité ; et il leur dit * : c Voyezvous ces grands bâtiments ? il n'y restera pas pierre sur pieire ». Étonnés de celte parole, ils lui demandent le temps d'un événement si terrible ; et lui, qui ne voulait pas qu'ils fussent surpris dans Jérusalem lorsqu'elle serait saccagée (car il voulait qu'il y eût dans le sac de cette ville une image de la dernière séparation des bons et des mauvais), commença à leur raconter tous les malheurs comme ils devaient arriver l'un après l'autre.
Premièrement il leur marque « des pestes, des famines et des tremblements de terre ^ » ; et les histoires font foi que